Phyllanthus muellerianus (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Épice / condiment | |
| Colorant / tanin | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Fourrage | |
| Fibre | |
| Sécurité alimentaire | |
Phyllanthus muellerianus (Kuntze) Exell
- Protologue: Cat. vasc. pl. S. Tomé : 290 (1944).
- Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 26, 52
Synonymes
- Phyllanthus floribundus (Baill.) Müll.Arg. (1863).
Origine et répartition géographique
Phyllanthus muellerianus se rencontre depuis le Sénégal et la Guinée-Bissau jusqu’au Soudan et au Kenya, et vers le sud jusque dans le nord de l’Angola et le nord du Mozambique.
Usages
Phyllanthus muellerianus est couramment utilisé pour traiter les troubles intestinaux. L’infusion de jeunes pousses se prend pour traiter la dysenterie sévère. En Sierra Leone, la décoction de feuilles se prend pour traiter la constipation. Au Ghana et au Nigeria, les racines cuites, parfois avec de la farine de maïs ou d’autres plantes, se prennent pour traiter la dysenterie sévère. Au Congo, la poudre de racines grillées avec de l’huile de palme se prend pour traiter les problèmes gastriques et comme anti-émétique. En Tanzanie, les racines sont écrasées dans de l’eau et le liquide se boit pour traiter la diarrhée. Les racines cuites à l’eau s’emploient aussi en lavement pour traiter les maux d’estomac.
En Afrique de l’Ouest, le jus des feuilles ou le liquide de l’épaisse tige creuse s’instille en collyre pour traiter les douleurs et les infections oculaires et pour ôter de l’œil un corps étranger. En Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, on suce des rameaux pour prévenir les maux de dents. Les maux de gorge, la toux, la pneumonie et l’hypertrophie glandulaire se soignent en prisant de la poudre de racine ou avec une décoction d’écorce. Les rameaux feuillés réduits en pâte se frictionnent sur le corps pour traiter la paralysie. Au Nigeria, la décoction d’écorce de racine se prend comme altératif et fébrifuge. La décoction de rameaux et de racine se prend pour traiter la jaunisse et l’incontinence urinaire. En Centrafrique, l’écorce fraîche de racine est broyée et mise à macérer dans de l’eau ou du vin de palme, et le liquide se boit comme aphrodisiaque. Au Gabon, la poudre de rameaux grillés se consomme avec de la cendre végétale pour traiter la dysménorrhée. En R.D. du Congo, la poudre d’écorce séchée s’inhale pour traiter les rhumes et la sinusite. La décoction d’écorce de racine s’applique sur les œdèmes et se boit pour traiter la gonorrhée. La cendre de tige s’applique sur des scarifications pour traiter les rhumatismes et les douleurs intercostales. En Tanzanie, la décoction de racine se prend pour traiter les abcès durs ; on saupoudre les plaies de poudre de racine et d’écorce de tige séchées pour les panser.
Dans toute l’Afrique de l’Ouest, ce sont les feuilles écrasées qui servent à panser les plaies. En Côte d’Ivoire, les feuilles, mélangées aux jeunes feuilles de Funtumia elastica (Preuss) Stapf, se consomment pour améliorer la fertilité masculine. Au Ghana et au Nigeria, les feuilles cuites à l’eau avec le fruit d’un palmier se donnent aux femmes après l’accouchement comme tonique général. Au Cameroun, la macération de feuilles et de racines s’utilise pour lotionner le corps afin de traiter les fièvres éruptives infantiles. En R.D. du Congo, la décoction de feuilles se prend pour traiter l’anémie et aussi en bain de bouche pour traiter les maux de dents. L’extrait de feuille s’emploie en bains et en bains de vapeur pour traiter les maladies vénériennes. Les feuilles cuites s’appliquent sur les gencives pour traiter les maux de dents. L’infusion de fleurs est rafraîchissante et doucement laxative.
