Xymalos monospora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Médicinal
Bois d'œuvre
Ornemental
Fibre
Sécurité alimentaire


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l’arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, fruits. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
rameau en fleurs
rameau en fruits
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Xymalos monospora (Harv.) Baill.


Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 1: 650 (1886).
Famille: Monimiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 38, 40, 42

Noms vernaculaires

  • Lemonwood, wild lemon (En).

Origine et répartition géographique

Xymalos monospora est répandu depuis le Cameroun et la Guinée équatoriale jusqu’au sud du Soudan, à l’Ouganda et au Kenya, et vers le sud jusqu’au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland. Il a été introduit en Inde où il est cultivé ici et là.

Usages

Le bois est employé pour la construction légère, la confection de poteaux, d’huisseries, de parquets, de menuiseries, de mobilier, de charronnerie, de traverses de chemin de fer, de jouets et d’articles de fantaisie, de caisses et de cageots, d’outils agricoles, de manches d’outils, de ruches, de dos de brosses, pour la sculpture, le tournage, les placages, le contreplaqué et les produits de pâte et de papier.

On consomme les fruits. L’écorce, les racines et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle. On applique l’extrait d’écorce de racine sur les piqûres et les morsures d’insectes. En R.D. du Congo, la décoction d’écorce pilée se boit en cas de colique, et les Zoulous d’Afrique du Sud utilisent l’écorce pour le même usage. Au Kenya, on applique la racine séchée et pilée sur les plaies, les feuilles tendres servant également de pansement sur les lésions. En Tanzanie, on broie les feuilles avec du gingembre et on donne la pâte ainsi obtenue aux enfants pour soigner leur toux. Au Burundi, on boit la décoction de feuilles comme antitussif et pour favoriser l’expulsion du placenta. En cas de coqueluche, on prescrit la cendre des feuilles. On boit la décoction de feuilles ou d’écorce de racine et de rameaux ou bien on l’utilise en lavement contre la diarrhée. L’eau dont le bétail s’abreuve est additionnée de feuilles pour soigner la fièvre de la côte orientale.

Production et commerce international

Le bois de Xymalos monospora est employé avant tout localement et n’est probablement commercialisé qu’en faibles quantités au niveau international sous les noms de “lemonwood” et de “bogabog”. On ne dispose pas de statistiques relatives à la production et au commerce. L’écorce, les racines et les feuilles sont fréquemment vendues sur les marchés locaux à des fins médicinales.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune citron à brun pâle ou brun verdâtre, ne se distingue pas nettement de l’aubier, légèrement plus pâle et de 2,5–4 cm de large. Le fil est droit, le grain fin et régulier. Les surfaces sciées sur quartier présentent une belle maille. A la coupe, le bois dégage une odeur de mélasse.

C’est un bois moyennement lourd, avec une densité de 510–610(–670) kg/m³ à 12% d’humidité. Il est difficile à sécher à l’air ; le bois de cœur sèche très lentement et est exposé à l’effondrement et aux gerces internes s’il sèche trop vite. Il faut compter environ 9 mois pour sécher à l’air des planches de 2,5 cm d’épaisseur à 12% d’humidité. Le séchage en séchoir est irréalisable. Les taux de retrait sont modérément élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 2,7–3,1% dans le sens radial et de 8,8–10,3% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service.

A 12% de teneur en eau, le module de rupture est de 66–89 N/mm², le module d’élasticité de 8750–11 560 N/mm², la compression axiale de 43–54 N/mm², le cisaillement de 10,5–12 N/mm², la dureté Janka de flanc de 3560–3650 N et la dureté Janka en bout de 4450 N.

