Strophanthus preussii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal
Ornemental
Fibre


Strophanthus preussii Engl. & Pax


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 15 : 369 (1892).
Famille: Apocynaceae

Noms vernaculaires

  • Spider tresses, poison arrow vine (En).

Origine et répartition géographique

Strophanthus preussii se rencontre dans la zone des forêts d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, depuis la Sierra Leone jusqu’à la Centrafrique, à l’Ouganda et au nord de la Tanzanie, et vers le sud jusqu’au sud de la R.D. du Congo et l’Angola.

Usages

En Côte d’Ivoire, le latex ou les jeunes feuilles broyées dans l’eau s’emploient dans le traitement de la gonorrhée. La décoction de feuilles se prend pour soulager les douleurs post-partum en Centrafrique. En R.D. du Congo, on applique le latex sur les écorchures et les blessures pour favoriser leur cicatrisation. Le latex ou les graines servent à la confection des mélanges de poison de flèche au Liberia et en R.D. du Congo, mais étant donné qu’ils sont moins toxiques que ceux de Strophanthus gratus (Wall. & Hook.) Baill. ou de Strophanthus hispidus DC., ils sont de second choix. Les tiges servent dans le sud du Nigeria à fabriquer des arcs. On se servait jadis du latex pour faire coaguler celui de Funtumia au Ghana. En Centrafrique, la fibre sert à faire des lignes de pêche, des filets et des cordes. Au Gabon, les jeunes feuilles cuites seraient consommées comme légume. Strophanthus preussii se vend comme ornementale aux Etats-Unis pour ses superbes fleurs à la corolle munie de très longues queues. Les branches fleuries sont parfois utilisées comme fleurs à couper.

Propriétés

Les graines de Strophanthus preussii ne sont pas riches en hétérosides cardiaques (cardénolides) ; elles n’en contiennent que 0,5–1%. Ces hétérosides ont pour base aglycone principale la périplogénine, avec pour composés principaux la périplocine, la périplocymarine et l’émicymarine. De petites quantités d’hétérosides dont la base aglycone est la strophanthidine sont également présentes. La toxicité de la périplocine, de la périplocymarine et de l’émicymarine, qui sont fortement cardioactives, n’est que légèrement inférieure à celle de l’ouabaïne, composant réputé que l’on trouve chez d’autres Strophanthus spp., notamment Strophanthus gratus.

Description

Liane sempervirente atteignant 12 m de long ou, moins souvent, arbuste atteignant 5 m de haut, à exsudat clair ou blanc, tige faisant jusqu’à 2,5 cm de diamètre ; rameaux à lenticelles peu nombreuses à très nombreuses, rougeâtres à brun-violet. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–9(–14) mm de long ; limbe ovale ou elliptique à légèrement obovale, de 2–18,5 cm × 1,5–7,5 cm, base cunéiforme, arrondi à légèrement cordé (rare), apex acuminé, papyracé ou finement coriace, glabre. Inflorescence : cyme terminale dichasiale, disposée sur des rameaux longs ou courts ou dans les fourches, lâche, portant peu à beaucoup de fleurs ; pédoncule de 0–24(–35) mm de long ; bractées ovales ou orbiculaires à obovales, de 4–20 mm de long, parfois caduques. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, odorantes ; pédicelle de 4–25 mm de long ; sépales libres, inégaux, ovales à étroitement ovales ou linéaires, de 4–25 mm de long, aigus ou obtus ; tube de la corolle de 12–26 mm de long, s’élargissant à 40–66% de sa longueur en une partie supérieure en forme de coupe, faisant 7–17 mm de large à la gorge, finement poilu sauf à l’extérieur près de la base, blanc virant à l’orange rougeâtre en passant par le jaune, à l’extérieur parsemé de rose à la base et de rouge près de l’apex, intérieur tacheté et strié de rouge, lobes de la couronne en forme de langue, de 1–2,5 mm de long, arrondis, charnus, finement poilus, jaunes virant à l’orange, striés de rose ou de violet, lobes de la corolle ovales, s’amenuisant progressivement en une étroite queue étalée, lobes de 25–75 mm de long (queue comprise), finement poilus sauf à l’apex, blancs et à 3 lignes roses, le blanc virant au jaune ; étamines insérées à 8–14,5 mm de la base du tube de la corolle, exsertes ou incluses ; ovaire semi-infère, 2-loculaire, style de 7,5–13,5 mm de long, terminé par une tête de pistil en forme d’anneau entourant le stigmate. Fruit constitué de 2 follicules ellipsoïdes de (13–)15–29 cm × 1–3 cm, s’amenuisant en un étroit apex obtus, ou à protubérance grosse ou petite, à 2 valves, divergeant de 160–190°, à paroi relativement épaisse et dure, légèrement ou nettement cannelée, glabre, à nombreuses lenticelles allongées, contenant de nombreuses graines. Graines fuselées, de 12–20 mm × 2–3,5 mm, densément poilues, pourvues à l’apex d’un long bec atteignant 6 cm de long, glabre sur 3–8 mm dans la partie basale et garni dans la partie supérieure de long poils atteignant 10 cm de long.

