Schrebera alata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu
Ornemental
Fourrage


Schrebera alata (Hochst.) Welw.


Protologue: Trans. Linn. Soc. London 27: 39 (1869).
Famille: Oleaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 44, 46

Origine et répartition géographique

Schrebera alata est répandu, depuis l’Erythrée et l’Ethiopie jusqu’à l’Angola, le nord de l’Afrique du Sud et le Swaziland, en passant par l’est de la R.D. du Congo et l’Afrique de l’Est.

Usages

Au Kenya, le bois sert principalement pour la construction d’habitations, la confection de poteaux, de mobilier et de manches d’outils. Il convient pour la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, les étais de mines, la charronnerie, les articles de sport, les jouets et les articles de fantaisie, les instruments agricoles, le tournage, le modelage, le placage et le contreplaqué. C’est un excellent bois de feu qui sert également à la production de charbon de bois.

Plusieurs parties de la plante sont employées en médecine traditionnelle. On mâche les racines, les feuilles et les rameaux pilés en cas de maux de dents et comme antitussif, et trempés dans l’eau, on s’en sert de lotion pour soigner les ulcères. On mâche également l’écorce contre les maux de dents, et la décoction d’écorce est appliquée comme antalgique. On mâche les feuilles pour soigner l’amygdalite, la pharyngite et la céphalée, la décoction de feuille s’utilise en bain de vapeur dans le traitement des céphalées et est administrée en cas de rhume, de toux, de fièvre, comme émétique, oxytocique et tonique. Schrebera alata est quelquefois planté comme arbre d’ornement.

Propriétés

Le bois de cœur, blanchâtre à brun pâle, présente souvent des stries légèrement plus foncées, et ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est droit à faiblement ondulé, le grain est fin et régulier. C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 780–835 kg/m³ à 12% d’humidité, dur et solide. Il convient de le faire sécher lentement et avec précaution afin d’éviter les fentes, les gerces et les déformations qui peuvent être graves. Une fois sec, il est modérément stable en service.

Le bois se scie et se travaille assez facilement tant à la main qu’à la machine. Le rabotage permet d’obtenir une surface lisse, et il se polit bien. Les avant-trous sont nécessaires pour le clouage. Le bois se colle, se peint et se vernit de manière satisfaisante, et il se tourne assez bien. Le bois de cœur est moyennement durable. L’aubier est sensible aux Lyctus. Le bois de cœur est rebelle aux produits de conservation.

Des essais menés sur le rat ont montré que des extraits d’écorce avaient des effets analgésiques, confirmant ainsi leur utilisation en médecine traditionnelle, mais ils ont également fait ressortir une certaine toxicité responsable de lésions hépatiques.

Description

Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–25) m de haut, caducifolié ; fût normalement court et tortueux, jusqu’à 60 cm de diamètre, souvent cannelé ; surface de l’écorce lisse ou fissurée longitudinalement, se desquamant parfois en fines écailles, gris pâle à brun jaunâtre, écorce interne crème à taches orange, fonçant à l’exposition ; cime assez ouverte ; rameaux initialement poilus mais devenant glabres, à lenticelles. Feuilles opposées, composées imparipennées à (3–)5(–7) folioles ; stipules absentes ; pétiole de 1–5 cm de long, légèrement ailé ; rachis de 2–5 cm de long, ailé ; folioles opposées, presque sessiles, elliptiques à obovales, de 2–14 cm × 1–6 cm, cunéiformes et souvent asymétriques à la base, apex arrondi à courtement acuminé ou parfois émarginé, glabres ou à pubescence courte et clairsemée, pennatinervées à jusqu’à 10 paires de nervures latérales. Inflorescence : cyme terminale atteignant 10 cm de long, glabre à poilue, à fleurs peu nombreuses à nombreuses. Fleurs bisexuées, régulières, 5–7-mères, hétérostylées, parfumées ; pédicelle atteignant 3(–5) mm de long ; calice campanulé, de 2–4(–7) mm de long, à pubescence courte ; corolle blanche, parfois lavée de rose, pourvue de poils brun rougeâtre à la base des lobes, tube en entonnoir, de 1–1,5 cm de long, lobes de 3–7 mm de long, étalés ; étamines 2, insérées sur la partie supérieure du tube de la corolle, à filets courts ; ovaire supère, d’environ 1,5 mm de diamètre, 2-loculaire, style élancé, court ou long. Fruit : capsule ligneuse piriforme ou obovoïde de 2–4,5 cm × 1–1,5 cm, brun pâle, déhiscente par 2 valves, contenant jusqu’à 8 graines. Graines munies d’une aile de grande taille, atteignant 2,5 cm × 1 cm.

