Plantago palmata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Fourrage
Fibre


Plantago palmata Hook.f.


Protologue: Journ. Linn. Soc., Bot. 6 : 19 (1861).
Famille: Plantaginaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Origine et répartition géographique

Plantago palmata est indigène de l’Afrique tropicale, où on le trouve depuis l’île de Bioko (Guinée équatoriale) et le Cameroun jusqu’à l’Ethiopie et au Kenya, et vers le sud jusqu’au Zimbabwe.

Usages

Dans la partie orientale de la R.D. du Congo, on emploie le jus des feuilles dilué dans l’eau en traitement externe pour traiter la conjonctivite et les hémorroïdes, et en traitement interne contre la diarrhée et le prolapsus vaginal. Une infusion de feuilles ou de racines pilées dans du lait sert à traiter les troubles intestinaux. On applique des feuilles et des inflorescences pilées sur les brûlures et les maladies de la peau. Les Nyindus de la R.D. du Congo utilisent les feuilles pilées mélangées à du miel contre les affections cardiaques. Une feuille chauffée sur le gril est appliquée sur les articulations douloureuses. Au Burundi, les feuilles sont utilisées dans le traitement de l’œdème, des menaces d’avortement, des nausées durant la grossesse et des problèmes intestinaux tels que diarrhée. En Afrique de l’Est, on fait macérer les feuilles dans de la bière de banane, que l’on boit ensuite pour traiter les affections hépatiques. Au Rwanda, on emploie les feuilles en traitement interne contre des affections analogues et pour expulser les vers intestinaux, et en traitement externe contre les infections mammaires. Dans l’est du Congo, on donne des feuilles macérées aux chevreaux contre la coccidiose, maladie intestinale due à des protozoaires.

Plantago palmata est appété par le bétail en Afrique de l’Est. Les pétioles sont utilisés dans la confection des vanneries pour obtenir des couleurs contrastées.

Propriétés

Les parties aériennes de Plantago palmata contiennent des dérivés de l’acide caféique, le plantamajoside et l’actéoside (verbascoside), ainsi que des hétérosides iridoïdes : aucubine, acide géniposidique, acide épiloganique, arborescoside et gardoside. Le plantamajoside a un effet inhibiteur sur l’œdème des oreilles des souris provoqué par l’acide arachidonique (action anti-inflammatoire), et un effet inhibiteur sur la 5-lipoxygénase, la 15-lipoxygénase, et la cAMP phosphodiestérase. Il a aussi une certaine action antibactérienne. Le plantamajoside de même que l’actéoside a une action anti-oxydante, et ce sont des inactiveurs du radical DPPH (2,2-diphényl-1-picrylhydrazyle). L’aucubine montre une action anti-inflammatoire, spasmolytique, antidotique et hépatoprotectrice ainsi qu’une action antivirale contre l’hépatite B.

Les feuilles, les fruits et les racines de Plantago palmata ont été testées pour leurs propriétés antibactériennes, antifongiques et antivirales. On n’a trouvé aucune action antibactérienne, mais toutes les parties de la plante, notamment les racines, ont montré une action antifongique contre Microsporum canum et Trichophyton mentagrophytes, tandis que les feuilles ont une action modérée contre les virus Coxsackie.

Description

Petite plante herbacée vivace atteignant 40 cm de hauteur, glabrescente à poilue, avec un court rhizome trapu et de nombreuses racines blanchâtres. Feuilles groupées à la base en rosette, disposées en spirale ; pétiole de 5–25 cm de long ; limbe ovale ou arrondi, distinctement palmatilobé, de 5–12 cm × 3–10 cm, base cordée, apex aigu ou arrondi, avec 3–5 nervures parallèles bien distinctes. Inflorescence : épi dense de 1–11(–17) cm de long ; pédoncule de 5–30 cm de long ; bractées de 2–2,5 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, sessiles, blanches à blanc verdâtre ; sépales de 2,5–3 mm de long, carénés ; corolle de 3 mm de long ; ovaire supère, style dépassant à peine de la corolle. Fruit : capsule globuleuse de 3–4 mm de long, renfermant 2 graines.

Autres données botaniques

Le genre Plantago comprend près de 270 espèces ; c’est un genre cosmopolite, mais dont l’aire est principalement tempérée. De même que Plantago major L., Plantago palmata appartient à la section Plantago.

Plantago tanalensis

Une autre espèce de cette section est Plantago tanalensis Baker, qui est endémique de Madagascar et est employée comme médicament contre la coqueluche et les maux de dents.

Ecologie

Plantago palmata se rencontre dans des lieux perturbés, en bordure de routes, dans des trouées de la forêt submontagnarde, dans les savanes herbeuses et (moins souvent) comme mauvaise herbe dans les plantations et les jardins. En Afrique de l’Est, on le rencontre surtout dans la forêt de bambous et de Juniperus, souvent le long des cours d’eau ou sur des terrains marécageux, à 1200–2400 m d’altitude.

Ressources génétiques

Plantago palmata est assez commun dans son milieu naturel, et ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Plantago palmata est assez largement utilisé comme plante médicinale en Afrique centrale. Il contient, comme Plantago major et Plantago lanceolata L., des dérivés de l’acide caféique et des hétérosides iridoïdes, qui ont montré des actions pharmaceutiques justifiant leurs emplois en médecine traditionnelle.

Références principales

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Autres références

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  • Yamada, T., 1999. A report of the ethnobotany of the Nyindu in the eastern part of the former Zaire. African Study Monographs 20(1): 1–72.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2006. Plantago palmata Hook.f. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.


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