Murraya paniculata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale
Répartition en Afrique
Répartition mondiale
Fruit
Huile essentielle / exsudat
Médicinal
Bois d'œuvre
Ornemental
Sécurité alimentaire


Murraya paniculata (L.) Jack


Fichier:Map Murraya paniculata.gif
répartition en Afrique (planté)
Protologue: Malayan Misc. 1: 31 (1820).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Synonymes

  • Murraya exotica L. (1771),
  • Murraya paniculata (L.) Jack var. exotica (L.) C.C.Huang (1959).

Noms vernaculaires

  • Buis de Chine, bois jasmin, oranger jasmin, bois de satin (Fr).
  • Jasmine-orange, satinwood, Chinese box, cosmetic-bark tree (En).
  • Jasmim laranja (Po).

Origine et répartition géographique

Murraya paniculata, indigène d’Asie continentale tropicale, est actuellement cultivé dans la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, en Australie et dans les pays tropicaux du Nouveau Monde. En Afrique tropicale, il est cultivé au Bénin, au Nigeria, au Kenya, en Tanzanie, au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud, ainsi que dans la plupart des îles de l’océan Indien.

Usages

Au Nigeria, la décoction de feuille et d’écorce est prescrite contre le paludisme, le diabète, la dysenterie et les fractures osseuses. A Maurice, l’infusion de feuille soigne le diabète. On applique les feuilles macérées dans l’alcool sur les douleurs musculaires.

En Asie, les feuilles, les fruits et l’écorce sont utilisés en médecine contre la fièvre, les maladies vénériennes, les vers intestinaux et la dysenterie ; on a également noté que les feuilles entrent dans la composition d’une infusion contre les menstruations irrégulières et la leucorrhée, et qui facilite l’accouchement.

On utilise les fleurs odorantes pour confectionner des infusions parfumées ou en cosmétologie. Le bois sert à fabriquer des manches d’outils, des cannes et du mobilier. Les fruits mûrs sont consommés crus et ont un goût sucré.

Il est souvent planté dans les îles de l’océan Indien comme arbuste ornemental, ou en haie. En Asie, il est également planté en haie vive.

Propriétés

Plusieurs analyses de l’huile essentielle de la feuille et de la fleur de Murraya paniculata issue de différentes provenances ont produit des composés différents. Les fleurs de provenance indienne donnent une huile essentielle composée essentiellement de δ-élémène (1,4%), de caryophyllène (3,6%), de germacrène-D (2,7%), de nérolidol (25,7%), de benzyl benzoate (8,1%), de phényléthyl benzoate (8,0%) et de manool (18,7%). Quant aux huiles essentielles provenant des feuilles et des fruits de plantes cultivées au Nigeria, elles donnent principalement des sesquiterpénoïdes. Les principaux composants de l’huile de feuille sont le β-cyclocitral (22,9%), le méthyl salicylate (22,4%), le transnérolidol (11,7%), l’α-cubébène (7,9%), le cubénol (6,8%), le β-cubébène (5,8%) et l’isogermacrène (5,7%). Celui qui est présent en abondance dans l’huile essentielle du fruit est le β-caryophyllène (43,4%), les principaux autres étant le zingibérène (18,9%), le germacrène D (8,3%), l’α-copaène (5,5%) et l’α-humulène (5,1%). Les compositions des deux huiles varient en qualité et en quantité. L’huile de feuille des plantes provenant du Bangladesh contient 58 composés dont les principaux sont l’oxyde de caryophyllène (16,6%), le β-caryophyllène (11,8%), le spathulénol (10.2%), le β-élémène (8,9%), le germacrène D (6,9%) et le 4-méthylène-6-(1-propénylidène)cyclooctène (6,4%).

Plusieurs coumarines, dont la minumicroline et l’hydrate de méranzine, ont été isolées des feuilles. L’écorce de racine contient elle aussi plusieurs coumarines. De la dioxine, des polychlorbiphényls similaires à la dioxine ainsi que des flavonoïdes oxygénés ont été trouvés dans les feuilles. Des isoflavonoïdes et un polysaccharide gommeux hydrosoluble ont été isolés des fruits. A partir de l’écorce de racine, plusieurs alcaloïdes ont été isolés, dont la murrayacarine (un alcaloïde indole), la murrapanine (un alcaloïde indole-naphtoquinone) et le yuehchukène (un alcaloïde bis-indole). A partir des fleurs, la murrayaculatine (un alcaloïde indole) a été isolée, de même que des flavonoïdes.

