Vepris tabouensis (PROTA)
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Introduction |
Vepris tabouensis (Aubrév. & Pellegr.) Mziray
- Protologue: Acta Univ. Upsal., Symb. Bot. Upsal. 30(1) : 76 (1992).
- Famille: Rutaceae
Synonymes
- Araliopsis tabouensis Aubrév. & Pellegr. (1936).
Noms vernaculaires
- Chicken popo (En).
Origine et répartition géographique
Vepris tabouensis se rencontre dans toute l’Afrique de l’Ouest, depuis la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Ghana jusqu’au Nigeria.
Usages
Dans toute l’Afrique de l’Ouest, on applique le jus amer-piquant de l’écorce de la tige sur les infections parasitaires cutanées et sous-cutanées, notamment le pian et l’onchocercose, et en cas de maladies vénériennes. On administre l’extrait d’écorce de tige en cas d’affections pulmonaires. En Côte d’Ivoire, l’infusion d’écorce se prend pour traiter la gonorrhée et comme fébrifuge.
Le bois sert parfois de bois d’œuvre. A la coupe, il dégage une odeur forte.
Propriétés
On a découvert que l’écorce de la racine et de la tige contenait principalement des alcaloïdes, essentiellement de type quinolinique. Plusieurs alcaloïdes de type indoloquinazolidine extraits de l’écorce de la tige, dont des pyranoquinolines (le chlorure de tabouensinium et l’araliopsine), ont montré une nette activité antipaludéenne sur les souches D6 et W2 de Plasmodium falciparum, avec des valeurs IC50 allant de 1,8–4,7 μg/ml. Parmi les alcaloïdes d’importance secondaire figurent l’araliopsinine, les araliopdimérines A, B, et C, des furoquinolines (la skimmianine, l’halfordinine et l’isoplatydesmine), la ribalinine (une pyranoquinoline) et des indoloquinazolines (l’évodiamine et la rhetsinine). Des triterpènes tels que le flindisol, le lupéol et le β-sitostérol glucoside ainsi qu’une coumarine, le scophone, ont également été identifiés.
L’évodiamine est un produit chimique commercialisé obtenu par synthèse ou par extraction de plantes (notamment Evodia spp. et Zanthoxylum spp.). Un brevet permettant de produire une composition pharmaceutique contenant de l’évodiamine et destinée à améliorer le métabolisme des lipides a été délivré.
Aubier presque blanc ; bois de cœur jaunâtre à blanc rosé, dur. Tranche aromatique, virant au brun à l’air. Cerne jaune vif délimitant l’écorce externe de l’écorce interne.
Description
Arbre de taille moyenne atteignant 30(–40) m de haut, sempervirent ; tronc cylindrique, fût rectiligne, écorce épaisse, rugueuse, gris-noir, à petits contreforts, base à épais renflements racinaires atteignant 80 cm de haut, parfois à racines superficielles étalées. Feuilles alternes, (3–)5-foliolées, digitées ; stipules absentes ; pétiole de 5–20 cm de long ; pétiolule de 1–2 cm de long ; folioles obovales-oblongues à obovales, de 8–27 cm × 3,5–10,5 cm, à points glandulaires, à nombreuses nervures parallèles. Inflorescence : panicule axillaire (femelle) ou terminale (mâle), pubescente, à nombreuses fleurs. Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle jusqu’à 4 mm de long ; sépales et pétales verts à l’extérieur, pétales blancs à l’intérieur, libres, obovales ; fleurs mâles à 8 étamines, blanches, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, globuleux, 4-loculaire, étamines rudimentaires. Fruit : drupe ovoïde, noire à maturité, à points glandulaires, renfermant en général 4 graines.
Autres données botaniques
Le genre Vepris comprend environ 80 espèces, la plupart sur le continent africain, une trentaine endémique de Madagascar, et 1 en Inde. La plupart des Teclea spp. sont devenues synonymes de Vepris spp., à l’exception de Teclea natalensis (Sond.) Engl. Quant aux Teclea spp. restantes, la place qu’elles occupent est incertaine.
