Polyscias fulva (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Glucides / amidon | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Ornemental | |
| Auxiliaire | |





Polyscias fulva (Hiern) Harms
- Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. III, 8: 45 (1894).
- Famille: Araliaceae
Noms vernaculaires
- Parasol tree (En).
Origine et répartition géographique
Polyscias fulva est répandu depuis la Guinée jusqu’en Ethiopie et au Kenya, et vers le sud jusqu’en Angola, au Zimbabwe et au Mozambique, mais on le rencontre surtout dans les régions montagneuses.
Usages
Le bois est utilisé pour les menuiseries intérieures, les portes, les ustensiles, les instruments de musique, les récipients, les caisses, les cageots, les ruches, les objets sculptés, les allumettes, le placage et le contreplaqué. Au Cameroun, il est apprécié pour la sculpture d’objets d’artisanat et de masques, et en Ouganda pour la confection de tambours. On s’en sert également de bois de feu, bien qu’il soit de qualité médiocre.
En médecine traditionnelle en R.D. du Congo, l’infusion ou la décoction d’écorce est administrée contre la fièvre et le paludisme, prescrite en lavement contre les coliques, et comme purgatif. La macération d’écorce est appliquée en gouttes dans les narines pour soigner la maladie mentale. On prise de la poudre d’écorce comme antalgique, antitussif, contre l’hémoptysie et la tuberculose. Au Cameroun, mélangée à d’autres plantes, l’écorce permet de traiter l’épilepsie. La décoction de feuille est administrée en cas de troubles intestinaux dont ceux provoqués par les parasites, alors que les feuilles broyées sont appliquées en externe sur les fractures et en interne contre les ulcères gastroduodénaux. Les feuilles fournissent un bon paillis, et l’arbre se prête à la culture associée avec le bananier, le caféier et le cacaoyer. Il est planté en haies vives. Les fleurs sont une bonne source de nectar et de pollen pour les abeilles.
Propriétés
Le bois de cœur est blanchâtre à jaune-brun pâle et ne se distingue pas nettement de l’aubier. Il est tendre et cassant. Le fil est généralement droit, le grain moyennement fin à plutôt grossier. Le bois ne dégage pas d’odeur particulière. C’est un bois léger, avec une densité de 330–450 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche assez facilement à l’air, mais des fentes et des roulures peuvent apparaître.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 61 N/mm², le module d’élasticité de 8625 N/mm², la compression axiale de 29 N/mm², le fendage de 12,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1,3. C’est un bois qui se scie et se travaille facilement, mais qui au rabotage donne souvent une surface plutôt pelucheuse. Il est sujet aux fentes lors du clouage et du vissage, mais se colle bien. Ce n’est pas un bois durable ; il est sensible aux attaques de champignons comme le bleuissement ainsi qu’à la pourriture blanche et brune, mais il se traite facilement avec des produits de conservation.
Des hétérosides triterpéniques ont été isolés de l’écorce de la tige. L’un d’eux, l’α-hédérine, a montré une activité antifongique contre Candida albicans et Cryptococcus neoformans.
Description
- Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 15(–25) m, droit et cylindrique, jusqu’à 100 cm de diamètre ; surface de l’écorce grise, lisse, à lenticelles, écorce interne blanchâtre ; cime en ombrelle, à branches principales souvent verticillées, se redressant ; branches à cicatrices foliaires exsertes.
- Feuilles disposées en spirale, groupées à l’extrémité des branches, généralement composées imparipennées à (3–) 5–12(–15) paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 25 cm de long, légèrement sillonné ; pétiolules atteignant 8(–14) mm de long ; folioles ovales à oblongues ou lancéolées, de 6–20 cm × 2–10 cm, arrondies à légèrement cordées à la base, aiguës à acuminées à l’apex, à bords entiers à légèrement ondulés, papyracées à coriaces, à pubescence brun jaunâtre au-dessous, pennatinervées.
- Inflorescence : panicule axillaire atteignant 70 cm de long, à pubescence jaunâtre.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, crème à jaune verdâtre, dégageant une odeur de miel ; pédicelle de 1–3 mm de long, articulé ; calice à dents très courtes ; pétales libres, ovales, de 1,5–2 mm de long, précocement caducs ; étamines alternant avec les pétales ; ovaire infère, 2-loculaire, styles 2, de 0,5–1 mm de long, persistant chez le fruit.
- Fruit : baie drupacée ovoïde atteignant 6 mm de long, aplatie, côtelée, noir violacé, glabre ou légèrement poilue, contenant 2 graines.
- Graines ovoïdes, légèrement comprimées, de 3–4,5 mm de long, côtelées, glabres.
