Sloanea rhodantha (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Bois d'œuvre
Fibre


répartition en Afrique (sauvage)
1, ramille en fleurs ; 2, fruit ouvert ; 3, graine. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
fleurs
fleurs

Sloanea rhodantha (Baker) Capuron


Protologue: Adansonia, ser. 2, 12(3) : 386 (1972).
Famille: Elaeocarpaceae

Synonymes

  • Elaeocarpus rhodanthus Baker (1883),
  • Elaeocarpus quadrilobus Jum. & H.Perrier (1916).

Origine et répartition géographique

Sloanea rhodantha est endémique de Madagascar, où il est répandu dans les parties centrale et orientale de l’île.

Usages

Le bois, connu comme “voanana”, est traditionnellement utilisé en construction et pour les planches dans la construction d’habitations, en menuiserie et pour le mobilier. On fabrique des ustensiles de cuisine, tels que des assiettes, des bols et des cuillères, à partir des contreforts, alors que le fût sert à la fabrication de pirogues monoxyles. Le bois convient pour les lambris, les plafonds, les treillis, les poteaux, les piliers, les boiseries intérieures, les ustensiles agricoles, les récipients, les allumettes, le tournage, les placages, le contreplaqué et les panneaux de particules. La pâte de bois sert à la fabrication de papier et le bois à la production de charbon de bois. Les fruits sont utilisés dans des cérémonies rituelles.

Production et commerce international

Le bois n’est utilisé que localement et n’est pas vendu sur le marché international des bois d’œuvre.

Propriétés

Le bois de cœur est rouge violet à brun violet et se démarque nettement de l’aubier qui est de 5–10 cm de large et de couleur blanc jaunâtre. Le fil est variable mais souvent ondulé à contrefil, le grain est moyen à grossier. C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 520–690 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 2,8–4,0% radialement et de 7,0–10,2% tangentiellement. Il est recommandé de le sécher partiellement à l’air avant le séchage au four. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 108–137 N/mm², le module d’élasticité de 8600–10 980 N/mm², la compression axiale de (37–)46–54 N/mm², le cisaillement de 4–6 N/mm², le fendage de 13–17 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 1,9–3,4.

Le bois se scie et se travaille facilement tant à la main qu’à la machine, mais la présence de contrefil peut causer des problèmes lors du rabotage. Les propriétés de cintrage sont bonnes. Le bois n’est pas durable, étant sensible aux attaques cryptogamiques et d’insectes. L’aubier est sensible au bleuissement et aux foreurs Lyctus.

Les extraits de l’écorce de racine ont montré une faible activité d’inhibition sur des souches de Plasmodium falciparum. Plusieurs composés phénoliques ont été isolés en tant que composés actifs.

Description

  • Arbre de taille moyenne à grande, atteignant 40 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, jusqu’à 120(–200) cm de diamètre, muni de contreforts assez fins et étalés, jusqu’à 2 m de haut ; rameaux glabres à courtement poilus.
  • Feuilles disposées en spirale, plus ou moins groupées à proximité de l’apex des rameaux, simples ; stipules minuscules, en forme de cheville ou linéaires, caduques ; pétiole de 0,5–3,5(–6) cm de long, généralement articulé à l’apex ; limbe obovale, de 3,5–15(–18) cm × 1,5–9,5(–11) cm, cunéiforme à arrondi à la base, obtus à arrondi ou courtement acuminé à l’apex, bords entiers à légèrement dentés, papyracé à coriace, glabre à légèrement poilu, pennatinervé à 3–7 paires de nervures latérales.
  • Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles sur les rameaux, pendantes, bisexuées, régulières, 4–6(–8)-mères, grandes et voyantes ; pédicelle de 2–4,5 cm de long ; sépales libres, triangulaires, de 0,5–1 cm de long, pubescents ; pétales libres ou soudés variablement, de 1,5–3 cm de long, irrégulièrement lobés ou dentés à l’apex, rose foncé à rouge ; étamines nombreuses, de 0,5–1 cm de long, jaunes ; disque d’environ 1 cm de diamètre, plat, pubescent ; ovaire supère, conique, d’environ 0,5 cm de long, pubescent, (3–)4–5-loculaire, à style étroitement conique jusqu’à 1 cm de long.
  • Fruit : capsule ovoïde-oblongue, de 6–11 cm × 3–7 cm, lisse mais à nombreuses petites lenticelles blanchâtres, brune, munie d’un disque en coussin persistant à la base, déhiscente par (3–)4–5 valves ligneuses, chaque loge contenant 1–10 graines.
  • Graines oblongues, d’environ 1 cm de long, noires, à arille orange-rouge, charnu, irrégulièrement lobé.