Autres données botaniques

Les jeunes individus de Schrebera alata poussent assez rapidement lorsqu’ils sont plantés dans un sol fertile. En Ouganda, les jeunes sujets ont atteint une croissance annuelle de 1 m par an à 1500 m d’altitude et sur des sols profonds et humides, alors que plus haut en altitude et à des endroits plus secs la croissance a été moindre. En Afrique australe, les arbres fleurissent de décembre à février, les fruits mûrissant 4 mois environ après la floraison. Les fruits s’ouvrent normalement lorsqu’ils sont encore attachés à l’arbre. Les graines pourvues de leurs ailes sont dispersées par le vent et virevoltent dans leur chute.

Le genre Schrebera comprend environ 8 espèces, dont 5 sont présentes en Afrique tropicale, y compris à Madagascar, 2 en Asie tropicale et 1 en Amérique du Sud. Il semble très proche du genre Comoranthus, originaire des Comores et de Madagascar, lui aussi caractérisé par une capsule ligneuse.

Schrebera trichoclada

Schrebera trichoclada Welw. est un arbuste ou arbre de petite taille atteignant 10 m de haut, à fût jusqu’à 30 cm de diamètre, présent de la R.D. du Congo et de la Tanzanie jusqu’en Angola, au Zimbabwe, au Mozambique et à Madagascar. Son bois sert localement à la confection d’ustensiles tels que les cuillères. On mâche l’écorce et les feuilles comme antalgique, la macération de feuille est appliquée sur les yeux pour soigner l’ophtalmie, et l’infusion de racine sert de collyre.

Ecologie

Schrebera alata se rencontre dans la forêt sempervirente, la ripisylve, la forêt ouverte et parfois la savane arborée, jusqu’à 2500 m d’altitude. En Afrique de l’Est, il est souvent associé à Juniperus, Podocarpus et Olea spp., et on le trouve notamment en lisière de forêts et dans les clairières.

Gestion

Schrebera alata peut se multiplier par graines et sauvageons. Les fruits doivent être cueillis sur l’arbre juste avant qu’ils ne s’ouvrent. On peut les faire sécher au soleil jusqu’à ce qu’ils s’ouvrent pour en récolter les graines. Il est recommandé de semer les graines avec les ailes tournées vers le haut ; aucun traitement préalable n’est nécessaire. Elles peuvent être entreposées à l’abri de la chaleur et de l’humidité pendant longtemps. Les arbres peuvent être conduits par recépage et élagage, et cultivés en association avec le caféier.

Ressources génétiques

Schrebera alata est relativement répandu dans des milieux différents et ne fait pas l’objet d’un abattage sélectif à grande échelle. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’il soit exposé à l’érosion génétique.

Perspectives

Le bois de Schrebera alata conservera une certaine importance locale, mais son avenir commercial semble bouché sur le marché international à cause de son fût habituellement trop court, tortueux ou cannelé. Les agriculteurs des montagnes d’Afrique de l’Est se sont vus recommander Schrebera alata comme culture destinée au bois de feu. Il mérite plus d’attention en tant qu’arbre ornemental.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2012. Schrebera alata (Hochst.) Welw. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.


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