Terminalia brownii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Colorant / tanin
Huile essentielle / exsudat
Médicinal
Bois d'œuvre
Bois de feu
Ornemental
Fourrage
Auxiliaire
Fibre
Sécurité alimentaire


Terminalia brownii Fresen.


Fichier:Map Terminalia brownii.gif
répartition en Afrique (sauvage)
Fichier:Linedrawing Terminalia brownii.gif
1, port de l’arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, fruit. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
Protologue : Mus. Senckenberg. 2: 152 (1837).
Famille : Combretaceae

Noms vernaculaires

  • Red pod terminalia (En).
  • Mbarao, mwalambe (Sw).

Origine et répartition géographique

Terminalia brownii est largement réparti depuis le nord du Nigeria jusqu’en Somalie, et vers le sud jusqu’à l’est de la R.D. du Congo et au nord de la Tanzanie. Il se rencontre également au Yémen.

Usages

Terminalia brownii est couramment utilisé en médecine traditionnelle africaine. L’infusion du bois se prend pour soigner la toux, et la décoction d’écorce pour traiter la jaunisse, le paludisme, la tuberculose, l’épilepsie, les affections urogénitales, la syphilis et la gonorrhée, ainsi que comme vermifuge. La décoction de tige et d’écorce est absorbée contre les gonflements du corps. Les fibres libériennes se mastiquent pour soigner la jaunisse. Les feuilles sont administrées contre les problèmes stomachiques, les coliques, la diarrhée, les infections oculaires, les mycoses et l’infection par la teigne, ainsi que comme abortif. Les racines s’utilisent contre les réactions allergiques. En médecine vétérinaire, les feuilles sont données au bétail contre la diarrhée, et l’extrait de feuilles est appliqué contre la conjonctivite. Les communautés d’éleveurs au Soudan, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie utilisent la décoction de feuilles et d’écorce pour traiter les vers et la babésiose chez les bovins et les chèvres.

Le bois s’utilise en construction d’habitations et en menuiserie, pour les meubles, les pieux de clôture, les pirogues, les ustensiles, les manches d’outil, la sculpture, les ruches et les bâtons. Il sert également de bois de feu et à la production de charbon de bois. La fumée du bois et de l’écorce en combustion s’applique comme parfum capillaire et corporel. L’écorce sert au tannage des peaux. Les fruits sont comestibles, bien qu’ils soient amers. Les feuilles sont fréquemment broutées par le bétail, et l’arbre est planté pour l’amélioration du sol en fournissant un bon paillis, comme arbre d’ombrage pour les cultures et le bétail, et parfois comme arbre ornemental.

Production et commerce international

L’écorce, les racines et les graines sont localement vendues sur les marchés à des fins médicinales. Au Kenya, les graines font environ US$ 30 par kg.

Propriétés

L’écorce et les feuilles de Terminalia brownii contiennent des saponines, dont des triterpénoïdes bidesmosides de type oléanane. Un dérivé de la chromone a été isolé de la plante. On a trouvé que l’écorce et les fruits contiennent environ 19% de tanins. L’extrait d’écorce a montré une activité ascaricide modérée. On a recommandé que l’extrait de Terminalia brownii ne soit administré au bétail que pour de courtes périodes afin d’éviter une diminution de l’utilisation des nutriments causée par la présence des tanins. L’extrait d’écorce a montré une activité antibactérienne contre les souches normales de Staphylococcus aureus, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella pneumoniae, Salmonella typhi et Bacillus anthracis, et une activité antifongique contre Candida albicans et Cryptococcus neoformans. L’extrait aqueux s’est avéré être le plus actif contre les bactéries aussi bien que les champignons. Ces données corroborent l’usage en médecine traditionnelle contre certaines affections comme la diarrhée et les maladies sexuellement transmissibles. L’extrait d’écorce a montré une activité cytotoxique relativement faible contre les larves d’Artemia, mais l’extrait du bois était plus toxique.

Le bois est brun jaunâtre et modérément lourd, avec une densité d’environ 800 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche bien à l’air avec peu de déformation. Il est résistant, assez dur, facile à scier et à travailler, et durable, étant assez résistant aux champignons, aux insectes foreurs et aux termites. Les racines donnent un colorant jaune.

La digestibilité de la matière sèche in vitro de feuilles de Terminalia brownii s’élève à 40%.

Falsifications et succédanés

D’autres espèces de Terminalia sont souvent utilisées à des fins médicinales similaires et il est difficile de faire la distinction entre les écorces de tige séchées des différentes espèces que l’on trouve sur les marchés locaux.

