Trachyphrynium braunianum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Glucides / amidon
Médicinal
Bois d'œuvre
Ornemental
Fibre
Sécurité alimentaire


Trachyphrynium braunianum (K.Schum.) Baker


Protologue: Oliv., Fl. trop. Afr. 7: 319 (1898).
Famille: Marantaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22.

Synonymes

  • Hybophrynium braunianum K.Schum. (1892).

Origine et répartition géographique

Trachyphrynium braunianum est réparti de la Guinée et de la Sierra Leone jusqu’au Soudan et en Ouganda, et vers le sud jusqu’à Cabinda (Angola).

Usages

Les tiges sont couramment utilisées pour lier et pour tresser des nattes, des paniers, des passoires, des ruches et des pièges pour les poissons et les rats. Au Ghana, la tige et les feuilles sont utilisées pour la couverture des huttes pour un usage temporaire. En R.D. du Congo, les tiges sont utilisées comme chevrons avant que le matériau de couverture soit mis en place. Au Gabon, elles font partie de la structure principale des huttes et sont utilisées comme soutien pour l’argile enduit sur les parois. Au Nigeria, les tiges sont utilisées comme tuteurs dans la culture de l’igname. Les feuilles sont couramment utilisées pour envelopper des produits alimentaires.

Les fruits sont consommés en R.D. du Congo. Les Bakas au Cameroun consomment les graines torréfiées comme amuse-gueule. Au Ghana, l’arille est consommé et les graines sont utilisées pour faire des perles et des colliers. Les fleurs sont butinées par les abeilles.

Au Ghana, les jeunes pousses sont mastiquées avec des noix de kola comme aphrodisiaque. Au Nigeria, les racines et les fruits sont utilisés comme ingrédients de mélanges pour favoriser la croissance du fœtus, et l’arille se prend pour le traitement de la toux. Au Congo, la décoction de rameaux est absorbée comme boisson contre la hernie et les maux d’estomac, et les feuilles chauffées et écrasées sont utilisées comme cataplasme pour les soles de pied sèches et craquelées. On donne le jus de racine, souvent mélangé avec celui d’autres Marantaceae, pour le traitement des bouffées délirantes, et on frotte un mélange de racines grillées et réduites en poudre avec du sel et des graines d’Aframomum melegueta K.Schum. sur des scarifications pour traiter le rhumatisme. En R.D. du Congo, un cataplasme de feuilles s’applique comme anti-inflammatoire.

Production et commerce international

En 2006, des bouquets de feuilles pour envelopper les aliments étaient vendus au prix de US$ 0,22 sur les marchés de Kisangani et Mbandaka (R.D. du Congo).

Propriétés

Des essais pour détecter la présence d’alcaloïdes, de flavonoïdes, de saponines, de quinones, de tanins et de terpènes ont tous donné des résultats négatifs.

Falsifications et succédanés

Un bon substitut de Trachyphrynium braunianum est Hypselodelphys violacea (Ridl.) Milne-Redh. (synonyme : Trachyphrynium violaceum Ridl.), qui a des usages similaires, particulièrement pour la fabrication de paniers et en construction. Le rotin est également utilisé de la même façon.

Description

Plante herbacée vivace, ligneuse, avec des pousses ressemblant à du bambou atteignant 4,5(–10) de haut, formant des fourrés ; rhizome rampant, très ramifié ; tiges érigées ou supportées par d’autres plantes, simples et revêtues de cataphylles engainantes atteignant 21 cm de long dans leur partie basse, ramifiées et feuillées dans leur partie haute. Feuilles distiques ; pétiole s’engainant au-dessous, articulé courtement au-dessus du haut de la gaine, long de 0,5–1,5 cm et calleux au-dessus de l’articulation, rejoignant la base de la nervure médiane sans interruption ; limbe oblong-elliptique, légèrement asymétrique, avec le bord le plus arqué plus près de la tige, de taille très variable, de 5,5–20 cm × 2–10 cm, base arrondie ou cordée, apex courtement acuminé, glabre, à nombreuses nervures latérales parallèles à environ 45° de la nervure médiane. Inflorescence terminale, spiciforme, atteignant 20 cm de long, simple ou parfois ramifiée à la base, avec à chaque nœud une bractée abaxiale, caduque, de 15–25 mm de long, enveloppant une cymule ; cymules à 2 fleurs, avec une bractée adaxiale ; pédoncule des cymules de 2–4 mm de long. Fleurs bisexuées, zygomorphes, de 2–2,5 cm de long, blanches, parfois teintées de rose ou violet ; bractéole 1, charnue, d’environ 2 mm de long ; sépales libres, égaux ; corolle tubulaire à la base, à 3 lobes ; staminodes et étamines en 2 cycles, formant à la base un tube soudé au tube de la corolle, cycle extérieur constitué de 2 staminodes pétaloïdes, cycle intérieur constitué de 1 étamine et 2 staminodes, dont 1 encapuchonné avec un appendice en éperon ; ovaire infère, papilleux, 3-loculaire. Fruit : capsule déhiscente d’environ 1,5 cm × 1,5 cm, muriquée, orange-jaune, à 1–3 graines, lobée s’il y a plus qu’une graine, obovoïde ou à lobes obovoïdes. Graines ellipsoïdes ou obovoïdes, d’environ 7 mm de diamètre, lisses, noir brillant ou brunâtres, munies d’un arille basal blanc brunâtre.

Autres données botaniques

Le genre Trachyphrynium est monotypique. Plusieurs espèces voisines étaient classées précédemment dans le genre Trachyphrynium, mais elles ont maintenant été reclassées dans les genres Haumania ou Hypselodelphys. Des études phylogénétiques récentes ont indiqué qu’il y a beaucoup de similitudes entre Trachyphrynium et Hypselodelphys.

Croissance et développement

Au Bénin, la floraison a lieu en août, et la fructification en août–décembre.

Ecologie

Trachyphrynium braunianum se rencontre du niveau de la mer jusqu’à 1200 m d’altitude dans des endroits humides en forêt pluviale, en forêt-galerie, en forêt secondaire et sur des terres défrichées.

Multiplication et plantation

Trachyphrynium braunianum se reproduit naturellement par graines ou drageons.

Gestion

Au sud-est du Ghana, la présence de Trachyphrynium braunianum est associée avec une grande fertilité du sol, et lorsqu’on défriche un terrain on conserve habituellement la plante car elle est considérée bénéfique pour la fertilité du sol.

Récolte

Les feuilles et les tiges sont coupées avec soin avec un couteau ou un coutelas sans tuer la plante.

Ressources génétiques

Trachyphrynium braunianum est généralement abondamment disponible dans son aire de répartition. Au Togo, cependant, la plante est classée comme rare.

Perspectives

Malgré son importance localement pour les communautés rurales, Trachyphrynium braunianum a rarement été étudié, et pour cette raison il y a très peu d’informations sur cette plante, surtout en ce qui concerne ses propriétés et sa gestion.

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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • V.A. Kémeuzé, Millennium Ecologic Museum, B.P. 8038, Yaoundé, Cameroon

Consulté le 22 avril 2026.


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