Syzygium cordatum (PROTA)

De Pl@ntUse
Aller à la navigation Aller à la recherche
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Glucides / amidon
Médicinal
Bois d'œuvre
Ornemental
Fourrage
Sécurité alimentaire


Syzygium cordatum Hochst. ex Sond.


Protologue: Flora 27: 425 (1844).
Famille: Myrtaceae

Noms vernaculaires

  • Water berry, water wood, water tree (En).
  • Timuncho (Po).
  • Mzambarau ziwa, myamayu, mlati (Sw).

Origine et répartition géographique

Syzygium cordatum est réparti de la R.D. du Congo jusqu’au Kenya et en Afrique du Sud.

Usages

Le bois est utilisé pour confectionner des mortiers, des ustensiles, en construction, pour les chevrons, les poutres et les poteaux, pour la fabrication de meubles, d’encadrements de fenêtres et de ruches. Sa durabilité dans l’eau le rend particulièrement adapté à la construction navale et, en Afrique du Sud, les grumes servent traditionnellement à fabriquer les jetées et cales de lancement autour des marais de la région de Kosi Bay. Le bois convient en outre aux revêtements de sol, aux boiseries intérieures, à la menuiserie, aux jouets, aux bibelots, au tournage, aux traverses de chemin de fer, aux étais de mine, aux placages et au contreplaqué. Il est prisé comme bois de feu et utilisé pour la fabrication de charbon de bois. La fumée du bois en train de se consumer est employée pour l’étuvage des citernes à lait.

Le fruit est comestible mais relativement fade. Les enfants en sont friands. Il sert également à faire des gelées et des boissons alcoolisées. Il produit un colorant violet, tandis que de l’écorce on tire un colorant orange ou brun rougeâtre. L’arbre est l’hôte du papillon Micragone cana, dont on ramasse les chenilles comestibles. Les fleurs fournissent du nectar aux abeilles.

En médecine traditionnelle, la décoction de racine se boit contre l’aménorrhée. Les maux de tête se traitent avec des frictions de cendres du bois sur le front. L’écorce de racine et l’écorce de tige en décoction se prennent dans le traitement du paludisme. Les racines et l’écorce se prennent en infusion pour traiter la toux, et en décoction contre l’indigestion. L’écorce est utilisée comme émétique et pour traiter la diarrhée, les problèmes gastriques, les maux de tête, l’aménorrhée, les plaies et les affections respiratoires. L’extrait de feuille se boit contre la toux, et l’infusion de feuilles contre la diarrhée et les maux d’estomac, ainsi que pour ses vertus purgatives. Les feuilles, l’écorce et les racines broyées, macérées dans de l’eau, s’appliquent en cataplasme comme galactagogue. La poudre d’écorce s’asperge sur l’eau comme poison pour la pêche.

Propriétés

Le bois de cœur est rouge-brun ou rose-brun à grisâtre, et n’est pas nettement démarqué de l’aubier. Le fil est habituellement droit, parfois ondulé ou contrefil, le grain est fin et régulier.

C’est un bois modérément lourd, d’une densité de 610–830 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage à l’air est lent, et s’accompagne d’une nette tendance à la déformation et au fendage. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont élevés : de 4,0% radialement et de 10,1% tangentiellement. Le vieillissement à l’eau rend le bois plus durable. Le bois est moyennement dur et moyennement résistant. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 75 N/mm², le module d’élasticité de 7250 N/mm², la compression axiale de 45 N/mm² et le cisaillement de 14 N/mm².

Le bois se scie facilement et se travaille bien avec des outils classiques. Un pré-perçage est nécessaire lors du clouage ; les propriétés de rétention sont bonnes. Les propriétés de moulage sont bonnes, et le rabotage donne une surface lisse qui prend un beau poli. Il se colle de façon satisfaisante. Le bois serait durable, particulièrement dans l’eau. Au Zimbabwe, on a noté qu’il était résistant aux termites. L’aubier est sensible aux insectes foreurs du type Lyctus. Le bois de cœur est très rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier est moyennement perméable. Le bois résiste aux incendies.