Autres données botaniques

Le genre Sloanea comprend une centaine d’espèces et se rencontre dans toutes les régions tropicales et subtropicales à l’exception de l’Afrique continentale. Seul Sloanea rhodantha se trouve à Madagascar.

Sloanea rhodantha est variable, notamment dans la taille, la forme et la pilosité de la feuille, la forme des pétales et le nombre d’étamines. Deux variétés ont été distinguées ; var. rhodantha a des feuilles glabres au-dessous, var. dalechampioides (Baker) Capuron est courtement poilue.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 21 : ponctuations intervasculaires opposées ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 75 : parenchyme axial absent ou extrêmement rare ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 102 : hauteur des rayons > 1 mm ; 103 : rayons de deux tailles différentes ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; (110 : présence de cellules bordantes) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 154 : plus d’un cristal approximativement de même taille par cellule ou par loge (dans les cellules cloisonnées).
(E.A. Obeng, P.E. Gasson & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Les arbres fleurissent d’octobre à mars.

Ecologie

Sloanea rhodantha se rencontre en forêt primaire dense, humide, à (300–)400–2000 m d’altitude. Il est très commun dans la forêt de moyenne altitude à 800–1200 m.

Gestion

Sloanea rhodantha est commun par endroits ; on a enregistré jusqu’à 650 arbres ayant un diamètre de fût supérieur à 10 cm par ha. Cependant, en général, la régénération naturelle est considérée comme médiocre.

Ressources génétiques

Sloanea rhodantha est assez répandu à Madagascar et abondant par endroits. Cependant, la fragmentation que la forêt subit actuellement le rend plus susceptible à l’érosion génétique car il est caractéristique de la forêt non perturbée.

Perspectives

Des recherches sur sa multiplication et sa sylviculture sont indiquées afin d’assurer une gestion durable à l’avenir de cette essence localement importante mais assez mal connue.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Cao, S., Ranarivelo, L., Ratsimbason, M., Randrianasolo, S., Ratovoson, F., Andrianjafy, M. & Kingston, D.G., 2006. Antiplasmodial activity of compounds from Sloanea rhodantha (Baker) Capuron var. rhodantha form the Madagascar rain forest. Planta Medica 72(15): 1438–1440.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Guéneau, P. & Guéneau, D., 1969. Propriétés physiques et mécaniques des bois malgaches. Cahiers scientifiques No 2, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 51 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Tirel, C., 1985. Elaeocarpaceae. Flore de Madagascar et des Comores, famille 125. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 53 pp.
  • Wiselius, S.I. & Sosef, M.S.M., 1998. Sloanea L. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 527–529.

Autres références

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Brown, K.A., Ingram, J.C., Flynn, D.F.B., Razafindrazaka, R. & Jeannoda, V., 2009. Protected area safeguard tree and shrub communities from degradation and invasion: a case study in eastern Madagascar. Environmental Management 44: 136–148
  • Capuron, R., 1966. Etudes sur les essences forestières de Madagascar: Sloanea rhodantha (Baker) Capuron, Elaecarpaceae, voanana. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 7 pp.
  • Coode, M.J.E., 1983. A conspectus of Sloanea (Elaeocarpaceae) in the Old World. Kew Bulletin 38(3): 347–427.
  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
  • Guéneau, P., 1971. Bois et essences malgaches. Bulletin de Madagascar 305–306: 777–819.
  • Guéneau, P., 1972. Bois et essences malgaches. Bulletin de Madagascar 310: 235–277.
  • Miandrimanana, C., 2008. Description, distribution, écologie et risque d’extinction de quelques espèces endémiques de Madagascar dans la famille des Elaeocarpaceae. Mémoire de D.E.A., Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo, Madagascar. 98 pp.

Sources de l'illustration

  • Tirel, C., 1985. Elaeocarpaceae. Flore de Madagascar et des Comores, famille 125. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 53 pp.

Auteur(s)

  • S. Rakotonandrasana, Centre National d’Application des Recherches Pharmaceutiques, B.P. 702, 101 Antananarivo, Madagascar

Citation correcte de cet article

Rakotonandrasana, S., 2012. Sloanea rhodantha (Baker) Capuron. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.


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