Zanthoxylum usambarense (PROTA)
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Introduction |
| Importance générale | |
| Répartition en Afrique | |
| Répartition mondiale | |
| Colorant / tanin | |
| Médicinal | |
| Bois d'œuvre | |
| Bois de feu | |
| Auxiliaire | |
| Fibre | |


Zanthoxylum usambarense (Engl.) Kokwaro
- Protologue: Kew Bull. 32: 798 (1978).
- Famille: Rutaceae
Synonymes
- Fagara usambarensis Engl. (1905),
- Fagara becquetii G.C.C.Gilbert (1958),
- Zanthoxylum becquetii (G.C.C.Gilbert) P.G.Waterman (1975).
Origine et répartition géographique
Zanthoxylum usambarense se rencontre en Ethiopie, au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda.
Usages
En Ethiopie, l’infusion de tige séchée se prend pour traiter les infections rénales ; on broie l’écorce de la tige fraîche et on l’utilise en cataplasme sur les articulations gonflées. Au Kenya et en Tanzanie, Zanthoxylum usambarense passe pour une plante médicinale de premier plan. Les Massaïs boivent souvent la décoction d’écorce de racine et de tige contre le paludisme, les lombalgies, les douleurs articulaires et rhumatismales et l’utilisent comme émétique et purgatif. Elle est également prescrite dans des préparations contre la toux et dans le traitement de la pneumonie. On mâche les fruits et les feuilles pour soigner les infections buccales, les vers intestinaux, la diarrhée, la dysenterie, la toux, les vomissements et les maux d’estomac. Ils aident aussi à la digestion et à la défécation. On mélange l’infusion du fruit à du lait pour soigner la fièvre, les maux de gorge, les angines et les douleurs thoraciques. La décoction chaude de graines se prend pour soigner la fièvre catarrhale maligne et l’infection des voies respiratoires.
Au Kenya, la plante sert à teindre les tissus ; l’écorce de racine donne un colorant jaune, celle de la tige un colorant beige. Le bois est utilisé pour la construction d’habitations et pour la confection de mobilier et d’arcs ; il serait dur et durable. Il a la réputation d’être un bon bois de feu car il brûle facilement. Zanthoxylum usambarense est également planté en haies vives. Les jeunes ramilles servent de bâtonnets à mâcher pour l’hygiène dentaire.
Propriétés
Une grande variété de composés, notamment des alcaloïdes, ont été isolés de l’écorce des racines et de la tige. Les principaux alcaloïdes isolés de l’écorce de la tige et des racines sont des alcaloïdes du type aporphine, la magnoflorine (0,08% et 0,33% respectivement) et la chélérythrine (0,01% et 0,02% respectivement), et un alcaloïde du type berbérine, la N-méthylcanadine (0,03% et 0,13% respectivement). Un alcaloïde secondaire a été isolé de l’écorce de la tige et des racines, il s’agit d’un alcaloïde de type canthinone, la canthin-6-one. Les alcaloïdes secondaires isolés à partir de l’écorce de tige sont un alcaloïde du type tétrahydroprotoberbérine (l’usambarine), des alcaloïdes du type benzophénanthridine (la nitidine et l’oxychélérythrine), un alcaloïde quinolinique (la N-méthylplatydesmine), des alcaloïdes du type aporphine (la tembétarine et la norchélérythrine), un alcaloïde isoquinolinique (l’usambanoline) et un alcaloïde benzylisoquinolinique (l’oblongine). Parmi les autres composés isolés de l’écorce de la tige et des racines se trouvent la sésamine et le pipéritol-3,3-diméthylallyl éther ainsi qu’un amide aliphatique, la pellitorine. A partir des racines, des coumarines telles que la toddaculine, la phelloptérine, la pimpinelline, la toddalolactone et l’O-méthylcédrélopsine ont été isolées.
La canthin-6-one possède un large spectre d’activités fongicides, trypanocides et leishmanicides, en plus de sa faible toxicité. La pellitorine a de nettes propriétés insecticides.
Des extraits à l’eau et au méthanol préparés à partir d’écorce de tige ont mis en évidence une action antiplasmodium significative, avec des indices IC50 de <6 μg/ml et de 6–15 μg/ml contre des souches de Plasmodium falciparum sensibles et résistantes à la chloroquine respectivement. Un extrait aqueux d’écorce de tige a révélé une nette activité antiplasmodium in vitro et in vivo vis-à-vis de Plasmodium knowlesi et de Plasmodium bergei. Il a également été démontré que des extraits de Zanthoxylum usambarense avaient des effets antipaludéens sur un modèle animal. Différents extraits d’écorce de la tige et des racines ont fait la preuve qu’ils possédaient une action antibactérienne marquante à l’égard de Bacillus subtilis, Micrococcus luteus et de Staphylococcus aureus. Des extraits à l’eau, à l’hexane et au méthanol des feuilles, de l’écorce des racines et de la tige ont fait apparaître une activité anti-inflammatoire notable dans le test à la cyclooxygénase (COX-1).