Des extraits au méthanol et à l’eau de l’écorce ont fait ressortir une activité antifongique in vitro contre Candida albicans. Des extraits de feuilles ont montré une activité hypoglycémique in vivo chez des rats. L’écorce et le bois contiennent des proanthocyanidines, des triterpénoïdes pentacycliques, des triterpénoïdes stéroïdiques, de l’acide ellagique et de l’acide gallique. Les propriétés antidiarrhéiques de l’écorce peuvent être dues à la présence de composés phénoliques.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne, sempervirent, atteignant 20 m de haut ; fût atteignant 60 cm de diamètre, rarement droit, souvent ramifié et noueux, parfois à contreforts ; surface de l’écorce rugueuse, se desquamant ou fissurée, brun pâle ou foncé ; cime dense, étalée ; rameaux quadrangulaires ou légèrement ailés.
  • Feuilles opposées, groupées à l’extrémité des branches, simples et entières ; pétiole atteignant 2,5(–5) mm de long ; limbe oblong, oblong-elliptique, lancéolé-elliptique ou presque rond, de 2,5–13,5 cm × 2–8 cm, base cordée et amplexicaule, arrondie ou largement cunéiforme, apex arrondi à aigu ou rarement courtement acuminé ou émarginé, bleu-vert au-dessus, vert plus pâle au-dessous, coriace.
  • Inflorescence : cyme terminale atteignant 10 cm de diamètre, à nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, régulières, généralement 4-mères, blanches, rosées ou jaunâtres, odorantes ; pédicelle de 1–3 mm de long ; calice de 6–9 mm de long, à lobes courts ; pétales réunis dans une coiffe atteignant 3,5 mm × 6 mm ; étamines nombreuses, de 10–15 mm de long, ivoire ou blanches, visibles, pelucheuses ; ovaire infère, 2-loculaire, style de (5–)10–15 mm de long.
  • Fruit : baie oblongue à presque globuleuse ou urcéolée de 1–2 cm × (0,5–)1 cm, violette à maturité, coiffée par le calice persistant, contenant habituellement 1 graine.

Autres données botaniques

Syzygium cordatum pousse rapidement. Dans des essais au Malawi, les arbres faisaient 2,7 m de haut 27 mois après la plantation. En Afrique australe, la floraison a lieu en août–novembre, et la fructification en novembre–mars.

Syzygium est un vaste genre comportant environ 1000 espèces, confiné aux régions tropicales et subtropicales de l’Ancien Monde, avec la plus grande diversité en Asie du Sud-Est. Il faisait jadis partie d’Eugenia, qui comprend surtout aujourd’hui des espèces du Nouveau Monde.

Au sein de Syzygium cordatum, on distingue 2 sous-espèces :

  • subsp. cordatum : arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, jeunes tiges distinctement quadrangulaires ou légèrement ailées, feuilles distinctement cordées et amplexicaules à la base ; réparti depuis la R.D. du Congo jusqu’au Kenya, en Angola et en Afrique du Sud, jusqu’à 2400 m d’altitude ;
  • subsp. shimbaense Verdc. : petit arbre atteignant 7 m de haut, jeunes tiges pour la plupart seulement indistinctement quadrangulaires, feuilles légèrement cordées à arrondies ou largement cunéiformes à la base ; présent au Kenya et en Tanzanie.

Syzygium cordatum se croise avec Syzygium guineense (Willd.) DC., et les 2 espèces sont reliées par une série complète d’intermédiaires.

Ecologie

Syzygium cordatum est en général présent en savane boisée et en forêt, presque toujours au bord de l’eau ou le long des cours d’eau, parfois dominant dans les forêts marécageuses, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2400 m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne dans son aire de répartition est habituellement de 750–1200 mm. L’arbre résiste aux incendies.

