Strophanthus amboensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Ornemental


Strophanthus amboensis (Schinz) Engl. & Pax


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 15 : 376 (1892).
Famille: Apocynaceae

Synonymes

  • Strophanthus intermedius Pax (1892).

Origine et répartition géographique

Strophanthus amboensis est présent depuis l’ouest de la R.D. du Congo jusqu’à l’Angola et la Namibie.

Usages

En Angola, les racines ou les feuilles de Strophanthus amboensis se prennent en décoction contre les rhumatismes. Les Luvales utilisent la racine en lavement pour traiter les maladies vénériennes. Les Luchazis mélangent la racine écrasée avec de l’huile et appliquent cette pommade pour traiter la gale. En Namibie, les graines servent à préparer un poison de flèche.

Propriétés

On a isolé des graines une dizaine d’hétérosides cardiaques (cardénolides) dont les plus importants ont la sarvérogénine comme fraction aglycone : il s’agit principalement de l’intermédioside et du panstroside, et de traces d’amboside, de leptoside, de kwangoside et de sarvéroside. Ces hétérosides sont fortement toxiques. On a également isolé des aglycones, la sarvérogénine et la sarmentogénine. On a aussi isolé de la sarvérogénine des racines et de l’écorce après hydrolyse. La leptoside a une faible action cardiostimulante.

Des cultures de suspension de cellules de feuilles, auxquelles on avait ajouté de la digitoxigénine, ont produit 6 produits de transformation, comme la périplogénine.

Description

Arbuste caducifolié atteignant 4 m de haut ou liane atteignant 20 m de long, à exsudat clair ou blanc, glabre à poilu sur toutes ses parties ; tige atteignant 20 cm de diamètre ; écorce gris pâle ; rameaux à lenticelles peu nombreuses à nombreuses, brun pâle ou brun violet. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–9 mm de long ; limbe ovale à largement ovale, de 2–12,5 cm × 1–6,5 cm, base cunéiforme, arrondie à légèrement cordée, apex arrondi ou acuminé, papyracé ou finement coriace, à points translucides. Inflorescence : cyme terminale dichasiale, disposée sur des rameaux longs ou courts, ou dans les fourches, lâche à serrée, à 1–12 fleurs ; pédoncule de 0–1 cm de long ; bractées ovales, étroitement ovales ou étroitement triangulaires, de 2–6 mm de long, caduques. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 0,5–2 cm de long ; sépales libres, légèrement inégaux, ovales ou obovales, de 3–11 mm de long, obtus ou aigus ; tube de la corolle de 15–27 mm de long, s’élargissant à 15–35% de sa longueur en une partie cylindrique supérieure, de 6–13 mm de large à la gorge, à poils courts, jaune orangé virant au violet en passant par le rouge foncé, veiné de blanc à l’intérieur, lobes de la couronne en forme de langue, de 2,5–7,5 mm de long, obtus, charnus, finement poilus, rose ou bleu violet, lobes de la corolle ovales, s’amenuisant en étroite queue étalée, lobes de 25–75 mm de long (queue comprise), poilus, la face extérieure violet rougeâtre du côté droit et jaune blanchâtre du côté gauche, la face intérieure jaune ; étamines insérées à 5–7,5 mm de la base du tube de la corolle, incluses ; ovaire semi-infère, 2-loculaire, style de 5–7,5 mm de long, terminé par une tête de pistil en anneau entourant le stigmate. Fruit constitué de 2 follicules ellipsoïdes de 12–27 cm × 1,5–2,5 cm, s’amenuisant en un large apex obtus, à 2 valves, divergeant de 180–270°, à paroi épaisse et dure, contenant de nombreuses graines. Graines fuselées, légèrement aplaties, de 8–16 mm × 2–4,5 mm, densément pubescentes, pourvues à l’apex d’un long bec atteignant 10 cm de long, glabre sur la moitié inférieure et garni sur la moitié supérieure de longs poils atteignant 7 cm de long.

Autres données botaniques

Le genre Strophanthus comprend 38 espèces, dont 30 en Afrique continentale, 1 à Madagascar et 7 en Asie, de l’Inde à l’Asie du Sud-Est. Strophanthus amboensis est une espèce variable. Il fleurit vers la fin de la saison sèche et le début de la saison des pluies ; ses fleurs apparaissent avant ou en même temps que les feuilles. Ses fruits mûrissent au début de la saison sèche.

Ecologie

Strophanthus amboensis est présent à la lisière des forêts, dans les zones boisées et les maquis épineux, souvent dans les fissures de rochers, à 450–2000 m d’altitude.

Ressources génétiques

Relativement répandu, Strophanthus amboensis n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les usages médicinaux de Strophanthus amboensis resteront limités localement dans sa zone de répartition, à moins que de nouvelles études sur ses composants chimiques ne révèlent de nouvelles possibilités. Strophanthus amboensis possède des fleurs d’une rare beauté, qui en font une intéressante plante ornementale.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1982. A monograph on Strophanthus DC. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 82–4. Wageningen, Netherlands. 191 pp.
  • McKenzie, A.G., 2002. The rise and fall of strophanthin. International Congress Series 1242: 95–100.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Autres références

  • Hoffmann, L., 2005. Baum des Monats Februar. Wilde Mispel (Vangueria infausa) und Strophanthus amboensis. [Internet] Algemeine Zeitung online. Tourismus Namibia. Windhoek, Namibia. http://www.az.com.na/ index.php?page=news/ news.php&identifier=1079864137&id=10238 October 2005.
  • Kawaguchi, K., Hirotani, M. & Furuya, T., 1988. Biotransformation of digitoxigenin by cell suspension cultures of Strophanthus amboensis. Phytochemistry 27: 3475–3479.
  • Kawaguchi, K., Hirotani, M. & Furuya, T., 1989. Biotransformation of digitoxigenin by cell suspension cultures of Strophanthus intermedius. Phytochemistry 28: 1093–1097.
  • Omino, E.A., 2002. Apocynaceae (part 1). In: Beentje, H.J. & Ghazanfar, S.A. (Editors). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 116 pp.
  • Schindler, O., 1956. Die Glykoside der Samen von Strophanthus amboensis (Schinz) Engl. et Pax. 2. Mitteilung. Glykoside und Aglykone, 157. Mitteilung. Helvetica Chimica Acta 39(1): 64–79.
  • Von Euw, J., Hess, H., Speiser, P. & Reichstein, T., 1951. Die Glycoside von Strophanthus intermedius Pax. Glycoside und Aglykone, 82. Mitteilung. Helvetica Chimica Acta 34(6): 1821–1833.
  • Wall, M.E., 1955. Steroidal sapogenins. 25. Survey of plants for steroidal sapogenins and other constituents. Journal of the American Pharmacology Association 44(7): 438.

Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2006. Strophanthus amboensis (Schinz) Engl. & Pax. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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