Raphia farinifera (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Fruit | |
| Légume | |
| Oléagineux | |
| Glucides / amidon | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Ornemental | |
| Fibre | |
| Sécurité alimentaire | |
Raphia farinifera (Gaertn.) Hyl.
- Protologue: Lustgården 31–32: 88 (1952).
- Famille: Arecaceae (Palmae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 32
Synonymes
- Raphia ruffia (Jacq.) Mart. (1838),
- Raphia pedunculata P.Beauv. (1806),
- Raphia kirkii Engl. ex Becc. (1910).
Noms vernaculaires
- Raphia, palmier à raffia, palmier de Mayotte (Fr).
- Madagascar raphia palm, Bamenda raphia, East African wine palm, raffia palm (En).
- Mwale, muwala, rutoro (Sw).
Origine et répartition géographique
Raphia farinifera est réparti dans toute la partie méridionale de l’Afrique tropicale. Il est fréquemment cultivé, par exemple au Nigeria, à Madagascar, aux Seychelles, à l’île de la Réunion, en Inde, aux Etats-Unis et aux Petites Antilles, et il s’est souvent naturalisé.
Usages
La fibre de raphia obtenue de la face supérieure des jeunes folioles est utilisée dans le monde entier comme matériau de ligature pour l’horticulture et l’artisanat. En Afrique tropicale, elle sert par endroits à lier et à faire de nombreux produits, dont des nattes, des paniers, des chapeaux, des portefeuilles, des chaussures, des sacs, des filets de pêche, des hamacs, des rideaux et des textiles. Les feuilles sont utilisées pour la couverture des toits, et les folioles pour le tressage. A Madagascar, les nervures médianes des folioles sont utilisées pour faire des filets de pêche et divers articles d’usage domestique. Les pétioles et rachis sont utilisés pour l’ébénisterie, la construction des maisons, les clôtures et les échelles, et comme perches. Le rachis est par endroits transformé en balai-brosse. A Madagascar, le pétiole sec est coupé en morceaux de 40 cm de long qui sont utilisés comme flotteurs pour les filets de pêche. En Ouganda, des bandes de pétiole sont utilisées pour tisser des paniers.
Le tronc du palmier est une source d’amidon. Le jeune bourgeon terminal (“cœur de palmier”) est consommé comme légume. Le palmier est saigné pour la sève, qui est fermentée en vin de palme. Le vin peut être distillé en un alcool fort et peut également être utilisé comme levure de boulangerie. Les fruits et les graines sont consommés, et la pulpe du fruit est fermentée en une boisson alcoolisée. L’huile du mésocarpe et des graines est utilisée comme aliment (“beurre de raphia”) et pour la production de savon et de stéarine. On transforme les coques des fruits en tabatières ou en boutons, et les fruits et les graines sont utilisés pour la décoration. Une cire obtenue de la face inférieure des folioles sert à cirer les sols et les chaussures et à fabriquer des bougies. Raphia farinifera est planté comme arbre ornemental et d’alignement.
A Madagascar, on utilise les racines contre les maux de dents, les fibres de la gaine foliaire pour traiter les troubles digestifs, et l’inflorescence pour fabriquer une boisson ainsi qu’un laxatif. A l’île Maurice, la décoction de pulpe de fruit est utilisée contre la dysenterie, et l’infusion du fruit est réputée atténuer les hémorragies.
Production et commerce international
La plus grande partie du raphia faisant l’objet d’un commerce international est produite à Madagascar à partir de Raphia farinifera. Dans les années 1950, environ 5000 t de fibre de raphia étaient annuellement exportées de Madagascar, mais dans les années 1980 et 1990, les exportations annuelles moyennes étaient d’environ 2000 t. L’huile du mésocarpe a été exportée vers l’Europe comme “huile de bambou”.
Propriétés
La fibre de raphia est une fibre souple mais résistante. Elle est bien adaptée à des fins horticoles car elle est souple et durable et ne présente pas de bords tranchants pouvant blesser les parties tendres des plantes. Le matériau est facile à adapter aux largeurs souhaitées car il se divise facilement. Il est également facilement teinté, ce qui le rend approprié pour la production d’articles de fantaisie. La résistance moyenne à la traction de la fibre de raphia de Madagascar est de 500 N/mm². Le rachis est léger, facile à couper, résistant et durable, et donc adapté à la construction et à l’ébénisterie.