Gestion

Les graines peuvent être utilisées pour la multiplication. Le poids de 1000 graines est de 2–2,5 kg. Leur viabilité ne dépasserait pas un jour et elles ne doivent pas être séchées au soleil. La germination des graines fraîches est bonne et rapide (90% en 25 jours), et on estime en général qu’un prétraitement est superflu. Cependant, lors d’un essai au Malawi, le taux de germination s’est élevé à 93% après un trempage à température ambiante pendant 24 heures, tandis que différents autres traitements n’ont donné qu’une germination faible ou nulle. Les graines peuvent être semées directement au champ ou en pots en pépinière. On peut aussi transplanter des sauvageons. L’écimage est possible. Des chancres de la tige et des branches ont été observés, provoqués par Chrysoporthe austroafricana, un important agent pathogène d’Eucalyptus spp. dans le monde entier. Plusieurs champignons de la famille des Botryosphaeriaceae sont responsables de chancres, aussi bien chez les Syzygium spp. que chez les Eucalyptus spp. Les grumes se fendent souvent pendant l’abattage, et une pourriture du cœur peut être présente.

Ressources génétiques

Syzygium cordatum a une vaste aire de répartition et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique. Il est protégé en Afrique du Sud.

Perspectives

Le bois de Syzygium cordatum est résistant, facile à travailler et très durable dans l’eau, ce qui le rend particulièrement indiqué pour des usages spécifiques comme les bateaux et les jetées. Mais comme le fût a rarement une forme convenable, les perspectives commerciales sont limitées, à moins que des types à tige droite puissent être sélectionnés.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • van Wyk, B. & van Wyk, P., 1997. Field guide to trees of southern Africa. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 536 pp.
  • Verdcourt, B., 2001. Myrtaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 89 pp.
  • Zambia Forest Department, 1979. Timbers of Zambia: Sclerocarya caffra, Syzygium cordatum. Zambia Forest Department, Division of Forest Products Research, Kitwe, Zambia. 4 pp.

Autres références

  • Chilufya, H. & Tengnäs, B., 1996. Agroforestry extension manual for northern Zambia. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 120 + 124 pp.
  • Maghembe, J.A., Kwesiga, F., Ngulube, M., Prins, H. & Malaya, F.M., 1994. Domestication potential of indigenous fruit trees of the miombo woodlands of southern Africa. In: Leakey, R.R.B. & Newton, A.C. (Editors). Tropical trees: the potential for domestication and the rebuilding of forest resources. Proceedings of a conference held at Heriot-Watt University, Edinburgh, on 23–28 August 1992. HMSO, London, United Kingdom. pp. 220–229.
  • Musabayane, C.T., Mahlalela, N., Shode, F.O. & Ojewole, J.A.O., 2005. Effects of Syzygium cordatum (Hochst.) [Myrtaceae] leaf extract on plasma glucose and hepatic glycogen in streptozotocin-induced diabetic rats. Journal of Ethnopharmacology 97(3): 485–490.
  • Nakabonge, G., Roux, J., Gryzenhout, M. & Wingfield, M.J., 2006. Distribution of Chrysoporthe canker pathogens on Eucalyptus and Syzygium spp. in eastern and southern Africa. Plant Disease 90(6): 734–740.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Ssegawa, P. & Kasenene, J.M., 2007. Plants for malaria treatment in southern Uganda: traditional use, preference and ecological viability. Journal of Ethnobiology 27(1): 110–131.
  • Steenkamp, V., Fernandes, A.C. & van Rensburg, C.E.J., 2007. Screening of Venda medicinal plants for antifungal activity against Candida albicans. South African Journal of Botany 73(2): 256–258.
  • van Vuuren, N.J.J., Banks, C.H. & Stohr, H.P., 1978. Shrinkage and density of timbers used in the Republic of South Africa. Bulletin No 57. South African Forestry Research Institute, Pretoria, South Africa. 55 pp.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
  • van Wyk, B.E., van Oudtshoorn, B. & Gericke, N., 1997. Medicinal plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 304 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Syzygium cordatum Hochst. ex C.Krauss. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2026.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.