Senna petersiana (PROTA)
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Introduction |
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| Médicinal | |
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| Bois de feu | |
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Senna petersiana (Bolle) Lock
- Protologue: Kew Bull. 43(2) : 340 (1988).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 28
Synonymes
- Cassia petersiana Bolle (1861).
Noms vernaculaires
- Dwarf cassia, eared cassia, monkey pod (En).
- Mbaraka, mpingawaume (Sw).
Origine et répartition géographique
Senna petersiana est présent du Cameroun à l’Ethiopie et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. Il a été introduit sur plusieurs îles de l’océan Indien et s’est largement naturalisé à Madagascar.
Usages
Senna petersiana est couramment utilisé comme purgatif pour traiter la constipation, les maux d’estomac et les vers intestinaux : on boit une infusion ou une décoction de racines ou, moins souvent, on utilise les feuilles fraîches. En Afrique australe, parmi les usages médicinaux figurent le traitement du paludisme, de la schistosomose, de la gonorrhée et de la syphilis. En Afrique australe, la pulpe sucrée du fruit est consommée crue par les enfants, et au Malawi, on fait tremper les gousses, on les cuit à l’eau et on les mange en bouillie. Au Mozambique, les graines et les fruits sont à la base d’une boisson alcoolisée. En Zambie, et probablement dans d’autres régions, le bois sert de combustible.
Propriétés
Les composants actifs des feuilles, de l’écorce, des racines et des gousses de Senna petersiana sont des hétérosides anthraquinoniques. Ils sont responsables de l’activité purgative. Les graines contiennent une flavone, la lutéoline. L’extrait à l’éthanol des graines et la lutéoline, que l’on avait testés pour savoir s’ils avaient une activité antivirale, ont montré une certaine activité aux concentrations non toxiques les plus élevées ; la lutéoline a également révélé une activité antibactérienne. L’extrait de feuilles à l’eau et au méthanol a montré une activité schistosomicide in vitro. Les feuilles et les racines font ressortir une activité antipaludique in vitro.
Les hétérosides anthraquinoniques sont présents aussi chez d’autres espèces de Senna, de Cassia et d’Aloe que l’on utilise également pour leurs propriétés laxatives et purgatives.
Description
Arbuste ou petit arbre atteignant 12 m de haut. Feuilles disposées en spirale, composées paripennées, à 4–10(–13) paires de folioles ; stipules réniformes, de 1–2,5 cm de long, acuminées, persistantes ; pétiole jusqu’à 4 cm de long ; folioles lancéolées ou ovales-lancéolées, de 3–10 cm × 1–4 cm, apex acuminé, à pilosité variable. Inflorescence : panicule érigée, terminale ou axillaire, de 15–20 cm de long, à nombreuses fleurs. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; sépales inégaux, atteignant 6 mm de long, arrondis à l’apex ; pétales inégaux, obovales, de 1,5–3 cm de long, jaune vif ; étamines 10, 3 longues, 4 de taille moyenne et 3 rudimentaires ; ovaire supère. Fruit : gousse linéaire, légèrement comprimée, de 12–25 cm × 1–1,5 cm, indéhiscente, sutures se craquelant transversalement, contenant de nombreuses graines. Graines comprimées, ovoïdes à orbiculaires, de 5–7 mm × 4–6 mm, à aréole de couleur olive.
Autres données botaniques
Jusqu’au début des années 1980, le genre Cassia était considéré comme un très vaste genre comptant environ 550 espèces ; par la suite il a été subdivisé en 3 genres : Cassia s.s. comportant une trentaine d’espèces, Chamaecrista comportant environ 250 espèces, et Senna avec environ 270 espèces. Senna ressemble beaucoup à Cassia, mais il s’en distingue par la possession de 3 étamines adaxiales, courtes et droites, et des pédicelles dépourvus de bractéoles.
Senna petersiana est très variable, et en Afrique de l’Est on peut en discerner trois types géographiquement séparés et différents par leur pilosité. En Afrique australe, on rencontre des intermédiaires entre ces trois types et, par conséquent, une distinction formelle entre eux ne se justifie pas.
Ecologie
Senna petersiana est présent en lisière des forêts pluviales, dans les ripisylves, dans les forêts claires décidues, dans les brousses sempervirentes côtières et les savanes arborées jusqu’à 2500 m d’altitude.
Ressources génétiques
Etant donné sa large répartition, Senna petersiana n’est pas considéré comme menacé. Dans les régions où les racines et l’écorce sont utilisées de façon intensive, un suivi des populations est recommandée. Il sera utile d’essayer de faire le lien entre les usages médicinaux et la variation morphologique, car il n’existe pas d’usages médicinaux connus en Ethiopie, peu au Kenya et en Tanzanie, mais beaucoup en Afrique australe.
Perspectives
Senna petersiana gardera une importance locale comme purgatif, mais il a de nombreux substituts. Il est recommandé d’approfondir les recherches sur son potentiel comme remède antipaludique et anti-bilharziose.
Références principales
- Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
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Autres références
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- Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2007. Senna petersiana (Bolle) Lock. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 23 avril 2026.
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