Qu’il soit vert ou sec, le bois se scie et se travaille facilement et n’émousse que faiblement les dents de scie et les lames de coupe. Il se rabote bien et l’on obtient une jolie finition. Les caractéristiques de mortaisage, de perçage et de moulurage sont bonnes. Il se cloue bien avec une bonne tenue des clous et une tendance faible aux fentes. Il est facile à polir et à vernir. Il se tourne bien, mais étant assez tendre, il nécessite une finition méticuleuse. C’est un bois modérément durable. L’aubier résiste assez bien aux Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est moyennement rebelle.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–27) m de haut, sempervirent, dioïque ; fût en général dépourvu de branches sur 3–9 m seulement, souvent tortueux, jusqu’à 60 cm de diamètre ; surface de l’écorce gris pâle à gris foncé ou brun jaunâtre, se desquamant en écailles de grande taille qui laissent des crêtes concentriques bien visibles, écorce interne brun pâle à brun rosé, sécrétant un exsudat rougeâtre ; cime arrondie, dense ; branches glabres.
  • Feuilles opposées, simples ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–3 cm de long ; limbe elliptique à obovale, de 4–20 cm × 1,5–10 cm, cunéiforme à la base, arrondi à aigu ou courtement acuminé à l’apex, bord entier à irrégulièrement et grossièrement denté à dents glanduleuses, finement coriace, glabre, à points glandulaires transparents, pennatinervé à 6–9 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : grappe ou panicule axillaire de 1–5(–7) cm de long, à poils courts veloutés.
  • Fleurs unisexuées, régulières, verdâtres, de petite taille, munies d’un périanthe de 1–2 mm de long ; fleurs mâles pourvues d’un périanthe 4–6-lobé et de 6–15 étamines ; fleurs femelles pourvues d’un périanthe 3–5-lobé et d’un ovaire supère, stigmate sessile, épais.
  • Fruit : drupe ovoïde à ellipsoïde de 0,5–1,5(–2,5) cm de long, charnue, glabre, orange ou rouge, à stigmate persistant, contenant une seule graine.
  • Graines ellipsoïdes, comprimées, d’environ 1 cm de long, blanches.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Xymalos est monotypique. Les feuilles dégagent une odeur citronnée lorsqu’on les froisse et ont un aspect légèrement “matelassé” à cause des nervures latérales qui sont enfoncées au-dessus et proéminentes au-dessous ; outre les anneaux, rectangles et verticilles qui apparaissent très nettement lorsque des morceaux d’écorce se détachent, ces indices facilitent l’identification de l’espèce au champ.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 12 : contour des vaisseaux isolés anguleux ; 14 : perforations scalariformes ; (15 : perforations scalariformes avec 10 barreaux) ; 16 : perforations scalariformes avec 10–20 barreaux ; (17 : perforations scalariformes avec 20–40 barreaux) ; 20 : ponctuations intervasculaires scalariformes ; 21 : ponctuations intervasculaires opposées ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; (31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses) ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 48 : 20–40 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 65 : présence de fibres cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 75 : parenchyme axial absent ou extrêmement rare ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire.
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 99 : rayons larges couramment > 10-sériés ; 102 : hauteur des rayons > 1 mm ; 103 : rayons de deux tailles différentes ; (105 : rayons composés de cellules dressées et/ou carrées) ; 109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange ; (110 : présence de cellules bordantes) ; 114 : 4 rayons par mm ; 115 : 4–12 rayons par mm.
(R. Shanda, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Xymalos monospora fleurit entre juin et octobre. Les fruits apparaissent de novembre à mai. Il leur faut un an environ pour mûrir et virer du vert à l’orange ou au rouge, après quoi les oiseaux, les chimpanzés, les gorilles et les autres singes s’en nourrissent et disséminent les graines. Les observations recueillies sur le terrain dans le sud-est du Kenya ont révélé que la dissémination et la régénération naturelle dépendent en grande partie de la consommation des fruits par les oiseaux et que la fragmentation des forêts a une incidence directe sur ces oiseaux et indirecte sur la dissémination des graines de Xymalos monospora.

Les vieux sujets, qu’ils soient en train de mourir ou de s’effondrer, rejettent en général abondamment de souche et forment des peuplements denses à l’ombre épaisse qui empêche la reproduction des autres plantes.

Ecologie

Xymalos monospora est disséminé ou parfois co-dominant dans le sous-étage de la forêt sempervirente jusqu’à 3000 m d’altitude. A proximité de l’équateur, il est fréquent dans les massifs montagneux ; par exemple en R.D. du Congo, il se cantonne à la forêt au-dessus de 1600 m d’altitude, et s’étend jusqu’à 3000 m dans la zone des bambous. L’arbre résiste aux incendies.