Vepris soyauxii
Vepris tabouensis est très proche de Vepris soyauxii (Engl.) Mziray, présent du Nigeria au Gabon. Il n’est pas impossible qu’il en soit conspécifique en dépit d’une nervation et de l’apex de ses folioles apparemment différents. A partir de l’écorce de racine et de tige d’arbres du Gabon, on a pu isoler plusieurs alcaloïdes, semblables à ceux présents chez Vepris tabouensis, dont la flindersiamine, la ribalinine et l’isoplatydesmine. En tout, trente-neuf composés ont été recensés dans l’huile essentielle des feuilles ramassées au Cameroun. L’huile se caractérise par une forte teneur en α-pinène (25,5%), en δ-élémène (8,3%), en β-bourbonène (3,8%) et en β-élémène (3,8%).
Ecologie
Vepris tabouensis se rencontre dans la forêt pluviale et la forêt semi-décidue humide, souvent en groupes et sur les plateaux, mélangé à Lophira alata Banks ex C.F.Gaertn. à basse altitude.
Ressources génétiques
Vepris tabouensis est présent dans l’ensemble des forêts d’Afrique de l’Ouest ; si l’on inclut Vepris soyauxii, il l’est également au Cameroun et au Gabon. Il ne semble guère menacé d’érosion génétique, même si le déclin de son milieu risque de devenir problématique dans un avenir proche.
Perspectives
Il y a lieu de poursuivre les recherches qui permettront d’établir les propriétés pharmacologiques et les profils d’innocuité des composés qui ont été isolés.
Références principales
- Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
- Ezugwu, C.O., Erdal, B., Chuck, D., Khan, I.A., Okunji, C.O., Schuster, B.M. & Iwu, M.M., 2004. Indoloquinazoline alkaloids from Araliopsis tabouensis. Nigerian Journal of Pharmaceutical. Research 3(1): 42–48.
- Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
- Mziray, W., 1992. Taxonomic studies in Toddalieae Hook. f. (Rutaceae) in Africa. Acta Universitatis Upsaliensis, Symbolae Botanicae Upsalienses 30(1): 1–95.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
Autres références
- Christopher, E., Bedir, E., Dunbar, C., Khan, I.A., Okunji, C.O., Schuster, B.M. & Iwu, M.M., 2003. Indoloquinazoline alkaloids from Araliopsis tabouensis. Helvetica Chimica Acta 86(8): 2914–2918.
- Fish, F., Meshal, I.A. & Waterman, P.G., 1976. Minor alkaloids of Araliopsis tabouensis. Planta Medica 29(4): 310–317.
- Menut, C., Bissangou, M.F., Lamaty, G., Amvam Zollo, P.H. & Bessière, J.M., 1994. Aromatic plants of tropical Central Africa. XIV. Chemical composition of the essential oil of Araliopsis soyauxii Aubrev. & Pelleg. from Cameroon. Journal of Essential Oil Research 6(3): 319–321.
- Ngadjui, B.T., Ayafor, J.F. & Sondengam, B.L., 1988. Further alkaloids of Araliopsis tabouensis: the structure of araliopsinine and the presence of dimeric 2-quinoline alkaloids. Bulletin of the Chemical Society of Ethiopia 2(1): 21–28.
- Ngadjui, B.T., Ayafor, J.F., Sondengam, B.L., Koch, M., Tillequin, F. & Connolly, J.D., 1988. Araliopdimerines A, B and C: dimeric quinolone alkaloids from the bark of Araliopsis tabouensis. Phytochemistry 27(9): 2979–2982.
- Wabo, H.K., Tane, P., Connolly, J.D., Okunji, C.C., Schuster, B.M. & Iwu, M.M., 2005. Tabouensinium chloride, a novel quaternary pyranoquinoline alkaloid from Araliopsis tabouensis. Natural Product Research 19(6): 591–595.
- Waterman, P.G., 1973. Alkaloids and triterpenes from the african Toddalioideae. Biochemical Systematics and Ecology 1(3): 153–161.
Auteur(s)
- E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya
Citation correcte de cet article
Matu, E.N., 2011. Vepris tabouensis (Aubrév. & Pellegr.) Mziray. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.
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