Les fruits sont comestibles et légèrement acides. En Sierra Leone et au Nigeria, le liquide des rameaux creux est considéré comme potable. Au Cameroun, l’écorce s’ajoute parfois à du vin de palme pour le rendre fortement enivrant. Au Kenya, les tiges ont la réputation d’être un excellent bois de feu, mais les branches qui dépassent 15 cm d’épaisseur deviennent creuses et sont moins utilisées. En Afrique de l’Est, le colorant brun de l’écorce sert à teindre les nattes et les lignes de pêche. On tire un colorant noir de la plante entière qui sert à teindre les fibres. En Zambie, le bois est utilisé pour produire des chevrons et pour d’autres ouvrages de construction. Il sert également à confectionner des pièges à poissons et des articles de vannerie. Les feuilles sont utilisées comme fourrage. En Sierra Leone et au Nigeria, on fait parfois cuire les feuilles avec des aliments ou en soupe comme assaisonnement. Au Nigeria, les rameaux font office de bâtonnets à mâcher, après en avoir ôté les épines. La pulpe de fruit sert de fixateur pour les cheveux. Au Gabon, Phyllanthus muellerianus est utilisé en magie pour lever les tabous.
Propriétés
Un criblage phytochimique préliminaire des feuilles et de l’écorce de tige a mis en évidence la présence de tanins, de flavonoïdes, de saponines, d’alcaloïdes et d’anthraquinones. De l’écorce de tige ont été isolés des triterpénoïdes, la 22β-hydroxyfriedel-ène et la 1β,22β-dihydroxyfriedéline.
L’extrait de feuille a manifesté une activité antiplasmodium modérée (IC50 = 9,4 μg/ml) et une faible cytotoxicité sur des lignées de cellules de mammifères. L’extrait aqueux comme l’extrait au méthanol des feuilles et de l’écorce de tige se révèlent doués d’une forte activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. L’activité des extraits est restée relativement stable à hautes températures, et est renforcée par de bas pH. Lors d’un autre essai, un extrait au chloroforme a manifesté une forte activité antifongique contre Candida albicans ainsi qu’une activité antibactérienne contre Escherichia coli.
Un extrait aqueux brut en administration orale à des rats a entraîné d’importantes modifications des paramètres hématologiques et biochimiques utilisés comme indices de toxicose.
Les recherches ont montré qu’un extrait aqueux de feuilles induisait une sédation comportementale chez de jeunes poussins qui s’est traduite par une baisse de leur activité locomotrice et de leur comportement de picorage. L’extrait a également produit un relâchement des iléons de lapin et de rat. A des doses comprises entre 5–30 mg/kg, l’extrait a produit une augmentation de la tension artérielle chez des chats, avec effet dose-dépendant. L’extrait a en outre entraîné une analgésie significative chez des souris et les observations montrent qu’il a des propriétés anti-inflammatoires avec effet dose-dépendant.
Le fruit sec contient par g : eau 77 mg, protéines 9,7 mg, lipides 4,3 mg, sucres 62,7 mg, fibres 21 mg, Ca 500 mg, P 200 mg et Fe 15 mg. Il a une valeur énergétique de 1228 kJ (294 kcal).
Description
Arbuste ou petit arbre monoïque, glabre, diffus ou grimpant, atteignant 12 m de haut ; branches étalées ou retombantes, branches principales trapues, anguleuses, teintées de rougeâtre, rameaux de 15–20(–25) cm de long, à plusieurs courtes pousses axillaires ; base des branches transformée en une paire d’épines d’environ 4 mm de long, brun violacé. Feuilles alternes, distiques le long des rameaux latéraux, simples, glabres ; stipules lancéolées, d’environ 2 mm de long, acuminées ; pétiole de 3–5 mm de long ; limbe ovale, elliptique-ovale à ovale-lancéolé, de 3–9 cm × 2–4,5 cm, base cunéiforme à arrondie, apex aigu à obtus, à 10–14 paires de nervures latérales. Inflorescence : fausse grappe sur de courtes pousses axillaires, de 2–6 cm de long, solitaires ou à plusieurs, à fleurs en groupes, chaque groupe possédant 2–3 fleurs mâles et 1 fleur femelle. Fleurs unisexuées ; lobes du périanthe 5, elliptiques, d’environ 1 mm de long, arrondis, blanc verdâtre ou jaune verdâtre ; fleurs mâles à pédicelle d’environ 1,5 mm de long, glandes du disque 5, libres, finement verruqueuses, charnues, étamines 5, libres, inégales, anthères très petites ; fleurs femelles à pédicelle trapu d’environ 1 mm de long, glandes du disque 5, libres ou soudées, bosselées, charnues, ovaire supère, ellipsoïde, verruqueux, 4– 5-loculaire, styles 4–5, libres, d’environ 0,5 mm de long, bifides à l’apex. Fruit : capsule charnue presque globuleuse de 3–4 mm de diamètre, habituellement lisse, verte, rougissant puis noircissant, à 6 graines. Graines anguleuses, d’environ 1 mm de long, à crêtes peu marquées, brun rougeâtre vif ou brun jaunâtre.
