Phyllanthus engleri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Importance générale
Répartition en Afrique
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Médicinal
Bois d'œuvre
Fourrage


Phyllanthus engleri Pax


Protologue: Engl., Pflanzenw. Ost-Afrikas C : 236 (1895).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)

Noms vernaculaires

  • Spurred phyllanthus (En).

Origine et répartition géographique

Phyllanthus engleri est réparti en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe, en Mozambique et en Afrique du Sud.

Usages

A Tabora, une région de Tanzanie, l’extrait à l’eau froide de poudre de racine se prend pour traiter l’épilepsie. Les feuilles et les fruits se mastiquent pour soigner la toux et les maux d’estomac ; on soigne également la constipation en mâchant les fruits. La décoction de racine se prend comme remède contre la bilharziose, la gonorrhée, les maux d’estomac, les douleurs thoraciques et les douleurs des règles. En Zambie, l’infusion froide de l’écorce de racine, mélangée aux aliments, est un remède contre la toux. Les feuilles se mastiquent pour traiter l’indigestion et la constipation.

Les fruits sont comestibles et se consomment crus, cueillis verts ou mûrs. Ils ont un goût acide et on dit l’odeur déplaisante, ce qui ne les empêche pas d’être très appréciés. On mélange le jus avec du citron et des oignons et le mélange se consomme comme apéritif. En Tanzanie, les fruits sont vendus sur les marchés urbains.

Les plantes résistent très bien au bétail qui les broute. Le bois sert de combustible et pour confectionner des ustensiles, et les tiges sont utilisées comme perches. En Zambie, les ramilles font office de brosse à dent.

Propriétés

Fumer les racines peut mener à une perte de conscience ou à la mort et leur usage comme poison de suicide est mentionné en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe. Des extraits à l’alcool des racines sont fortement toxiques pour les rongeurs, et l’écorce de tige et les racines peuvent empoisonner les moutons et les vaches. Les avis divergent sur la toxicité des parties aériennes.

L’écorce de racine contient un triterpénoïde, le phyllanthol. L’extrait à l’éthanol de la racine manifeste une forte toxicité contre l’Artemia (CL50 de 0,47 μg/ml). Les essais menés sur les rongeurs n’ont pas confirmé la toxicité de la fumée mais l’extrait s’avère hautement toxique (dose en intraveineuse de 0,32 mg/kg et dose par voie orale de 0,07 g/kg). Les symptômes consistent en un rythme cardiaque irrégulier et lent, suivi de convulsions.

Description

Arbuste ou petit arbre dioïque, glabre, atteignant 4,5 m de haut ; tronc atteignant 15 cm de diamètre ; écorce lisse, grise ; rameaux longs, trapus, couverts de coussinets coniques piquants. Feuilles alternes, distiques, simples et entières, glabres ; stipules lancéolées ou linéaires-lancéolées, de 1–2 mm de long ; pétiole de 1–3 mm de long ; limbe elliptique à ovale-orbiculaire, de 1,5–3 cm × 1–2 cm, base arrondie à cunéiforme, apex arrondi ou tronqué et muni d’une pointe. Inflorescence : petit fascicule axillaire, à 4 fleurs environ. Fleurs unisexuées, régulières, blanches ; fleurs mâles à pédicelle d’environ 1 mm de long, lobes du périanthe (4–)5, ovales, de 1–2 mm de long, disque à 5 lobes libres ; fleurs femelles à ovaire supère, styles libres, d’environ 1 mm de long, stigmate filiforme, bifide. Fruit : baie charnue globuleuse ou 3-lobée de 2,5–3(–4) cm de diamètre, jaune-vert pâle, lisse, pulpe spongieuse, à 6 graines. Graines trigones, d’environ 1 cm de long, brun violacé maculé de châtain et de brun jaunâtre, ternes, lisses.

