Tinospora bakis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Médicinal


Tinospora bakis (A.Rich.) Miers


Protologue: Hook., Niger Fl. : 215 (1849).
Famille: Menispermaceae

Origine et répartition géographique

Tinospora bakis est présent depuis la Mauritanie et le Sénégal en passant par le Sahel jusqu’en Somalie, et vers le sud jusqu’au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Sa présence est également signalée au Cameroun.

Usages

La partie ligneuse de la racine est très réputée en Afrique de l’Ouest comme diurétique et fébrifuge. La racine est utilisée contre divers problèmes du foie et de la vésicule biliaire, tels que la jaunisse, l’hématurie, la fièvre bilieuse et la fièvre jaune. La décoction de racine se prend contre le paludisme car elle est mieux tolérée que la quinine. Elle se prend en outre contre la schistosomose, comme emménagogue ou cholagogue et pour stopper les écoulements gonorrhéiques. En usage externe, la décoction s’emploie contre divers problèmes de peau. Les feuilles sont utilisées de la même façon, comme cholagogue, diurétique et tonique général.

Production et commerce international

Les racines de Tinospora bakis se vendent couramment sur les marchés locaux, en particulier en Afrique de l’Ouest.

Propriétés

La racine contient des alcaloïdes, notamment de la palmatine, alcaloïde du type protoberbérine, et 2–4% de colombine, une furanolactone diterpénoïde. L’extrait aqueux des racines contenant la fraction alcaloïde a manifesté une activité modérée contre une souche résistante à la chloroquine de Plasmodium falciparum in vitro. Un sirop à base d’extrait aqueux de racine a fait augmenter de manière significative la sécrétion biliaire chez des rats. On a observé que la colombine, à petites doses, augmentait la sécrétion de bile et celle des glandes de l’estomac et des intestins ; à doses plus élevées, elle entraîne une dégénérescence graisseuse du foie. La palmatine montre une efficacité antipyrétique plus forte qu’un extrait d’alcaloïde total chez des lapins. Elle paralyse davantage le centre respiratoire que la morphine. On suppose que cet effet antipyrétique, comme celui de la berbérine, est dû à la paralysie des vaisseaux périphériques et à la dispersion calorique qui en résulte, et non à sa toxicité envers les micro-organismes. Un extrait aqueux lyophilisé de racine a démontré une activité hépatoprotectrice sur des hépatocytes de rat in vitro après un traitement au CCl4. Chez les souris, la DL50 constatée pour l’extrait aqueux de poudre de racine était de 360 mg/kg en administration intrapéritonéale, et de 425 mg/kg en administration sous-cutanée. Cet extrait s’est montré capable d’inhiber les contractions de duodénum isolé de rat de manière analogue à celle de l’atropine.

La racine peut entraîner des effets toxiques, notamment des vomissements et une dépression du centre respiratoire. Des essais de toxicité sur les alcaloïdes totaux ont montré qu’une dose de 5 mg/kg administrée par voie orale n’était pas toxique pour des cobayes, tandis qu’une dose de 100 mg/kg provoquait un décès en 20 minutes, sans convulsions. Lors d’une hyperthermie provoquée expérimentalement sur des cobayes, l’extrait de racine a entraîné un abaissement de la température plus important qu’avec le sulfate de quinine.

Description

Liane dioïque, caducifoliée, atteignant 10 m de long ; écorce se desquamant en écailles orange ; rameaux glabres, à nombreuses lenticelles verruqueuses. Feuilles alternes, simples et entières ; pétiole de 0,5–4(–8) cm de long, légèrement poilu ou glabre ; limbe largement ovale-triangulaire, de 3–5 cm × 3–5 cm, base cordée, apex acuminé, vert pâle, palmatinervé à 5–7 nervures principales, à poils courts ou glabre au-dessous. Inflorescence : fausse grappe axillaire allongée atteignant 12 cm de long, inflorescence mâle à 3–7 fleurs par bractée, inflorescence femelle à 1 fleur par bractée. Fleurs unisexuées, petites, vert jaunâtre ; pédicelle de 2–3 mm de long ; sépales 6 en 2 verticilles, translucides ou membraneux, sépales extérieurs ovales-triangulaires, de 1–1,5 mm × environ 0,5 mm, sépales intérieurs de 2,5–4 mm × 2–3 mm ; pétales 6, de 2–3 mm × 1–2 mm, charnus ; fleurs mâles à 6 étamines libres de 2,5–3 mm de long ; fleurs femelles à 6 staminodes, ovaire supère, constitué de 3 carpelles libres de 1–2 mm de long. Fruit constitué au maximum de 3 drupes, de 6–9 mm × 4–5 mm, chacune contenant 1 graine.

Autres données botaniques

Tinospora bakis fleurit vers le début de la saison des pluies. Au nord du Sénégal, la régénération naturelle est relativement médiocre.

Le genre Tinospora comprend environ 30 espèces, dont environ 20 en Asie, 7 sur le continent africain et 2 à Madagascar.

Ecologie

Tinospora bakis est présent principalement dans les zones sèches de la savane arbustive et du maquis semi-désertique, dans les fourrés des dépressions sablo-argileuses ou sur les dunes de sable, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1200 m d’altitude. Sur le Mont Cameroun, il est présent dans les trouées forestières, dans des conditions plus humides.

Ressources génétiques

Tinospora bakis est répandu et localement commun. Rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Etant donné ses nombreux usages médicinaux et les résultats obtenus à ce jour sur le plan pharmacologique, la poursuite de l’évaluation chimique et pharmacologique de Tinospora bakis semble justifiée.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2008. Tinospora bakis (A.Rich.) Miers. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 avril 2026.


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