Hyphaene thebaica

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Hyphaene thebaica (L.) Mart.

Ordre Arecales
Famille Arecaceae
Genre Hyphaene

2n =

Origine : aire d'origine

sauvage ou cultivé

Français doum
Anglais doum


Résumé des usages
  • cœur de palmier
  • feuilles utilisées en vannerie
  • bois d'œuvre
  • fruits consommés pour leur graine immature ou pour leur pulpe sucrée
  • graine mûre : ivoire végétal
  • sève bue douce ou fermentée en vin de palme


Description

Noms populaires

français doum
anglais doum
arabe الدوم - dūm
berbère tezzomt, ousser, igezdem, tiznirt, ajeddouz, asedir ; taddakt (fruit) (Trabut, 1935)
tamâhaq tagayt (Gast)
haoussa kabba (Gast)
bambara ngèlé, ğimini (Gast)
songhaï congom (Gast)
Nigeria goriba (Mansfeld)
Ghana sokuti (Mansfeld)

Classification

Hyphaene thebaica (L.) Mart. (1838)

basionyme :

  • Corypha thebaica L. (1753)

Cultivars

Histoire

Usages

Le tronc du Doum est composé de fibres longitudinales ; on le fend en planches dont on fait des portes dans le Saïd. Les fibres sont noires, et la moëlle qui se trouve entre elles est d'une couleur jaune ; les feuilles sont employées à faire des tapis, des sacs, des paniers : la pulpe du fruit est bonne à manger. Les habitans du Saïd s'en nourrissent quelquefois. On apporte au Caire un grand nombre de ces fruits, qu'on y vend à bas prix. Ils ont la saveur du pain d'épices : on en fait par infusion un sorbet assez semblable à celui qu'on prépare avec la racine de la réglisse, ou la pulpe des gousses du caroubier. Cette boisson passe pour salutaire ; l'amande en séchant se durcit et devient susceptible de poli : on en fait des grains de chapelet.

C. Delille, 1801. Mémoire sur le Doum ou Palmier de la Thébaïde.
Bulletin des sciences par la Société philomathique de Paris. 81-82.


Le bois du Doum est plus solide que celui du Dattier. On en taille des planches dont on fait des portes dans plusieurs villages du Sa’yd. Les fibres de ce bois sont noires, et la moelle qui les unit est un peu jaune. Le bois des branches est mou, léger, et n'a point de couleur. Les feuilles sont employées à faire des tapis, des sacs et des paniers fort commodes et d’un usage très-répandu. Les fruits ont une pulpe pleine de fibres : ce qui n'empêche pas les paysans du Sa’yd d'en manger quelquefois. On en apporte beaucoup au Kaire, où on les vend à bas prix. On les regarde plutôt comme un médicament utile que comme un fruit agréable ; ils plaisent cependant aux enfans, qui en sucent la pulpe, dont la saveur est exactement celle du pain d'épice. On en fait par infusion un sorbet qui ressemble à celui que l'on prépare avec la racine de réglisse où avec la pulpe des gousses de caroubier. Cette liqueur est douce, et passe pour salutaire.

La semence ou l'amande de ces fruits est d’abord cartilagineuse et remplie d’une eau claire sans saveur : dans les fruits mûrs, elle se durcit assez pour que l’on puisse en tourner des anneaux et des grains de chapelet faciles à polir. (

Raffeneau-Delile, Alire, 1809. Description du palmier doum de la Haute-Égypte.
in Description de l'Égypte. Histoire naturelle, 1 : 54-55.


[...] je vois circuler des bouteilles mousseuses. C'est du vin de palme. Je l'ai goûté, ce n'est pas désagréable, ça rappelle le cidre un peu dur ; frais ce serait bon.

Ce liquide est la sève fermentée d'un palmier appelé doum, qui n'est autre que le coroso ; c'est, dans le règne végétal, un type dans le genre du chameau dans le règne animal. Ce palmier ne demande pour vivre que du sable aride et le souvenir de la pluie. Dans ces conditions de sobriété, il lance dans le ciel bleu de longues tiges qui bifurquent comme d'étranges candélabres et de terminent par de petits plumeaux de feuilles en lames de sabre.

On coupe la tête de jeunes pousses à l'extrémité des rameaux et, aussitôt, la sève afflue et s'écoule ; on suspend, pour la recueillir, un cornet de feuilles de palmier roulées en spirales. Cela fait une sorte de panier étanche pouvant contenir de trois quarts de litre à un demi-litre. On le vide chaque matin de ce qu'il a recueilli en vingt-quatre heures, soit environ un quart de litre, un peu moins si le sous-sol est très sec.

Que de fois j'ai eu recours à cet arbre providentiel ; on enfonce le couteau dans le tronc ; on tète ensuite, à même la blessure, cette sève saumâtre et fade quand elle n'est pas fermentée ; elle désaltère, faute de mieux.

Le fruit est une grosse pomme brune, la chair n'a qu'un demi-centimètre d'épaisseur, filandreuse et douceâtre ; on peut, à la rigueur la sucer. Mais c'est le noyau, gros comme un œuf et dur comme de l'ivoire qui a le plus de valeur ; il sert à faire des boutons, dit de coroso [...].

La feuille appelée « tafi », donne toutes les nattes, tapis, sacs d'emballage employés depuis Port Soudan jusqu'à Zanzibar. Les Danakil et les Somalis en tissent des objets d'ornement tels que les tapis de prière, corbeilles, etc. Enfin le tronc, quand on lui a tout pris, fruits, feuilles et sève, sert à faire des poutres ou des chevrons.

C'est pour un arbre une belle carrière de servitude !

Monfreid, Henry de, 1933. Les Secrets de la Mer Rouge. Lors d'une escale à Assab en Érythrée.


Already the ancient Egyptians esteemed the fruits of this palm. Populations in the southern Sahara are considered to be relics of a primitive culture of this species. Mainly utilized in the wild state, but also cultivated (Egypt, Libya, Ethiopia) or semi-cultivated. In India and Sri Lanka planted in gardens.

The mealy, fibrous mesocarp, the taste of which resembles that of gingerbread, serves as food and is eaten as sweetmeat or is ground into meal.

The ground unripe kernels are used as a substitute for millet.

The endosperm of the mature kernels formerly used as vegetable ivory for the production of buttons and pearls.

The young unfolded leaves are manufactured in ropes, mats, hats, baskets etc., they also serve as forage for camels.

The terminal bud of the palm and the seedlings are eaten as vegetables.

The sap, tapped from the apex of the palm, is made into palm wine.

Wild distribution: W Africa (Mauretania, Senegal, Gambia) through S Sahara to Egypt, Sudan, Ethiopia, Djibouti, Somalia, and the Arabian Peninsula.

Mansfeld.


Références

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  • Delile. Description du palmier doum de la Haute-Egypte ou Cucifera thebaica. (à la suite de Florae aegyptiacae illustratio).
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  • Gast, Marceau, 1996. « Doum », Encyclopédie berbère, 17. Openedition
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Liens