Autres données botaniques

Le genre Strophanthus comprend 38 espèces, dont 30 en Afrique continentale, 1 à Madagascar et 7 en Asie, de l’Inde à l’Asie du Sud-Est. Strophanthus preussii est apparenté à Strophanthus barteri Franch. et Strophanthus gracilis K.Schum. & Pax.

Strophanthus barteri

Strophanthus barteri est une mince liane de la zone des forêts d’Afrique de l’Ouest et de la partie ouest de l’Afrique centrale. Au Ghana, l’écorce de la tige se prend en décoction pour traiter la diarrhée, usage qui a été étayé par des essais pharmacologiques. En Côte d’Ivoire, il s’est raréfié à la suite d’une récolte trop intensive.

Strophanthus gracilis

Strophanthus gracilis est présent du Nigeria au Gabon, dans les forêts côtières et fluviales. Les graines et le latex servent aux poisons de chasse et de pêche. Il possède une teneur élevée en hétérosides cardiaques.

Croissance et développement

Strophanthus preussii fleurit à la saison sèche et dans la première partie de la longue saison des pluies ; son fruit mûrit à la saison sèche.

Ecologie

Strophanthus preussii est présent dans les forêts primaires et secondaires humides, dans les forêts-galeries, en lisière et dans les clairières de forêts, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1400 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Strophanthus preussii peut être multiplié par graines ou par boutures de rameau herbacé.

Gestion

Une fois rempoté, Strophanthus preussii se développe en un arbuste de 1–2 m. Il a besoin d’être conservé à une température minimale de 25°C, en semi-ombrage. Il faut le planter dans une terre fertile, riche en humus et bien drainée, et l’arroser régulièrement. Un sol légèrement alcalin est préférable. Strophanthus preussii peut perdre ses feuilles à la saison fraîche et sèche.

Récolte

Il faut laisser sécher les fruits sur pied avant de les récolter et de les ouvrir pour récolter les graines.

Ressources génétiques

Etant donné sa vaste répartition et la variation de ses milieux, Strophanthus preussii n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Strophanthus preussii ne dépassera pas le cadre local, car il ne contient que de faibles taux d’hétérosides. Comme plante ornementale, il est prometteur.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1982. A monograph on Strophanthus DC. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 82–4. Wageningen, Netherlands. 191 pp.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.

Autres références

  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Quarm, I., 1989. Antidiarhoeal properties and some preliminary chemical investigation on the stem of Strophanthus barteri. B. Pharm. Degree thesis, Faculty of Pharmacy, Kwame Nkrumah University of Science and Technology, Kumasi, Ghana. 156 pp.
  • Rosselet, J.P. & Reichstein, T., 1953. Die Glykoside von Strophanthus gracilis K. Schum. et Pax. 2. Mitteilung. Odorosid H und Gracilosid. Glykoside und Aglykone. 109. Mitteilung. Helvetica Chimica Acta 36(4): 787–801.

Sources de l'illustration

  • Beentje, H.J., 1982. A monograph on Strophanthus DC. (Apocynaceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 82–4. Wageningen, Netherlands. 191 pp.

Auteur(s)

  • H.J. Beentje, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom

Citation correcte de cet article

Beentje, H.J., 2006. Strophanthus preussii Engl. & Pax. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l'Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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