Sarcophrynium prionogonium (PROTA)
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Introduction |
Sarcophrynium prionogonium (K.Schum.) K.Schum.
- Protologue: Pflanzenr. IV, 48: 39 (1902).
- Famille: Marantaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 28
Noms vernaculaires
- Yoruba soft cane (En).
Origine et répartition géographique
Sarcophrynium prionogonium est réparti dans les régions de forêt d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, de la Guinée jusqu’en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).
Usages
Les feuilles sont utilisées pour couvrir les toits et pour envelopper les noix de cola et d’autres produits. Elles sont également utilisées comme nattes, pour doubler les paniers de transport, et comme plats à usage unique. Au Cameroun, on les utilise comme coussin sous les nattes pour dormir et on en fait des articles tels que des récipients instantanés, des pots, des tasses, des entonnoirs, des éventails et des parasols. On tresse en nattes le pétiole fendu dont la moelle centrale est écartée.
En Côte d’Ivoire, la pulpe des racines est utilisée comme emplâtre sur les abcès, les chancres et les œdèmes glandulaires pour soulager la douleur et favoriser la cicatrisation.
Propriétés
En R.D. du Congo, les feuilles sont réputées friables et devenir fragiles quand elles sont sèches, et pour cette raison elles ne sont pas utilisées autant que celles d’Ataenidia conferta (Benth.) Milne-Redh. On dit également que des tiques sont souvent présentes sur les feuilles. La pulpe du fruit est mucilagineuse et collante. En Centrafrique, les principaux composants de l’huile essentielle obtenue à partir du rhizome par distillation à l’eau sont le camphre (31,0%), l’α-zingibérène (17,8%), le β-sesquiphellandrène (13,7%) et l’isobornéol (8,5%).
Botanique
Plante herbacée vivace, érigée, atteignant 2 m de haut, à rhizome et à touffes d’environ 10 feuilles imbriquées autour d’une tige centrale avec une seule feuille et une inflorescence latérale. Feuilles distiques ; pétiole s’engainant à la base, gaine pubescente, les parties non calleuse et calleuse du pétiole non séparées par une articulation, la partie apicale calleuse de 4–9 cm de long, la transition du pétiole dans la nervure médiane marquée par un bec en V sur la face supérieure, mais continue sur la face inférieure ; limbe elliptique, de 25–50 cm × 10–20 cm, base arrondie, une moitié cordée, apex acuminé. Inflorescence atteignant 30 cm de long, ramifiée, entre-nœuds de 15–20 mm de long ; bractées abaxiales ne se chevauchant pas, de 4 cm × 0,5–1 cm, à 3–4 cymules ; cymule à 2 fleurs, munie d’une bractée adaxiale, à pédoncule commun court d’environ 20 mm de long, 1 fleur subsessile, l’autre avec un pédicelle de 2–3 mm de long. Fleurs bisexuées, zygomorphes ; bractéole ovale, d’environ 1,5 mm de long, aiguë, charnue, lisse ; sépales libres, égaux ; corolle d’environ 6 mm de long, tubuleuse au-dessous, à 3 lobes, blanc rosé ; staminodes et étamine en 2 cycles, formant à la base un tube soudé au tube de la corolle, cycle extérieur constitué de 2 staminodes pétaloïdes, cycle intérieur constitué de 1 étamine et 2 staminodes, dont 1 cucullé avec un appendice en épée ; ovaire infère, glabre, 3-loculaire. Fruit de 15 mm × 10–12 mm, à sutures invisibles, indéhiscent, charnu, rouge. Graines subpyramidales, obliques, brunes ou blanchâtres à l’état sec, sans arille.
Les fleurs sont pollinisées par les abeilles.
Le genre Sarcophrynium comprend 4–7 espèces, réparties dans les régions de forêt d’Afrique tropicale. Sarcophrynium schweinfurthianum (Kuntze) Milne-Redh. est une plante herbacée vivace, érigée, atteignant 2 m de haut, répartie au Cameroun, en Centrafrique, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo, en R.D. du Congo, au Soudan et en Ouganda. On utilise ses feuilles pour couvrir les toits et pour envelopper des objets devant être transportés ou cuits. Au Cameroun, on les utilise comme coussin sous les nattes pour dormir et on en fait des articles tels que des récipients instantanés, des plats, des pots, des tasses, des entonnoirs, des éventails et des parasols. En R.D. du Congo, les feuilles sont parfois utilisées comme papier toilette. Les pétioles sont utilisés pour tresser. On consomme les jeunes feuilles comme légume.
Au sein de Sarcophrynium prionogonium, on distingue 3 variétés : var. prionogonium, à limbe foliaire glabre sauf pour la nervure médiane sur la face supérieure, var. puberulifolium Schnell, à pubescence dense et fine sur la face inférieure du limbe foliaire, et var. ivorense Schnell, à poils à base tuberculée.
Ecologie
Sarcophrynium prionogonium se rencontre dans le sous-étage de forêts non-marécageuses, dans les forêts perturbées et les forêts secondaires.
Gestion
Sarcophrynium prionogonium est récolté à partir de peuplements sauvages.
Ressources génétiques
Etant donné sa vaste répartition et sa présence dans les forêts perturbées ou secondaires, Sarcophrynium prionogonium ne semble pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Sarcophrynium prionogonium est une source locale utile de matériau pour couvrir les toits et pour envelopper, ainsi que pour obtenir divers produits. Cependant, on signale que la qualité des feuilles est inférieure à celle d’autres Marantaceae, et ses produits ne sont pas répertoriés comme vendus sur les marchés. Etant donné la disponibilité de Marantaceae de meilleure qualité, tels qu’Ataenidia conferta, et de substituts synthétiques, l’utilisation de Sarcophrynium prionogonium ne semble pas destinée à se développer.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 22 avril 2026.
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