Strychnos camptoneura (PROTA)
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Introduction |
Strychnos camptoneura Gilg & Busse
- Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 36: 93 (1905).
- Famille: Loganiaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 44
Origine et répartition géographique
Strychnos camptoneura est présent depuis le Liberia jusqu’en Centrafrique et en R.D. du Congo.
Usages
Au Cameroun, on consomme l’écorce ou bien on prend une macération d’écorce dans de l’eau ou du vin de palme pour traiter les défaillances sexuelles. Au Cameroun et au Congo, Strychnos camptoneura est utilisé pour traiter le paludisme. Au Congo, la tisane d’écorce de tige édulcorée avec du miel se prend pour traiter les maux d’estomac, les douleurs rénales et la hernie. La décoction chaude de feuilles ou d’écorce ou l’écorce sèche en poudre s’appliquent sur les blessures et les ulcères. En Centrafrique et au Congo, l’écorce de racine de Strychnos camptoneura mélangée au jus de Periploca nigrescens Afzel. et parfois à d’autres espèces de plantes, s’utilise comme poison de flèche. Au Liberia et au Cameroun, le fruit sert de poison pour la pêche, et en Centrafrique c’est la racine.
Propriétés
Strychnos camptoneura est riche en alcaloïdes. La teneur totale des feuilles en alcaloïdes est supérieure à 2%. Au moins 10 alcaloïdes indoliques monomères ont été isolés ; les feuilles contiennent de l’antirhine, alcaloïde tertiaire de la classe des vallésiachotamines, sa base quaternaire, le méthobromure d’antirhine et de l’angustine triazotée, également présente dans l’écorce de tige. L’écorce de tige contient en outre un alcaloïde tétracyclique de la classe des akagérines : l’akagérine, son isomère : la kribine, de la camptoneurine triazotée, un alcaloïde du type rétuline : la rétuline, son dérivé la rétuline-N-oxyde, et des alcaloïdes du type ajmalicine : l’alstonine et la serpentine. Il y a également de la rétuline, de l’alstonine et de la serpentine dans l’écorce de racine.
Les extraits d’écorce de tige et d’écorce de racine ont une puissante activité myorelaxante. Un extrait brut de racine à l’éthanol n’a pas eu d’effet toxique significatif sur une souche de Plasmodium falciparum sensible à la chloroquine. La serpentine, présente en grandes quantités chez Rauvolfia serpentina (L.) Benth. ex Kurz, est connue pour inhiber la topoïsomérase II et elle a montré une activité cytotoxique contre certaines lignées de cellules tumorales, par exemple le mélanome B16 et le carcinome HeLa. La rétuline a eu une importante activité anti-œdematogène lors d’essais anti-inflammatoires réalisés sur des rats. L’akagérine est un puissant agent convulsivant, mais 100 fois moins actif que la strychnine. La kribine provoque des convulsions cloniques et toniques.
Description
Grande liane atteignant 120 m de long, grimpant avec des vrilles en 1–3 paires ; tige atteignant 25 cm de diamètre ; rameaux luisants et vert foncé, glabres. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 7–17 mm de long, glabre ; limbe elliptique à ovale, de 6–22(–31) cm × 3–10(–12) cm, base cunéiforme à arrondie, apex aigu à courtement acuminé, glabre, à 3 nervures partant de la base. Inflorescence : thyrse axillaire ou parfois solitaire terminal, lâche ou congestionné, de 4,5–6,5 cm de long, à fleurs peu nombreuses. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; sépales fusionnés à la base, orbiculaires, atteignant 3,5 mm de long ; tube de la corolle campanulé ou cylindrique, atteignant 6 mm de long, lobes de la corolle triangulaires à ovales, de 4–6 mm de long, aigus, étalés ou retroussés, épais, glabres à l’extérieur, blancs ou jaunes, intérieur pourvu d’une couronne 5-lobée finement poilue ou ondulée ; étamines insérées à la gorge de la corolle, incluses ; ovaire supère, ovoïde, de 3–4 mm de long, glabre, 2-loculaire, style atteignant 5,5 mm de long, stigmate capité. Fruit : baie globuleuse à ellipsoïde ou légèrement piriforme de 6–20 cm de diamètre, glauque pâle à jaune, paroi épaisse, dure, pulpe orange, contenant des fibres très résistantes, à 10–nombreuses graines. Graines obliquement orbiculaires à ovoïdes, aplaties, de 25–50 mm × 20–40 mm × 3–6 mm, glabres, lisses, à aile étroite et irrégulière de 1–6 mm de large.
Autres données botaniques
Le genre Strychnos comprend environ 200 espèces : environ 60 en Asie, 65 en Amérique et 75 en Afrique. Strychnos camptoneura est la seule espèce de la section Scyphostrychnos.
Ecologie
Strychnos camptoneura est présent dans les forêts pluviales, y compris les forêts secondaires, jusqu’à 700 m d’altitude.
Ressources génétiques
Strychnos camptoneura est relativement répandu et ne semble pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Strychnos camptoneura est voué à ne garder qu’un usage limité, à moins que des recherches pharmacologiques plus poussées sur les alcaloïdes ne viennent mettre en lumière des possibilités intéressantes pour l’élaboration de médicaments.
Références principales
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Leeuwenberg, A.J.M., 1969. The Loganiaceae of Africa 8. Strychnos 3. Revision of the African species with notes on the extra-African. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 69–1. Wageningen, Netherlands. 316 pp.
- Leeuwenberg, A.J.M. (Editor), 1980. Angiospermae: Ordnung Gentiales. Fam. Loganiaceae. Die natürlichen Pflanzenfamilien. Second Edition. Band 28 b-1. Duncker & Humblot, Berlin, Germany. 255 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Ohiri, F.C., Verpoorte, R. & Baerheim Svendsen, A., 1983. The African Strychnos species and their alkaloids: a review. Journal of Ethnopharmacology 9(2–3): 167–223.
Autres références
- Betti, J.L., 2003. Plantes utilisées pour soigner le paludisme dans la réserve du Dja, Cameroun. Revue de Médecines et Pharmacopées Africaines 17: 121–130.
- Bouquet, A., 1969. Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville). Mémoires ORSTOM No 36. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 282 pp.
- Dassonneville, L., Bonjean, K., De Pauw-Gillet, M.-C., Colson, P., Houssier, C., Quetin-Leclercq, J., Angenot, L. & Bailly, C., 1999. Stimulation of topoisomerase II-mediated DNA cleavage by three DNA-intercalating plant alkaloids: cryptolepine, matadine, and serpentine. Biochemistry 38(24): 7719–7726.
- Frédérich, M., Hayette, M.P., Tits, M., De Mol, P. & Angenot, L., 1999. In vitro activities of Strychnos alkaloids and extracts against Plasmodium falciparum. Antimicrobial Agents and Chemotherapy 43(9): 2328–2331.
- Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
- Noumi, E., Amvan Zollo, P.H. & Lontsi, D., 1998. Aphrodisiac plants used in Cameroon. Fitoterapia 69: 125–135.
Auteur(s)
- A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
de Ruijter, A., 2008. Strychnos camptoneura Gilg & Busse. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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