Sphagnum cuspidatum (PROTA)
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Introduction |
Sphagnum cuspidatum Ehrh. ex Hoffm.
- Protologue: Deutschl. Fl. 2 : 22 (1796).
- Famille: Sphagnaceae
- Nombre de chromosomes: n = 19 + 2
Synonymes
- Sphagnum gabonense Warnst. (1911).
Noms vernaculaires
- Sphaigne (Fr).
- Feathery bog-moss, toothed sphagnum (En).
Origine et répartition géographique
Sphagnum cuspidatum est présent sur tous les continents. En Afrique, il est répertorié au Gabon, au Congo, en R.D. du Congo, au Rwanda, en Ouganda et à Madagascar.
Usages
Au Gabon, la mousse Sphagnum cuspidatum se récolte pour garnir des coussins et des matelas. Les mousses du genre Sphagnum, dont Sphagnum cuspidatum, sont couramment utilisées dans l’industrie florale pour les couronnes ou le garnissage des suspensions fleuries. En raison de la structure particulière de sa feuille, qui permet à la plante d’absorber et de stocker de l’eau plusieurs fois son propre poids, Sphagnum est souvent utilisé pour le rempotage de nouvelles plantes. Mélangé à de la matière organique partiellement décomposée, c’est un bon substrat de germination pour les graines. Sphagnum est parfois utilisé dans les caisses servant à emballer des marchandises fragiles. On l’utilisait autrefois comme emplâtre antiseptique pour arrêter le saignement des plaies.
Dans les pays tempérés, les tourbières de Sphagnum étaient jadis exploitées comme source de tourbe combustible. Ce sont les débris morts et partiellement décomposés accumulés dans les couches inférieures de la tourbière qui sont employés. La tourbe de Sphagnum est aussi couramment employée par les jardiniers comme améliorant du sol.
Production et commerce international
Sphagnum est vendu dans les régions tempérées et à petite échelle dans les tropiques, en Asie du Sud-Est par exemple ; en Afrique tropicale, ce commerce est probablement insignifiant.
Propriétés
Dans des essais, des extraits de Sphagnum ont montré une activité antibiotique contre des bactéries gram-positives.
Botanique
Mousse dioïque, à tige mince et fragile, de taille moyenne, croissant en touffes verdâtres, ayant l’aspect de plumes chez les plantes submergées ; tige revêtue d’un cortex de 2–3 couches de cellules, nettement différenciées du cylindre central verdâtre ; rameaux en fascicules de 3–5(–6). Feuilles de la tige triangulaires, 1–1,5(–2) mm × 0,5–1 mm, aiguës à arrondies à l’apex ; feuilles des rameaux étroitement ovales-lancéolées, de 1,5–4 mm × environ 0,5 mm, souvent légèrement dentées et enroulées près de l’apex. Cellules foliaires en couche unique, constituées de 3 principaux types : cellules du bord allongées, cellules vertes vivantes étroites et cellules hyalines mortes gonflées ; chez les feuilles des rameaux, les cellules vertes sont de section triangulaire ou trapézoïdale et exposées sur la face dorsale, les cellules hyalines ont des fibrilles pariétales et jusqu’à 10 pores. Capsule globuleuse, au sommet d’un pédoncule transparent, contenant de nombreux spores brun jaunâtre.
En général, les espèces de Sphagnum croissent lentement. La croissance peut être légèrement supérieure à 5 cm par an, mais à haute altitude elle est bien inférieure. Les capsules mûres rétrécissent par temps sec pour accumuler une pression interne qui fait exploser le couvercle et éjecte les spores, mais il n’est pas rare que ce mécanisme ne fonctionne pas ; le couvercle tombe tout simplement, ou bien la capsule se désintègre.
Sphagnum est un genre comportant au moins plusieurs centaines d’espèces ; il est présent dans le monde entier. En Afrique, il en y a environ 30 espèces.
Ecologie
Sphagnum cuspidatum est une espèce dominante qui flotte sur les bassins tourbeux et les cuvettes inondées ; il pousse sur l’humus détrempé des forêts et au pied des arbres où il forme une alternance de bosses et de creux à côté des tapis de végétation de tourbière.
Dans les zones humides où les mousses de type Sphagnum sont les végétaux dominants, elles consomment du méthane grâce à une symbiose avec des bactéries partiellement endophytes méthanotrophes, ce qui crée un recyclage extrêmement efficace in situ du méthane et empêche son émission à grande échelle dans l’atmosphère. Les bactéries sont présentes dans les cellules hyalines de la plante.
Gestion
Au Gabon, la plante se récolte à la saison sèche et on la fait sécher au soleil avant de l’utiliser pour le garnissage. Une maladie chez l’homme que l’on nomme sporotrichose cutanée et qui provoque des lésions ulcéreuses de la peau est due à un champignon qui peut être présent chez les mousses du genre Sphagnum. Elle est connue aux Etats-Unis, mais il se peut qu’elle soit présente dans d’autres pays. Il est recommandé aux personnes qui travaillent régulièrement avec des Sphagnum frais ou secs de porter des gants et des manches longues afin d’éviter tout contact direct avec des coupures ou des éraflures sur la peau.
Ressources génétiques
La consommation commerciale de sphaignes dépend des peuplements naturels. Cela crée un risque durable de surexploitation pour cette plante essentielle sur le plan écologique.
Perspectives
Les sphaignes vont sans doute rester un produit végétal d’importance très limitée en Afrique. Dans les régions tempérées, elles resteront une source importante de matériau de rempotage, mais l’absence de possibilités de culture commerciale et le besoin croissant de protéger son milieu dans les zones humides peuvent devenir des facteurs limitants pour sa production.
Références principales
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Autres références
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- Walker, A., 1950. Etude sur quelques plantes aquatiques du Gabon. Revue Internationale de Botanique Appliquée et d’Agriculture Tropicale 50(327/328): 439–440.
Sources de l'illustration
- Tan, B.C., 2003. Sphagnum L. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 15(2): Cryptogams: Ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 197–199.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 22 avril 2026.
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