On a observé qu’un extrait de feuille avait une profonde action antinociceptive dose-dépendante sur le rat. L’extrait a montré une forte toxicité dans l’essai à l’Artemia (DL50=32 μg/ml). Des extraits de feuille ont également mis en évidence une forte toxicité sur le ravageur des greniers qu’est la bruche Callosobruchus maculatus. On a signalé qu’un extrait à l’éthanol des feuilles avait une activité analgésique et cytotoxique. Un extrait au chloroforme des feuilles a révélé une action anti-amibienne et antibactérienne modérée in vitro. L’hydrate de méranzine s’est avéré avoir une faible activité contre Staphylococcus aureus et Escherichia coli in vitro. Quant à la minumicroline, il a été démontré qu’elle possédait une faible action inhibitrice de la butyrylcholinestérase in vitro. Le yuehchukène a montré une activité anti-implantation sur le rat.

Murraya paniculata donne un bois feuillu lourd dont la densité atteint 1020–1120 kg/m³ à 15% d’humidité. Le bois de cœur est grisâtre-brun ou jaune foncé avec des nuances olive foncé ou noires, se distinguant nettement de l’aubier jaune pâle ou chamois qui atteint 4 cm de large ; le fil est droit, mais frisé ou ondulé à la base du tronc ; le grain est très fin et régulier ; le bois est lustré. Le bois sèche lentement et la grume a tendance à gercer et à se fendre ; en Inde, c’est un bois connu pour être très réfractaire au séchage. Le bois est dur à très dur et très solide. Il est relativement facile à travailler et se coupe sans accroc, bien qu’il soit difficile à travailler à la main. C’est un bois durable à très durable. Le bois de cœur résiste aux termites du bois sec. L’aubier n’est pas sensible aux Lyctus.

Description

  • Arbuste ou arbre de petite taille atteignant 3,5(–7) m de haut, sempervirent, écorce gris pâle.
  • Feuilles disposées en spirale, imparipennées à 3–7 folioles, glabres ; stipules absentes ; folioles alternes, ovales à elliptiques, de 1,5–5(–9) cm × 1,5–2,5(–6) cm, à points glandulaires, base arrondie, apex acuminé à arrondi, bord ondulé.
  • Inflorescence : cyme terminale ou axillaire ramifiée, à fleurs peu nombreuses.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, aromatiques, blanches ; pédicelle court ; sépales ovales à lancéolés, de 2–3 mm de long, à pubescence faible, persistants chez le fruit ; pétales oblongs à lancéolés, de 1–1,5(–2) cm de long, glanduleux, à pubescence clairsemée et courte ; étamines 10, ovaire supère, stigmate lobé.
  • Fruit : baie étroitement ellipsoïde, de 7–13(–20) mm × 6–8(–15) mm, orange foncé à rouge, avec un bec, contenant 1 ou 2 graines.
  • Graines à poils courts.

Autres données botaniques

Le genre Murraya comprend une quinzaine d’espèces dont l’aire de répartition s’étend depuis l’Asie continentale en passant par la Malaisie jusqu’au nord-est de l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. Plusieurs espèces sont cultivées dans toutes les régions tropicales.

Ecologie

Dans son milieu naturel, Murraya paniculata se rencontre dans la forêt claire, du niveau de la mer jusqu’à 1300 m d’altitude. Sa tolérance des sols couvre un éventail très étendu qui va des sols alcalins, argileux, sableux et acides jusqu’aux sols limoneux. Il fleurit toute l’année et est un allogame strict. Sa tolérance de l’ombre est considérable.

Gestion

Murraya paniculata se multiplie surtout par graine, mais aussi par bouture de bois tendre. Les graines germent facilement si on les sème immédiatement après la récolte, car leur viabilité chute considérablement au bout de 3 semaines de conservation. Elles peuvent être semées à l’ombre, sans traitement préalable. Le taux de germination passe de 40–45% en 4–7 jours à environ 75% en 13–20 jours. Le poids moyen de 1000 graines est de 83,33 g.

Murraya paniculata est sensible aux nématodes, aux cochenilles et aux aleurodes. C’est également un hôte du psylle asiatique des agrumes, Diaphorina citri, qui est l’un des vecteurs de la maladie du “greening” des agrumes.

Ressources génétiques

Murraya paniculata étant largement et facilement cultivé à partir de graines, il semble peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

L’huile essentielle de Murraya paniculata présente des propriétés pharmacologiques intéressantes sur lesquelles la recherche doit se pencher davantage.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Matu, E.N., 2011. Murraya paniculata (L.) Jack. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 septembre 2026.


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