Autres données botaniques

Phyllanthus est un genre important comprenant environ 750 espèces dans les régions tropicales et subtropicales, avec environ 150 espèces en Afrique tropicale continentale et une soixantaine à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Une classification subgénérique de Phyllanthus est en préparation.

Phyllanthus polyanthus

Phyllanthus polyanthus Pax (synonymes : Phyllanthus delpyanus Hutch., Phyllanthus cedrelifolius Verd.) ressemble beaucoup à Phyllanthus engleri, mais s’en distingue par ses feuilles acuminées ou aiguës et ses fruits et graines de plus petite taille. Les deux espèces se croisent. Dans les régions côtières du Kenya et de Tanzanie, les Digos utilisent la décoction de racine de Phyllanthus polyanthus pour soigner les maladies sexuellement transmissibles. Au Gabon, la décoction d’écorce et de fruit se boit pour soigner la toux. Au Congo, les Bokibas utilisent l’écorce comme vomitif et pour traiter les œdèmes généraux. Du phyllanthol, de la phyllanthone et des saponines triterpéniques du type dammarane ont été isolés de l’écorce de tige.

Ecologie

Phyllanthus engleri se rencontre dans la forêt claire sèche décidue, y compris la savane arbustive à Colophospermum et Acacia, souvent sur les termitières, à 300–1850 m d’altitude.

Gestion

Les fruits ont une longue durée de conservation et se conservent 3 mois à l’abri de la lumière. La récolte des fruits en Tanzanie a lieu d’avril à août et au Zimbabwe principalement en juin et juillet.

Ressources génétiques

Répandu et relativement commun, Phyllanthus engleri n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Il est probable que Phyllanthus engleri et l’espèce étroitement apparentée Phyllanthus polyanthus connaissent un regain d’intérêt depuis la récente identification de plusieurs triterpénoïdes.

Références principales

  • Ndlebe, V.J., Crouch, N.R. & Mulholland, D.A., 2008. Triterpenoids from the African tree Phyllanthus polyanthus. Phytochemistry Letters 1(1): 11–17. #13757#
  • Radcliffe-Smith, A., 1996. Euphorbiaceae, subfamilies Phyllantoideae, Oldfieldioideae, Acalyphoideae, Crotonoideae and Euphorbioideae, tribe Hippomaneae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 4. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 1–337.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Unander, D.W., Webster, G.L. & Blumberg, B.S., 1990. Records of usage or assays in Phyllanthus (Euphorbiaceae) l. Subgenera Isocladus, Kirganella, Cicca and Emblica. Journal of Ethnopharmacology 30: 233–264.

Autres références

  • Alberman, K.B. & Kipping, F.B., 1951. Phyllanthol: a new alcohol from the root bark of Phyllanthus engleri. Journal of the Chemical Society: 2296–2297.
  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Mbwambo, L., 2000. Species utilisation preferences and resource potential of miombo woodlands: a case of selected villages in Tabora, Tanzania. M.Sc. Thesis, University of Stellenbosch, South Africa. 100 pp.
  • Moshi, M.J., Mbwambo, Z.H., Nondo, R.S.O., Masimba, P.J., Kamuhabwa, A., Kapingu, M.C., Thomas, P. & Richard, M., 2006. Evaluation of ethnomedical claims and brine shrimp toxicity of some plants used in Tanzania as traditional medicines. African Journal of Traditional, Complementary and Alternative Medicines 3(3): 48–58.
  • Msangi, R.B., Otsyina, R. & Kusekwa, M.L., 2004. Evaluation of native browse species for fodder production and quality in Tabora, Tanzania. In: Rao, M.R. & Kwesiga, F.R. (Editors). Putting research into practice: Proceedings of the Regional Agroforestry Conference on agroforestry impacts on livelihoods in southern Africa. International Centre for Research in Agroforestry, Nairobi, Kenya. pp. 189–193.
  • Verdcourt, B. & Trump, E.C., 1969. Common poisonous plants of East Africa. Collins, London, United Kingdom. 254 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2008. Phyllanthus engleri Pax. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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