Schrebera arborea (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Colorant / tanin | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Ornemental | |




Schrebera arborea A.Chev.
- Protologue: Mém. Soc. Bot. France 8: 180 (1912).
- Famille: Oleaceae
Noms vernaculaires
- Pau goiaba (Po).
Origine et répartition géographique
Schrebera arborea est relativement répandu, puisqu’il s’étend du Sénégal et de la Guinée-Bissau jusqu’au sud du Soudan et en Ouganda, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo.
Usages
Le bois est utilisé en construction classique, pour la confection de traverses de chemin de fer, de quilles de bateaux, d’ustensiles, de manches d’outils, de javelots et de ruches. Il convient pour la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, les étais de mines, la charronnerie, le mobilier, les articles de sport, les jouets et les nouveautés, les instruments agricoles, le tournage, le modelage, le placage et le contreplaqué. Il sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois.
En médecine traditionnelle, les ramilles fraîches entrent dans la composition d’une préparation prescrite en cas d’affections cutanées. La macération de ramilles est administrée comme purgatif en cas de douleurs abdominales. Au Nigeria, on applique les graines sur la tête des enfants qui souffrent d’affections cutanées. En Ouganda, plusieurs parties de la plante servent de purgatif.
Production et commerce international
Le bois de Schrebera arborea est uniquement vendu localement et ne fait pas l’objet d’un commerce sur le marché international des bois d’œuvre.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rosé à brun jaunâtre, parfois veiné de mauve, ne se distingue pas nettement de l’aubier plus pâle. Le fil est droit à ondé, le grain est habituellement fin. C’est un bois modérément lourd, avec une densité de 750–830(–930) kg/m³ à 12% d’humidité, résistant et assez dur. Il sèche bien à l’air, mais il faut prendre des précautions pour éviter les gerces superficielles. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 4,7–5,6% dans le sens radial et de 7,8–8,6 (–9,5)% dans le sens tangentiel. Les grumes peuvent être sciées sur dosse ou sur quartier après la coupe. Une fois sec, le bois est instable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de (77–)108–132 N/mm², le module d’élasticité de 11 800 N/mm², la compression axiale de 44–63 N/mm², le cisaillement de 12–14 N/mm², le fendage de 14,5–23,5 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,7–3,6.
C’est un bois relativement facile à scier et à travailler. Au rabotage, le peluchage du fil peut être source de problème, mais le polissage permet d’obtenir un fini lisse. Pour le clouage, il est recommandé de faire des avant-trous pour éviter les fentes. Les caractéristiques de collage sont satisfaisantes. C’est un bois facile à cirer, peindre et vernir. Le bois de cœur est assez durable, mais il arrive qu’il soit sensible aux insectes xylophages. L’aubier est sujet aux attaques des Lyctus. Le bois de cœur est modérément rebelle aux produits de conservation.
Description
- Arbre de taille moyenne atteignant 30(–40) m de haut, caducifolié ; fût dépourvu de branches sur 20(–30) m de haut, droit et cylindrique, atteignant 80 cm de diamètre, pourvu de petits contreforts ou bien cannelé à la base ; surface de l’écorce lisse mais se desquamant en écailles minces, blanc jaunâtre à brun grisâtre avec des taches plus pâles, écorce interne fibreuse, marbrée de crème et d’orange, fonçant à l’exposition ; cime arrondie ; rameaux initialement poilus mais devenant glabres, à lenticelles.
- Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–5 cm de long ; limbe elliptique à ovale, de 5–15 cm × 3–10 cm, cunéiforme à arrondi à la base, aigu à courtement acuminé à l’apex, finement coriace, glabre ou presque, pennatinervé à 6–12 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : cyme terminale ou axillaire atteignant 10 cm de long, à fleurs peu nombreuses.
- Fleurs bisexuées, régulières, (4–) 5–8-mères, hétérostylées, parfumées ; pédicelle de 3–7 mm de long ; calice campanulé, de 3–5 mm de long, légèrement pubescent ou glabre ; corolle blanche à blanc verdâtre recouverte de poils brun pourpre à la base des lobes, tube en entonnoir, de 1–2 cm de long, lobes d’environ 6 mm de long, étalés ; étamines 2, insérées sur la partie supérieure du tube de la corolle, à filets courts ; ovaire supère, d’environ 1 mm de diamètre, 2-loculaire, style élancé, court ou long.
