Pinus oocarpa (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Huile essentielle / exsudat | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Ornemental | |
| Fibre | |

Pinus oocarpa Schiede ex Schltdl.
- Protologue: Linnaea 12: 491 (1838).
- Famille: Pinaceae
Noms vernaculaires
- Ocote pine, Nicaraguan pitch pine, oocarpa pine, egg-cone pine (En).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition naturelle de Pinus oocarpa se situe en Amérique centrale, du Mexique au Nicaragua. Il a été introduit dans les régions tropicales et subtropicales en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, en particulier au Brésil. En Afrique il est cultivé dans les pays situés le long de la côte ouest, de la Sierra Leone à l’Angola, en Afrique de l’Est (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Tanzanie), en Afrique australe (Malawi, Zambie, Afrique du Sud) et à Madagascar.
Usages
Le bois (noms commerciaux : pin des Caraïbes, pin du Nicaragua) est moins prédisposé aux fentes et au gauchissement que celui de la plupart des autres pins, et il est donc très prisé pour la production de bois sciés. Il est utilisé pour la construction, les boîtes, les poteaux, les montants, les manches, les bâtonnets de glace, les traverses de chemin de fer et le contreplaqué. Il convient également aux ossatures, aux revêtements de sol, à la menuiserie, aux piliers et aux panneaux de particules. Le bois est également utilisé comme bois de trituration, bois de feu et pour la production de charbon de bois. L’oléorésine tirée de l’écorce et le bois de feu sont les principaux produits en Amérique centrale. Pinus oocarpa était autrefois planté comme arbre ornemental.
Production et commerce international
Pinus oocarpa et Pinus caribaea Morelet sont tous deux vendus sous la dénomination “pin des Caraïbes”. Dans les années 1970, la surface plantée en Pinus oocarpa avait été évaluée à près de 23 400 ha mondialement ; en 2002, la superficie totale a été estimée à plusieurs centaines de milliers d’hectares.
Propriétés
Le bois de cœur, brun jaunâtre à brun rougeâtre, se démarque nettement de l’aubier, brun jaunâtre pâle. Le fil est droit, le grain relativement fin et régulier. Les cernes sont distincts. La densité du bois est de 440–660 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois sèche bien à l’air. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont de 3,5%–5,2% radialement et de 6,2–9,0% tangentiellement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 90–123 N/mm², le module d’élasticité de 6600–15 500 N/mm², la compression axiale de 53 N/mm² et la dureté Janka de flanc de 4050 N.
Le bois se scie et se travaille facilement à la main et aux machines-outils. Il n’est que moyennement durable. Il est extrêmement résistant à la pourriture blanche fongique, mais ne résiste que moyennement à la pourriture brune. Il ne vieillit pas bien s’il n’est pas revêtu de peinture ou d’autres revêtements. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier étant quant à lui perméable.
Les cellules des fibres de bois provenant d’Ouganda faisaient en moyenne 3 mm de long, avec un diamètre de 41 μm et une épaisseur de paroi des cellules de 4 μm. La composition chimique du bois anhydre était la suivante : holocellulose 65%, α-cellulose 42% et lignine 29%. La solubilité dans l’eau froide était de 1,5%, dans l’eau chaude de 1,5%, dans l’alcool-benzène de 1,1% et dans une solution de NaOH à 1% de 10,8%. Le procédé de fabrication de pâte au sulfate a donné 42–48% de pâte, avec un indice kappa de 24–53. L’indice de résistance à la déchirure de la pâte s’avère relativement faible ; elle est considérée comme adaptée à des usages généraux, mais pas pour des produits où la résistance à la déchirure est un critère essentiel, tels que les papiers d’emballage.
Les principaux composants de l’oléorésine tirée d’arbres du Vénézuela sont l’α-pinène (40–50%), l’heptane (12–37%) et le β-pinène (5–14%). L’oléorésine et 2 des terpénoïdes qui en ont été isolés (l’acide pimarique et le longifolène) ont démontré une activité trypanocide contre Trypanosoma cruzi, l’agent causal de la maladie de Chagas.
Description
- Arbre monoïque, sempervirent, de taille moyenne, atteignant 30(–40) de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 15 m de haut, atteignant 80(–125) cm de diamètre, habituellement droit et cylindrique ; écorce de 2–4 cm d’épaisseur, surface de l’écorce grise à brun-rouge, rugueuse et écailleuse ; cime large, ouverte ; rameaux longs, souples, incurvés vers le haut.
- Feuilles groupées à l’extrémité des pousses, en bouquets de (3–)5(–6), en aiguille, de 7–30 cm de long, raides, extrémité à pointe acérée, bleuâtres ou vert pâle.
- Cônes mâles cylindriques, en groupes denses.
- Cônes femelles mûrs souvent par groupes de 2–3, sur un pédoncule de 3–4 cm de long, ovoïdes à ovoïdes-coniques, de 5–10 cm × 3–5 cm, retombants, brun jaunâtre, à écailles dures verruqueuses et pointues à l’apex.
- Graines de 4–7 mm de long, brun foncé, à aile de 10–12 mm de long.
- Plantule à germination hypogée.