Autres données botaniques
Polyscias fulva a une croissance rapide. Dans des plantations du Cameroun, des semis ont atteint 2(–3) m de haut au bout de 4 ans et 15 m avec un diamètre de fût de 20(–40) cm au bout de 20 ans. Les fleurs sont pollinisées par des insectes comme les abeilles et les mouches.
Le genre Polyscias comprend plus de 100 espèces réparties en Afrique tropicale, en Asie, en Australie et dans les îles du Pacifique. On en dénombre une dizaine en Afrique tropicale continentale et une cinquantaine à Madagascar.
Polyscias kikuyensis
Le bois de Polyscias kikuyensis Summerh., arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut, à fût droit jusqu’à 120 cm de diamètre et endémique du centre du Kenya, ressemble à celui de Polyscias fulva et est employé pour les mêmes usages, notamment pour les récipients alimentaires, les boîtes et le contreplaqué.
A Madagascar, le bois de certains Polyscias spp. est utilisé par la population locale, et, de même que celui de plusieurs autres genres d’Araliaceae, est connu sous le nom de “voantsilana”.
Polyscias ornifolia
L’un d’eux, Polyscias ornifolia (Baker) Harms, arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, dont le bois est plus lourd (densité d’environ 630 kg/m³ à 12% d’humidité), plus solide et plus dur que celui de Polyscias fulva, est utilisé localement pour la construction légère et la parqueterie, ainsi que pour la confection d’allumettes.
Ecologie
Polyscias fulva se rencontre dans différents types de forêts jusqu’à 2450(–2750) m d’altitude, souvent en forêt secondaire, mais également en savane de montagne et dans des végétations dominées par le bambou. En Afrique de l’Ouest, il semble confiné aux zones montagneuses. Dans son aire de répartition, la pluviométrie annuelle moyenne est de 1500–2000 mm. Polyscias fulva est quelquefois considéré comme une espèce pionnière, mais au Cameroun sa régénération naturelle semble rare. Il est sensible aux incendies, mais peut récupérer en émettant des rejets et des drageons.
Gestion
Graines et boutures sont utilisées pour la plantation. On compte environ 300 000 graines par kg. Les graines germent au bout de 5–7 semaines, avec un taux de germination qui atteint 75%. C’est lorsque les fruits sont noir violacé que l’on peut les ramasser sur l’arbre, mais on les récolte aussi parfois à même le sol. Il faut les faire sécher à l’ombre pendant 1–2 jours. Puis on les met à tremper dans l’eau pendant 4–6 heures et on extrait les graines ; les graines surnagent. Après avoir fait sécher les graines à l’ombre, on peut les conserver jusqu’à 2 ans, de préférence à 3°C et à 7–10% d’humidité. Les semis en pépinière sont progressivement exposés au soleil et peuvent être repiqués au champ au bout de 4–6 mois. On récolte couramment des sauvageons pour la plantation.
Les grumes étant sensibles au bleuissement fongique immédiatement après l’abattage, elles doivent être traitées avec une solution contre le bleuissement ou débardées après la coupe et transformées sans tarder.
Ressources génétiques
Bien que Polyscias fulva couvre une aire très vaste, il n’en demeure pas moins inconnu dans plusieurs régions, comme en Afrique de l’Ouest. Au Kenya, on a signalé que Polyscias fulva se raréfiait dans son milieu naturel. C’est aussi le cas localement au Cameroun et en Ouganda, où l’espèce est surexploitée pour la production d’objets d’artisanat. Il est recommandé de surveiller les populations de ces régions où l’espèce subit une pression du fait de l’exploitation des bois d’œuvre ; pourtant, Polyscias fulva n’est pas encore sérieusement menacé d’érosion génétique, comme c’est le cas au Kenya avec Polyscias kikuyensis, une endémique qui figure déjà dans la Liste rouge de l’UICN comme espèce vulnérable.
Perspectives
En dépit de la mauvaise qualité de son bois pour la construction, Polyscias fulva semble avoir de l’avenir dans la production commerciale d’objets sculptés, de placage et de contreplaqué. Ses points forts sont ses bons taux de croissance et son long fût rectiligne. Polyscias fulva présente de bonnes caractéristiques en tant qu’arbre d’ombrage et plante auxiliaire, ce qui lui confère de l’intérêt en agroforesterie. En Ouganda, on a déjà préconisé de lancer la production à la ferme de Polyscias fulva afin d’assurer l’approvisionnement à venir de bois pour les usages qui sont les plus demandés comme la production de tambours. Quoiqu’il en soit, il faut poursuivre les travaux de recherche sur les techniques de multiplication ainsi que sur la croissance et le développement.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2009. Polyscias fulva (Hiern) Harms. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 septembre 2026.
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