Multiplication et plantation

Xymalos monospora se multiplie par graines fraîches. Le poids de 1000 graines varie de 68 g à 158 g. Les graines sont récalcitrantes et doivent être emballées dans des sacs en coton en quantités de moins de 5 kg. Elles ne tolèrent pas une dessiccation inférieure à 20% de teneur en eau, doivent être conservées à température ambiante et semées dans les 6 semaines qui suivent la récolte. Bien que la germination soit lente, le taux de germination est assez élevé. Il atteint 50% 6 semaines après le semis et 95% au bout de 10 semaines.

Gestion

Un inventaire réalisé en Ouganda a recensé 850 individus (toutes classes de taille confondues) de Xymalos monosperma par ha en forêt naturelle, contre seulement 5 par ha dans des zones auparavant cultivées. Dans la forêt tanzanienne, on a relevé en moyenne 29 arbres par ha ayant un diamètre de fût supérieur à 10 cm.

Xymalos monospora est rare sur les terres agricoles et dans les plantations, et seuls quelques agriculteurs le cultivent sur leur exploitation. Etant donné qu’il lui arrive de former des peuplements denses qui font de l’ombre à d’autres plantes et les dominent, il est impropre à la plantation sur des terres arables. La plupart des gens continuent à ramasser des parties de la plante dans la forêt au fur et à mesure de leurs besoins.

Maladies et ravageurs

Les larves du papillon Papilio dardanus (le voilier faux-monarque) se nourrissent des feuilles de Xymalos monospora. Aucune maladie importante n’a été signalée.

Récolte

Les grumes peuvent présenter des défauts, parmi lesquels une forme irrégulière et la pourriture du cœur.

Traitement après récolte

Des gerces profondes apparaissent rapidement sur les grumes après la récolte. Les pertes sont élevées pendant le sciage.

Ressources génétiques

Xymalos monospora n’est pas menacé d’érosion génétique car il est non seulement répandu et commun mais encore son bois est peu utilisé. En outre, son bois ne semblant convenir ni comme bois de feu ni pour la production de charbon de bois, il ne subit pas d’exploitation intensive. Il semble n’être protégé nulle part. L’habitat du gorille des montagnes dans la région des Grands Lacs étant assez bien protégé, il n’est pas impossible que Xymalos monospora profite lui aussi de cette protection. Dans certaines régions, les peuplements naturels se sont considérablement réduits en raison des défrichages forestiers à des fins agricoles et de sa mauvaise régénération sur les terres en jachère. On n’a pas réalisé de prospection systématique de ressources génétiques.

Perspectives

Xymalos monospora produit certes un bois d’œuvre précieux d’un point de vue commercial qui présente de bonnes caractéristiques d’usinage, mais les pertes enregistrées lors sa transformation sont élevées et son temps de séchage est long. En outre, le bois n’est disponible qu’en petites quantités car les arbres de belles dimensions sont souvent disséminés. Il n’en demeurera pas moins une source importante de bois pour des usages locaux, notamment pour l’artisanat et la construction. Il pourrait être intéressant à cultiver en tant qu’essence à bois d’œuvre jouant un rôle commercial plus important, mais il faudrait mener des recherches sur ses caractéristiques sylvicoles, sur ses techniques de multiplication et sur ses taux de croissance. Xymalos monospora n’est pas seulement une source de bois d’œuvre, mais également de médicaments et de fruits comestibles. En tant que plante médicinale de premier plan et largement employée, Xymalos monospora mérite que davantage de recherches soient menées sur ses composés actifs. Il faudrait envisager des mesures de protection et de domestication de Xymalos monospora qui s’inscrivent dans une perspective d’exploitation durable de cet arbre polyvalent et important.

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Sources de l'illustration

  • Chikamai, B.N., Githiomi, J.K., Gachathi, F.N. & Njenga, M.G., undated. Commercial timber resources of Kenya. Kenya Forestry Research Institute (KEFRI), Nairobi, Kenya. 164 pp.
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Auteur(s)

  • W. Mojeremane, Department of Crop Science and Production, Botswana College of Agriculture, Private Bag 0027, Gaborone, Botswana

Citation correcte de cet article

Mojeremane, W., 2012. Xymalos monospora (Harv.) Baill. ex Warb. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 17 septembre 2026.


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