Description
- Arbre fortement ramifié atteignant environ 15 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 2–3 m, jusqu’à 35 cm de diamètre, pourvu de protubérances ligneuses et coniques de 2–3 cm de long terminées par des épines droites et pointues de 5–9 mm de long ; écorce rugueuse à côtes et à sillons longitudinaux de jusqu’à 5 cm de profondeur, brun grisâtre, jaune au-dessous lorsqu’elle se détache ; branches pourvues d’aiguillons droits et aigus à légèrement recourbés vers le haut, de couleur rouge foncé, de 6–12 mm de long.
- Feuilles alternes, composées imparipennées à 2–8 paires de folioles, de 10–24 cm de long ; stipules absentes ; rachis avec ou sans petits aiguillons ; folioles à pétiolule de (0–)0,5–2 mm de long, jusqu’à 5 mm de long sur la foliole terminale ; folioles (presque) opposées, elliptiques à elliptiques-oblongues, de 2,2–8 cm × 1,5–3 cm, apex acuminé ou apiculé à presque obtus, base obtuse et légèrement inégale à cunéiforme, bord légèrement denté, à points glandulaires distincts le long du bord, raides, glabres, pennatinervées à 8–16 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : panicule corymbiforme, terminale, fortement ramifiée, de 10–15 cm × 7–19 cm, glabre.
- Fleurs unisexuées, 4-mères, régulières ; pédicelle de 0–3 mm de long ; sépales ovales à elliptiques, de 1–1,5 mm de long ; pétales elliptiques à elliptiques-oblongs, de 2–4,5 mm de long, obtus à l’apex, blancs à crème ou jaune verdâtre ; fleurs mâles à 4 étamines variables en longueur, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles dépourvues de staminodes, ovaire supère, carpelles 2, en partie soudés, de 1–1,5 mm de long, styles 2, d’environ 1 mm de long, partiellement soudés.
- Fruit : en général une paire de follicules presque globuleux de 8–10 mm × 6–7,5 mm, mucronés, vert rougeâtre, ponctués de glandes, chaque follicule contenant 1 seule graine.
- Graines ovoïdes, de 5–7 mm × 4,5–5,5 mm, bleu-noir foncé et brillantes.
Autres données botaniques
Le genre Zanthoxylum est pantropical et comprend quelque 200 espèces, l’Amérique tropicale étant la plus riche dans ce domaine. Le continent africain en abrite à peu près 35, tandis qu’environ 5 sont endémiques de Madagascar.
Zanthoxylum holtzianum
Une autre espèce de Zanthoxylum est utilisée en médecine dans la région, il s’agit de Zanthoxylum holtzianum (Engl.) P.G.Waterman. On la trouve au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique. En Tanzanie, on consomme la poudre d’écorce de racine séchée en bouillie pour traiter les convulsions. On boit la décoction de racine ou on inhale les vapeurs de la décoction de feuille en cas d’abcès induré, tandis que les râpures de racine servent de pansement. On peut boire le jus des feuilles ou s’en laver le corps en cas de fièvre paludéenne. Sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, il est classé comme vulnérable.
Ecologie
Zanthoxylum usambarense se rencontre dans la savane arborée, la forêt sèche de montagne et les vestiges de forêts, sur les talus rocailleux, dans la brousse sempervirente et la savane boisée marécageuse, à 1200–2600 m d’altitude.
Multiplication et plantation
Zanthoxylum usambarense se multiplie par sauvageons ou par semis. Les graines perdant leur viabilité en très peu de temps, elles doivent être semées sans attendre.
Ressources génétiques
Zanthoxylum usambarense pousse dans une grande variété de milieux, sans pour autant être commun. Cependant, il ne semble pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
De Zanthoxylum usambarense, une multitude d’alcaloïdes a été isolée. Mais des amides aromatiques et aliphatiques ne l’ont pas été, alors qu’il serait utile d’évaluer leur présence car ils ont des vertus pharmacologiques intéressantes. Les extraits aqueux d’écorce de tige font état d’une action antipaludéenne notable qui mérite que l’on s’y attarde.
Références principales
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Autres références
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- Kokwaro, J.O., Messana, I., Galeffi, C., Patamia, M. & Marini Bettolo, G.B., 1983. Research on African medicinal plants. V. Coumarins from Zanthoxylum usambarense. Planta Medica 47(4): 251–253.
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- Nanyingi, M.O., Mbaria, J.M., Lanyasunya, A.L., Wagate, C.G., Koros, K.B., Kaburia, H.F., Munenge, R.W. & Ogara, W.O., 2008. Ethnopharmacological survey of Samburu District, Kenya. Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine 4: 14.
Auteur(s)
- E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya
Citation correcte de cet article
Matu, E.N., 2011. Zanthoxylum usambarense (Engl.) Kokwaro. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 avril 2026.
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