Autres données botaniques
La croissance de Pinus oocarpa est arbustive peu après son implantation au champ et il peut prendre plusieurs années avant qu’une tige dominante ne se développe. Une fois la plante établie, la croissance est rapide, l’accroissement annuel moyen en hauteur atteignant 1,8 m pendant les 10 premières années. Au cours des 25 premières années, une croissance annuelle en hauteur de 1 m est possible, et un accroissement annuel de 1,8–2,0 cm de diamètre de fût. En Afrique australe, on a noté un accroissement annuel en hauteur atteignant 85 cm et jusqu’à 1,3–1,5 cm d’accroissement annuel de diamètre. La pollinisation est effectuée par le vent. La période entre la pollinisation et la maturité des cônes est de 18–21 mois. Les cônes restent longtemps sur l’arbre. La production de graines est souvent médiocre près de l’équateur. Les graines sont disséminées par le vent, mais il arrive que ce soient les oiseaux, les rongeurs et les humains qui les dispersent. Pinus oocarpa repousse facilement de souche après abattage ou après avoir été endommagé.
Pinus est un vaste genre comprenant plus de 110 espèces, presque toutes limitées à l’hémisphère Nord. De nombreuses espèces de Pinus sont cultivées en dehors de leur aire de répartition naturelle, dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées. Sous les tropiques, 2 espèces sont plus importantes que toutes les autres : Pinus caribaea dans les régions tropicales de basses terres, et Pinus patula Schltdl. & Cham. dans les régions tropicales et subtropicales de hautes terres froides. Pinus oocarpa est une espèce variable, dont on peut reconnaître 5 variétés bien distinctes.
Ecologie
Pinus oocarpa est cultivé à 250–2500 m d’altitude, dans des régions ayant une température annuelle moyenne de 13–27°C, une température maximale moyenne du mois le plus chaud de 20–34°C, une température minimale moyenne du mois le plus froid de 7–20°C, une pluviométrie annuelle moyenne de 700–1500(–3000) mm, et une saison sèche atteignant 6 mois. C’est dans les climats tempérés chauds à subtropicaux que l’on note la meilleure croissance, à environ 1500 m d’altitude. Il ne tolère pas le gel. Pinus oocarpa préfère les sols neutres à acides (pH optimal de 5–6) à texture légère à moyenne et bien drainés, mais il tolère des sols peu profonds et pousse sur tous types de sol. C’est un arbre sensible aux incendies lorsqu’il est jeune, qui devient plus résistant avec l’âge. Pinus oocarpa est une espèce exigeante en lumière, mais les jeunes arbres tolèrent un certain ombrage. Elle colonise rapidement les sites exposés que le feu ou l’érosion ont dénudés.
Gestion
Pinus oocarpa se multiplie habituellement par graines. Le poids de 1000 graines est de 8–24 g. Pour obtenir les graines, on peut faire sécher les cônes à l’air ou au four pour qu’ils s’ouvrent. Les températures conseillées pour le séchage au four sont de 40–44°C pendant 24 heures mais on peut aller jusqu’à 50°C pendant 12–18 heures sans perte de viabilité. Les graines se conservent des années à l’abri de l’humidité (à 6–9% de teneur en eau) et de la chaleur (à 0–5°C). La germination prend habituellement 7–21 jours. Le traitement préalable des graines n’est pas nécessaire, mais dans les pépinières commerciales elles peuvent être mises à tremper 24 heures pour accroître la vitesse et le taux de germination. Des mycorhizes sont nécessaires pour la croissance des semis, et il est recommandé de procéder à des inoculations de spores ou d’ajouter du sol provenant d’arbres établis à proximité. Les semis se repiquent en principe à l’âge de 5–10 mois quand ils font 20–30 cm de haut. En Tanzanie, la survie après la plantation sur le terrain était bien plus élevée pour des semis âgés de 9–11 mois que pour ceux de 7 mois. L’espacement habituel est de 2,7 m × 2,7 m. Le semis direct reste une pratique occasionnelle. La multiplication végétative par bouturage, greffage, marcottage aérien ou des techniques in vitro est possible.
Il faut bien désherber pendant la période d’implantation de l’arbre. Les éclaircies et élagages ont lieu en général plusieurs fois, en fonction de la production visée. Les arbres à bois de trituration sont élagués jusqu’à environ 2 m de haut lorsqu’ils font 5–6 m de haut. Dans les plantations pour les bois sciés, les éclaircies à raison de 35–50% d’arbres sont effectuées tous les 5–6 ans à partir de 8 ans après la plantation, et l’élagage jusqu’à 10 m de haut peut être pratiqué en 3 fois. Dans les pépinières, il peut y avoir une fonte des semis. Le champignon Cercospora pini-densiflorae provoque une maladie des aiguilles responsable de dégâts importants dans les plantations. En Zambie, des dégâts dus à Armillaria mellea ont été relevés. Pinus oocarpa est extrêmement résistant au chancre du pin (Fusarium circinatum), une grave maladie menaçant les pinèdes d’Afrique du Sud. Pinus oocarpa est moyennement résistant aux termites, en général davantage que Pinus caribaea. En Afrique, les porcs sauvages sont connus pour ronger les racines et déraciner les arbres.
Des rotations de 23–30 ans se pratiquent en général pour la production de bois d’œuvre. L’accroissement annuel moyen en volume de bois dans les plantations est de 10–40 m³/ha.
Ressources génétiques
On a relevé l’existence d’hybrides naturels et artificiels avec Pinus caribaea. L’hybridation avec Pinus patula est également possible. Des essais de provenances ont été notés au Nigeria, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et en Afrique australe.
Perspectives
Pinus oocarpa est une espèce à croissance rapide produisant du bois de bonne qualité comparé à celui d’autres pins. Il a été planté dans de nombreux pays d’Afrique tropicale, mais son importance réelle et ses perspectives en Afrique tropicale sont difficiles à évaluer.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2008. Pinus oocarpa Schiede ex Schltdl. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 24 avril 2026.
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