- Fruit : capsule ligneuse piriforme atteignant 6,5 cm × 3,5 cm, brun pourpre à lenticelles plus pâles, déhiscente par 2 valves, contenant en général 4 graines fertiles.
- Graines munies d’une aile de grande taille, atteignant 4(–5) cm × 1 cm.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle d’environ 3 cm de long, épicotyle d’environ 1 cm de long, glabre ; cotylédons charnus, aplatis, d’environ 1,5 cm de long ; premières feuilles opposées.
Autres données botaniques
Le genre Schrebera comprend environ 8 espèces, dont 5 sont présentes en Afrique tropicale, y compris à Madagascar, 2 en Asie tropicale et 1 en Amérique du Sud. Il semble très proche du genre Comoranthus, originaire des Comores et de Madagascar, qui se caractérise lui aussi par une capsule ligneuse.
Schrebera arborea a été inclus dans l’espèce Schrebera golungensis Welw., mais ce dernier nom est probablement un synonyme de Schrebera trichoclada Welw.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) (≤ 4μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 48 : 20–40 vaisseaux par millimètre carré.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (62 : fibres à ponctuations distinctement aréolées) ; 65 : présence de fibres cloisonnées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
- Parenchyme axial : 75 : parenchyme axial absent ou extrêmement rare ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; (92 : quatre (3–4) cellules par file verticale) ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
- Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; (107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; (138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons) ; 151 : cristaux styloïdes ou allongés.
Croissance et développement
Au Sénégal, la croissance des semis repiqués s’est révélée assez lente ; en effet, ils ont atteint en moyenne 2,6 m de haut, 5 ans après avoir été plantés. En Côte d’Ivoire, on a constaté que les arbres fleurissaient surtout en octobre–novembre, et que les fruits mûrissaient en février–mars et en novembre. Au Nigeria, les arbres fleurissent en mars–mai, les fruits mûrissant en avril–juin et en décembre. En général, les fruits s’ouvrent alors qu’ils sont encore sur l’arbre. Les graines, pourvues de leurs ailes, sont dispersées par le vent et virevoltent dans leur chute.
Ecologie
Schrebera arborea est fréquent dans la forêt décidue et semi-décidue sèche, jusqu’à 1500 m d’altitude. On le trouve parfois dans les fourrés des régions de savanes et en lisière de forêts ; en Ouganda, il est présent dans la forêt pluviale mixte.
Multiplication et plantation
Schrebera arborea se multiplie par graines et par sauvageons. Les fruits mûrs doivent être cueillis sur l’arbre juste avant qu’ils ne s’ouvrent. On les fait normalement sécher au soleil jusqu’à ce qu’ils s’ouvrent pour en récolter les graines. On compte environ 10 000 graines par kg. Elles peuvent être conservées à l’abri de la chaleur et de l’humidité pendant un certain temps. Il est recommandé de semer les graines avec les ailes tournées vers le haut ; elles peuvent être semées sans traitement préalable. Elles démarrent leur germination 2–4 semaines après le semis, avec un taux de germination modéré.
Gestion
Dans la plupart des régions à l’intérieur de son aire de répartition, les arbres de Schrebera arborea sont à la fois disséminés et rares dans la forêt. Ils sont quelquefois plantés dans les bananeraies et les plantations de cacaoyer. Les arbres plantés peuvent être conduits par recépage et étêtage.
Ressources génétiques
Schrebera arborea est répandu mais n’est récolté que dans des proportions modérées. Dès lors, il est peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique malgré sa rareté. Il est signalé comme en danger au Togo et rare au Ghana.
Perspectives
Bien que Schrebera arborea soit considéré comme une essence à bois d’œuvre précieuse au niveau local, très peu d’informations sont disponibles sur ses taux de croissance et sur des modes de conduite judicieux. Elle mérite de faire l’objet d’études plus approfondies en tant qu’espèce polyvalente qui pourrait être mise en place dans des plantations agroforestières. En Ouganda, il est recommandé de planter Schrebera arborea comme arbre ornemental et d’ombrage dans les plantations de caféier, de cacaoyer et de bananier.
Références principales
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Autres références
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Sources de l'illustration
- Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
Auteur(s)
- S. Pentsil, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
- E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
Citation correcte de cet article
Pentsil, S. & Obeng, E.A., 2012. Schrebera arborea A.Chev. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.
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