Description

Arbuste ou petit arbre caducifolié atteignant 15 m de haut ; fût souvent bas-branchu ; surface de l’écorce fissurée, grise, écorce interne épaisse, fibreuse, rouge-brun terne ; cime ombelliforme, à branches étalées ; rameaux poilus au départ, puis glabres. Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–3,5(–4) cm de long ; limbe elliptique à obovale, de 7–16 cm × 2,5–10 cm, base arrondie à cunéiforme, apex obtus à aigu, parfois légèrement acuminé, papyracé ou finement coriace, glabre ou poilu au-dessous, pennatinervé à 7–11 paires de nervures latérales. Inflorescence : épi axillaire de 5–12(–14) cm de long, courtement poilu. Fleurs bisexuées ou mâles, régulières, 5-mères, de 4–7 mm de diamètre, blanchâtres ou crème, odorantes ; calice à tube glabre et à 5 lobes ; corolle absente ; étamines 10, exsertes ; ovaire infère, 1-loculaire. Fruit : nucule ailée ellipsoïde de 2,5–6 cm × 1,5–3,5 cm y compris la grande aile, glabre, pourpre rougeâtre, indéhiscente, à 1 graine.

Autres données botaniques

Terminalia est un genre pantropical d’environ 200 espèces. En Afrique tropicale continentale, on trouve une trentaine d’espèces à l’état sauvage, à Madagascar environ 35.

Terminalia kilimandscharica

Terminalia kilimandscharica Engl. ressemble à Terminalia brownii, mais se distingue par ses fleurs poilues et ses fruits légèrement poilus. C’est un petit arbre jusqu’à 10(–15) m de haut, cantonné au sud du Kenya et au nord-est de la Tanzanie. La décoction d’écorce et de racine se prend contre la toux, l’asthme, les rhumes et le cancer, ainsi que comme antalgique. L’extrait d’écorce a montré une activité antibactérienne prononcée, et l’extrait de feuilles une activité molluscicide. Le bois, qui est brun jaunâtre à brun verdâtre et assez lourd, est utilisé en construction, en parqueterie, en menuiserie, en ébénisterie et en sculpture.

Croissance et développement

La floraison des arbres a souvent lieu pendant la seconde moitié de la saison sèche, juste après la formation d’un nouveau feuillage. Les fleurs sont pollinisées par des insectes. Les fruits mûrissent environ 5–6 mois après la floraison.

Ecologie

Terminalia brownii est répandu dans les zones semi-arides en forêt claire décidue et en savane herbeuse broussailleuse jusqu’à 2000 m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne dans son aire de répartition est de 500–1300 mm. On le rencontre souvent sur des affleurements rocheux, et à proximité des rivières dans les zones sèches ; il préfère les sols sablonneux profonds, mais il est également répandu sur les sols limoneux bien drainés.

Multiplication et plantation

On compte environ 3000 graines par kg. Il est recommandé de sécher les fruits jusqu’à 10–12% de teneur en eau avant le stockage et le semis. Leur viabilité se maintient pendant plusieurs années en récipients hermétiques à 3°C. Dans des conditions favorables, les graines fraîches ou prétraitées germent avec un pourcentage de succès de 30% dans les 60–90 jours. Cependant, des essais au Soudan ont montré que souvent les graines de Terminalia brownii ne sont pas viables et qu’elles requièrent une période de “post-maturation” de 18 mois pour lever leur dormance. Le trempage dans l’acide sulfurique pendant 60 minutes a donné un taux de germination de 25%, et le pincement en V du bout de la graine où se trouve la radicule a donné 55%. Après le semis, les fruits doivent être couverts d’une couche de 1 cm de terre ou de sable. Terminalia brownii peut se multiplier par boutures de tige, mais dans les essais le succès d’enracinement était médiocre, de l’ordre de 10–15%. Parfois on fait usage de sauvageons pour la plantation. Les plants repiqués dans des endroits semi-arides ont besoin d’une irrigation initiale afin d’atteindre des taux d’enracinement acceptables.

Gestion

Les arbres peuvent être recépés, élagués et étêtés.

Maladies et ravageurs

Les graines sont sensibles aux attaques de plusieurs insectes.

Ressources génétiques

En général, Terminalia brownii est répandu et commun, mais il est irrégulièrement réparti. Au Soudan, il est répertorié parmi les espèces “en danger” à cause de la surexploitation.

Perspectives

Terminalia brownii a une large gamme d’usages médicinaux en médecine traditionnelle africaine ; certains de ces usages ont été confirmés par la recherche pharmacologique. Cependant, davantage de recherche s’impose pour isoler et évaluer les composés bioactifs. Il faut développer des techniques pour la récolte durable, car c’est principalement l’écorce et le bois qui sont utilisés en médecine traditionnelle, ce qui peut aisément endommager l’arbre. Terminalia brownii convient aux systèmes d’agroforesterie, fournissant de l’ombre, du paillis de bonne qualité, du fourrage, du bois et du tannin ; il mérite d’être plus apprécié en tant qu’arbre polyvalent pour les régions semi-arides.

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Sources de l’illustration

  • Teel, W., 1984. A pocket directory of trees and seeds in Kenya. Kenya Energy Non-Governmental Organisations, Nairobi, Kenya. 151 pp.
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Auteur(s)

  • D.M. Mosango, c/o Laboratory of Natural Sciences, Lycée Français Jean Monnet de Bruxelles (LFB), Avenue du Lycée Français 9, 1180 Brussels, Belgium

Citation correcte de cet article

Mosango, D.M., 2013. Terminalia brownii Fresen. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 septembre 2026.


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