Autres données botaniques
Phyllanthus est un genre important comprenant environ 750 espèces dans les régions tropicales et subtropicales, avec environ 150 espèces en Afrique tropicale continentale et une soixantaine à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Une classification subgénérique de Phyllanthus est en préparation.
Plusieurs autres Phyllanthus spp. ayant le même mode de croissance que Phyllanthus muellerianus sont utilisées en médecine en Afrique tropicale.
Phyllanthus kaessneri
Phyllanthus kaessneri Hutch. est présent en R.D. du Congo, au Kenya, en Tanzanie et en Zambie. Au Kenya, la plante est utilisée en mélange comme antitussif.
Phyllanthus ovalifolius
Phyllanthus ovalifolius Forrsk. (synonyme : Phyllanthus guineensis Pax) est présent de l’Ethiopie à l’Angola, au Zimbabwe et au Mozambique, et probablement aussi au Nigeria et au Cameroun. Au Kenya, la décoction de plante, en breuvage et en bain de vapeur, s’emploie pour traiter les ulcères de la cornée. Au Malawi, l’infusion de racine et d’écorce est utilisée pour baigner les yeux douloureux. En Ouganda, la rougeole se traite avec de la décoction de feuilles, ou avec un mélange de feuilles et de beurre, appliqué sur la peau. La décoction de racine se boit pour traiter la toux. Il est très apprécié comme plante pâturable par les moutons et les chèvres.
Phyllanthus sepialis
Phyllanthus sepialis Müll.Arg. se rencontre depuis le Soudan et l’Ethiopie jusqu’en Tanzanie. Au Kenya, les racines cuites à l’eau se donnent aux femmes enceintes comme tonique. Le bois est utilisé pour la construction des maisons et comme bois de feu ; les bâtonnets servent de brosse à dent. Il est très apprécié comme plante pâturable par les moutons et les chèvres.
Croissance et développement
Phyllanthus muellerianus fleurit à la fin de la saison sèche, peu après l’apparition de nouvelles feuilles.
Ecologie
Phyllanthus muellerianus est présent dans les ripisylves et la savane arborée, sur les sols profonds et bien drainés, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1600 m d’altitude. Au Nigeria, la présence de Phyllanthus muellerianus est signalée comme adventice des rizières.
Multiplication et plantation
Phyllanthus muellerianus peut se multiplier par graines et par boutures de tige.
Gestion
Phyllanthus muellerianus peut se recéper.
Récolte
Les jeunes pousses sont récoltées au début de la saison des pluies ; les feuilles, l’écorce de tige et les racines peuvent se récolter toute l’année, mais les racines sont plus faciles à récolter pendant la saison des pluies.
Traitement après récolte
Les parties végétales récoltées s’emploient soit fraîches soit séchées, entières ou en poudre, pour un usage ultérieur.
Ressources génétiques
Phyllanthus muellerianus est relativement commun sur son aire de répartition et il n’y a aucun signe d’érosion génétique.
Perspectives
Phyllanthus muellerianus a de nombreux usages médicinaux locaux, en particulier pour traiter les affections intestinales, contre les douleurs corporelles et comme antiseptique. Si les analyses pharmacologiques préliminaires confirment ces usages, on ne sait pratiquement rien en revanche des composés responsables de ces activités. Cela justifie par conséquent qu’on lui consacre des recherches.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Keay, R.W.J., 1958. Euphorbiaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 364–423.
Auteur(s)
- K.D. Ben-Bala, RINATED, Centre Evangélique Béthanie, Quartier Saïdou, B.P. 982, Bangui, République Centrafricaine
Citation correcte de cet article
Ben-Bala, K.D., 2008. Phyllanthus muellerianus (Kuntze) Exell. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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