La pulpe du fruit contient environ 24% d’huile, les graines seulement 1%. Les principaux acides gras dans l’huile des graines de Madagascar sont l’acide palmitique, l’acide oléique et l’acide linoléique. Le principal stérol est le β-sitostérol. La pulpe du fruit a montré une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus, mais pas contre les bactéries gram-négatives Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa et Salmonella typhi ; elle n’a pas non plus d’activité contre les champignons Candida albicans et Aspergillus niger.
Un extrait brut de l’écorce de tige a causé in vitro une mortalité significative de spécimens adultes et de microfilaires d’Onchocerca volvulus, l’agent de la cécité des rivières.
Falsifications et succédanés
On obtient également des fibres de raphia à partir de Raphia hookeri G.Mann & H.Wendl., présent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Les fibres subissent la concurrence des substituts synthétiques. Raphia hookeri ainsi que d’autres espèces de Raphia sont utilisés par endroits comme Raphia farinifera en tant que source de matériau de tissage et de construction, comme cœur de palmier, pour le vin de palme et l’huile de palme.
Description
Arbre monoïque, massif, à troncs multiples (souvent unique à Madagascar) atteignant 25 m de haut ; tronc atteignant 10 m de haut et 100 cm de diamètre, partie inférieure à cicatrices foliaires prononcées, quelques vestiges de gaines foliaires pourries et des racines adventives, partie supérieure couverte de bases foliaires. Feuilles pennées, érigées ou légèrement étalées, atteignant 20 m de long, s’engainant à la base, brillantes au-dessus, cireuses au-dessous ; gaine inerme, se fendant à l’opposé du pétiole, gaine et pétiole mesurant ensemble environ 1,5 m de long ; pétiole de 12–20 cm de diamètre, arrondi en coupe transversale, inerme ; rachis inerme, orange-brun ou presque cramoisi, à 2 sillons latéraux à proximité de la base ; folioles jusqu’à 150 sur chaque côté du rachis, insérées sur 2 plans, linéaires, raides, atteignant 200 cm × 8 cm, pliées une fois, face inférieure blanche et cireuse, face supérieure légèrement cireuse, bords et nervures principales à épines jaunâtres atteignant 4 mm de long, nervures principales quelque peu rougeâtres. Inflorescence axillaire, retombante, atteignant 4(–6) m × 35 cm, ramifiée en 2 ordres ; bractée primaire de l’inflorescence d’environ 30 cm × 20 cm, tubuleuse, entourant en partie les ramifications de premier et second ordre, bractée pédonculaire de 18 cm × 8 cm, tubuleuse sur 11 cm ; prophylles de second ordre de 9 cm de long ; ramifications de premier ordre à 13–32 rachilles, atteignant 30 cm × 2,5 cm ; rachille atteignant 15 cm × 1,5 cm. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles à l’apex des rameaux de l’inflorescence, fleurs femelles à la base ; fleurs mâles atteignant 12 mm × 2 mm, enveloppées dans une bractée, calice à tube de 4–5 mm de long et 3 petits lobes, corolle à tube basal de 2–3 mm de long et 3 lobes atteignant 10 mm × 2,5 mm, à segments légèrement épaissis près de l’extrémité, étamines 6(–9), insérées à l’embouchure du tube de la corolle, filets de 2–3 mm de long ; fleurs femelles enveloppées dans 2 bractées, calice tubuleux, atteignant 8 mm de long, corolle beaucoup plus courte que le calice, à tube basal atteignant 2 mm de long et lobes d’environ 3 mm de long, staminodes 6, discrets, ovaire supère, 3-loculaire. Fruit ovoïde à ellipsoïde, de 4,5–11 cm × 3–6 cm, à bec atteignant 5 mm de long, couvert d’écailles en 12–13 rangs, contenant habituellement 1 graine ; écailles convexes, réfléchies, atteignant 20 mm × 26 mm, orange-brun vif ; mésocarpe jaune d’or. Graines ovoïdes à ellipsoïdes, de 3–6 cm × 3–4,5 cm ; mésocarpe huileux ; albumen peu à densément ruminé.
Autres données botaniques
Le genre Raphia comprend environ 20 espèces, principalement africaines, surtout présentes dans les régions marécageuses. Une espèce, Raphia taedigera (Mart.) Mart., se trouve en Amérique tropicale. En Afrique de l’Est, on a souvent mentionné Raphia farinifera comme étant Raphia monbuttorum Drude.
