Pouteria alnifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre
Fibre


coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Pouteria alnifolia (Baker) Roberty


Protologue: Bull. Inst. Franç. Afrique Noire 15: 1417 (1953).
Famille: Sapotaceae

Synonymes

  • Malacantha alnifolia (Baker) Pierre (1891),
  • Malacantha heudelotiana Pierre (1891).

Noms vernaculaires

  • Mguoguo (Sw).

Origine et répartition géographique

Pouteria alnifolia est répandu depuis le Sénégal jusqu’au sud-ouest de l’Ethiopie et à l’est du Kenya, et vers le sud jusqu’au Mozambique.

Usages

Le bois est employé localement pour la construction, les ustensiles, les cannes de marche, les pirogues, ainsi que comme bois de feu et charbon de bois. La pulpe sucrée du fruit est consommée fraîche. Les feuilles sont parfois employées comme fourrage pour le bétail. On les utilise aussi comme emballage pour les aliments. Les feuilles sont employées en médecine traditionnelle en Afrique de l’Ouest, en application externe pour traiter le pian, les blessures et la conjonctivite. L’écorce réduite en pâte est administrée en embrocation pour traiter les rhumatismes, et en lavement pour traiter la diarrhée chez les enfants.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc jaunâtre, et n’est pas clairement distinct de l’aubier. Son poids spécifique est de 0,45. Il est assez dur, durable et résistant aux termites.

Les feuilles sont bien acceptées comme fourrage par les moutons, bien que contenant des quantités considérables de tanin. La teneur en éléments nutritifs par 100 g de matière sèche est la suivante : protéines brutes 13,3 g, lipides bruts 3,7 g, fibres brutes 25,6 g, cendres totales 7,6 g. Par 100 g de matière sèche la teneur totale en phénols est de 8,3 g, dont phénols tanniques 6,8 g et tanins condensés extractibles 6,6 g.

Description

  • Arbuste ou arbre caducifolié de taille petite à moyenne, atteignant 25 m de haut ; fût jusqu’à 70(–100) cm de diamètre, souvent tortueux et cannelé, et à petits contreforts ; surface de l’écorce brun grisâtre, fissurée et écailleuse, écorce interne fibreuse, jaune blanchâtre à jaune orangé, exsudant du latex ; cime dense ; jeunes rameaux à pubescence dense brun rougeâtre.
  • Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–1,5 cm de long, poilu ; limbe elliptique à obovale, de 12–25(–38) cm × 7–16(–20) cm, cunéiforme à arrondi à la base, arrondi à légèrement émarginé à l’apex, densément à légèrement pubescent sur la face inférieure, à points glandulaires translucides, pennatinervé à 15–20 paires de nervures latérales.
  • Fleurs groupées en fascicules à l’aisselle des feuilles présentes ou tombées, bisexuées, régulières, 5-mères, légèrement odorantes, sessiles ; sépales libres, largement elliptiques, jusqu’à 5,5 mm de long, à pubescence brunâtre à l’extérieur ; corolle à tube d’environ 4,5 mm de long et lobes arrondis d’environ 2,5 mm de long, poilus sur les bords, blanc jaunâtre ou verdâtre ; étamines insérées dans la partie supérieure du tube de la corolle, à l’opposé des lobes ; ovaire supère, globuleux, à longs poils, 5-loculaire, style cylindrique, à peu près aussi long que la corolle, stigmate 5-lobé.
  • Fruit : baie globuleuse à ellipsoïde de 1,5–2,5 cm de long, devenant rouge à maturité, à style persistant, finement poilue mais glabrescente, renfermant 1 seule graine.
  • Graines ellipsoïdes, de 1,5–2 cm de long, brun foncé, à cicatrice relativement étroite.

Autres données botaniques

Pouteria est un genre pantropical, qui comprend quelque 320 espèces, dont environ 200 en Amérique tropicale, 120 en Asie tropicale, et seulement 6 en Afrique. Les espèces africaines étaient classées dans les genres Aningeria et Malacantha, mais ces deux genres ont été inclus dans le genre Pouteria. Pouteria a été subdivisé en 9 sections. Les espèces africaines appartiennent à la section Rivicoa, de même que certaines espèces américaines dont l’arbre fruitier bien connu Pouteria campechiana (Kunth) Baehni (canistel ou sapote jaune).

Dans la littérature, Pouteria alnifolia a souvent été confondu avec d’autres Pouteria spp., principalement Pouteria altissima (A.Chev.) Baehni et Pouteria aningeri Baehni. Il se caractérise par ses fleurs sessiles et la cicatrice de sa graine plus étroite. Pouteria alnifolia fleurit généralement en début de saison sèche.

Ecologie

Pouteria alnifolia se rencontre dans les forêts sèches et les forêts-galeries, souvent dans la zone de transition entre savane et forêt, ainsi que dans les forêts perturbées. On le trouve souvent sur des stations rocheuses. Dans le sud-ouest du Burkina Faso, Pouteria alnifolia est très commun sur des sols humides. En Afrique de l’Est, c’est souvent une essence de sous-étage dans la forêt pluviale et la forêt décidue des basses terres. Il est souvent commun, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale. Pouteria alnifolia est une essence pionnière qui tolère le feu. Il se régénère abondamment dans les forêts régulièrement brûlées, où il est souvent plus commun que dans les forêts non brûlées. Au Bénin, les communautés végétales dans lesquelles Pouteria alnifolia joue un rôle important sont considérées comme indicatrices de stations ayant de bonnes potentialités pour la plantation de teck.

Gestion

Pouteria alnifolia peut être traité en taillis.

Ressources génétiques

Pouteria alnifolia est répandu et localement commun, et n’est pas menacé d’érosion génétique. Cependant, dans plusieurs régions il est considéré comme rare, par ex. en Ethiopie, au Kenya et au Mozambique, et là les populations locales peuvent être menacées. Var. sacleuxii (Lecomte) L.Gaut., restreinte à l’île de Zanzibar (Tanzanie), est classée comme vulnérable dans l’édition 2006 de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Perspectives

Pouteria alnifolia n’a qu’un intérêt limité comme bois d’œuvre commercial du fait qu’il est souvent de forme médiocre et de faibles dimensions. Cependant, il conservera une importance locale dans les régions relativement sèches. Il mérite davantage d’attention comme arbre à fins multiples fournissant du bois ainsi que des fruits comestibles, du fourrage et des médicaments traditionnels.

Références principales

  • Arbonnier, M., 2000. Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest. CIRAD, MNHN, UICN. 541 pp.
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  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/ projects/ tzforeco/. December 2006.

Autres références

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  • Pennington, T.D., 1991. The genera of Sapotaceae. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom and the New York Botanical Garden, New York, United States. 295 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Pouteria alnifolia (Baker) Roberty. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.


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