Croissance et développement
Les espèces de Raphia ont des tiges monocarpiques, c’est-à-dire qu’ils fleurissent et fructifient une seule fois, puis meurent. Les inflorescences sont produites plus ou moins au même moment à l’aisselle des feuilles les plus distales. La saignée pour le vin peut endommager l’inflorescence, rendant la floraison impossible et accélérant la mort. A Madagascar, Raphia farinifera nécessite 20–25 ans de la graine à la floraison et 5–6 ans de la floraison au fruit mûr, tous les fruits arrivant à maturité la même année.
Ecologie
Dans son aire de répartition naturelle, Raphia farinifera est répandu dans la forêt-galerie, dans la forêt marécageuse d’eau douce et d’autres endroits humides, jusqu’à 2500 m d’altitude. A Madagascar, il est commun à proximité des villages au bord des cours d’eau, à 50–1000 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Raphia farinifera se multiplie par graines. La germination est lente, à moins que les couches extérieures de la graine soient retirées et que la racine soit exposée. A Madagascar, on a signalé que les graines germent après 4–5 mois, et sont prêtes pour une plantation au champ 1 an après le semis. Les plants peuvent également être récoltés dans la nature et élevés dans une pépinière avant d’être replantés au champ. L’espacement habituel est de 12 m × 12 m. La multiplication par culture de tissus peut représenter un potentiel pour Raphia.
Gestion
Les plantations sont désherbées pendant les premières années après la plantation.
Maladies et ravageurs
L’orycte rhinocéros (Oryctes rhinoceros) attaque Raphia farinifera à l’île Maurice.
Récolte
A Madagascar, on récolte habituellement les feuilles pour la fibre de raphia à la fin de la saison des pluies, sur les arbres âgés d’au moins 10 ans. Habituellement 2–3 feuilles par an sont récoltées sur chaque palmier.
Rendement
A Madagascar, le rendement en fibre de raphia sèche est d’environ 3% du poids de feuilles fraîches.
Traitement après récolte
Pour obtenir de la fibre de raphia à Madagascar, les feuilles récoltées sont transportées dans des zones ombragées, où elles sont transformées immédiatement. Les folioles sont retirées du rachis et l’épiderme supérieur est séparé du reste de la foliole. Parfois, la nervure médiane est retirée avant l’épiderme, laissant deux moitiés de folioles. Une fois l’épiderme enlevé, il est séché, ce qui doit être fait de manière appropriée pour obtenir des fibres de bonne qualité. Pour obtenir de l’huile, les fruits sont broyés et, après adjonction d’eau, ébullition et refroidissement, l’huile qui remonte en surface est écumée.
Ressources génétiques
Dans les années 1950, la région couverte par des peuplements naturels de Raphia farinifera à Madagascar était évaluée à 50 000 ha. Bien que l’espèce ne soit pas considérée menacée, les peuplements de Madagascar ont décliné en raison de la surexploitation, des incendies de brousse et de la conversion de leur milieu en rizières. On ne connaît aucune collection de ressources génétiques de Raphia.
Sélection
Il n’y a pas de programme d’amélioration génétique connu sur Raphia.
Perspectives
Raphia farinifera est la principale source de fibres de raphia qui, malgré la disponibilité de substituts synthétiques, continue d’être utilisée dans le monde entier comme matériau de ligature pour l’horticulture et l’artisanat. Par ailleurs, Raphia farinifera est une source locale très utile de nombreux produits, dont des matériaux de construction, du vin de palme, de l’huile et des médicaments traditionnels. Il est peu probable que son importance sur le marché international diminue, bien qu’à Madagascar, le principal producteur, les peuplements naturels de Raphia farinifera se réduisent, et qu’il y ait besoin d’empêcher une surexploitation, de protéger son milieu et de favoriser sa plantation.
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Sources de l'illustration
- Rustiami, H. & Brink, M., 2003. Raphia P. Beauv. In: Brink, M. & Escobin, R.P. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 17. Fibre plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 211–217.
Auteur(s)
- L. Jimu, Forestry Unit, Department of Environmental Science, Bindura University of Science Education (BUSE), P.B. 1020, Bindura, Zimbabwe
Citation correcte de cet article
Jimu, L., 2011. Raphia farinifera (Gaertn.) Hyl. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.
Consulté le 17 septembre 2026.
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